XIV NOTICE
poussière du greffe ; au lieu d'étudier au palais le métier de procureur, il monte à quinze ans sur les tréteaux des Enfants sans souci et ne songe qu'à prendre part à toutes leurs gaietés. Les procès n'étaient pas son affaire ; il préférait rimer et chercher honneur et gloire à la guerre, avec tous les divertissements qu'elle procurait en ce temps-là. 11 quitta donc la carrière du Palais pour la carrière des armes. De basochien il devint page, premier degré de la domesticité militaire et chevaleresque. Si l'on veut savoir ce que faisait le page au commencement du xvi^ siècle, on peut lire la troisième partie des Contreditz de Songecretix; on verra que la pagerie, à Paris, n'était ni plus ni moins, à cette époque, qu'une école de libertinage. Le maître que Clément servait était Nicolas de Neufville^, troisième du nom, marié à Denise, ou, suivant d'autres, à Jeanne, fille de Jean Morelet du Museau. Ce seigneur était excessivement riche; par sa mère il était seigneur de Villeroy. C'est lui qui était possesseur d'une maison accompagnée d'une cour et d'un jardin appelés les TuilUries, située le long de la Seine, sur le chemin qui conduisait de la porte Saint-Honoré au bois de Boulogne; il l'échangea, en 1518, à François 1^^ contre l'hôtel de Chanteloup, près de Châtres-sous-Montlhéri. Catherine de Médicis fit ensuite raser tout ce qu'il y avait de bâtiments dans ces Tuilleries, pour planter son grand jardin et fonder son palais.
Au service de ce maître, Marot dut s'exercer à tirer de l'arc et faire son apprentissage militaire pour devenir quelque peu soldat au camp d'Attignyet sur le champ de bataille, à Pavie. Toutefois le père s'occupait de l'avenir littéraire de son fils : en 1515, au moment où le duc de Valois devenait François I^^, Jehan Marot avait profité des bonnes dispositions du nouveau roi pour présenter et mettre en évidence le jeune poète.
I. Neuf ville. — L'auteur de nette famille, Nicolas de Neuf ville, était vendeur de poissons aux Halles; il tirait son nom d'une propriété dite le fief de Neuf ville, située à Soisy-sous-Montmoreucy, qu'il eut soin de faire ériger en seigneurie avant sa mort (B. N. cabinet des titres : dossier Nenfrilh').