NOTICE XIII
Afl&n que plus ne soie en son carcan, Mince de biens et povre de santé. »
{Ballade de maistre Jehan Marot à Monseigneur d'Angolesmc, 1514).
Cet appel fut entendu du futur roi de France, et le poète, attaché à sa personne en qualité de valet de chambre de sa maison, trouva dans cette position, qui lui fut conservée jusqu'à sa mort, le soutien et la sécurité de sa vie.
Ce qui lui permit de penser à d'autres destinées pour son fils. Jusqu'alors le jeune Clément avait mené une \'ie un peu libre et désordonnée. On avait d'abord vouhi faire de lui un clerc de la Basoche^; mais la chicane, à laquelle on le destine, l'ennuie; il secoue la
I. Basoche. — Dans le langage courant, on appelle basochien un homme qui vit au Palais de Justice. Le mot avait autrefois un sens bien plus précis : il désignait une ("es institutions les plus originales de l'ancien régime. Le royaume de Basoche était la corporation des clercs régi'lièrement organisés.
La Basoche avait son roi, son chancelier, ses cours de justice, ses officiers, parfois, semble-t-il, assez légers d'argent, car il fut besoin de leur enjoindre de siéger er habit décent. Tous les ans, les clercs, divisés en compagnies de cent hommes, avec tambours et hautbois, faisaient, dans les rues de Paris, une manifestation solennelle, en forme de carrousel, qui s'appelait la Montre. Le roi de France se mettait à son balcon pour recevoir le salut du roi de la Basoche.
Le Parlement reconnaissait les arrêts rendus par les tribunaux basochiens. C'étaient, pour les fautes professionnelles des clercs, des condamnations à des amendes qui s'exécutaient par la saisie du manteau et du chapeau. Mais l'autorité de ces cours allait plus loin. Elles jugeaient même les crimes que les basochiens pouvaient commettre. Elles connaissaient aussi des difficultés entre les clercs et leurs fournisseurs. Toutes ces décisions étaient rendues au nom de la « Basoche régnante en titre de triomphe et d'honneur »
C'était donc une institution sérieuse que la Basoche, malgré ses côtés plaisants. Nos anciennes coutumes présentent souvent ce mélange de gravité et de bouffonnerie.
Aussi faut-il écarter les éty'raologies irrévérencieuses que l'on a cherché à donner au nom de la Basoche. Les uns le font venir du i^ec Ba'C'jjy.îv, plaisanter : je doute très fort que ce terme ait jamais existé dans la langue grecque. D'autres prétendent y trouver une composition de deux mots : basse oque, la petite oie. La vérité est que basoche dérive de basilica, palais. (La Basoche notariale par Lucien Genty, Delaraotte fils et C*«, éditeurs, 1888.)