‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 11 sur 258 · NOTICE XV · texte numérisé non relu

NOTICE XV

Les hommages des courtisans se pressaient nombreux autour de l'astre qui s'élevait à l'horizon; dirigé par son père, le jeune page suivit la foule et vint déposer aux pieds du trône, avec le Temple de Ciipido et VEpistre au roy, la traduction du Jugement de Minos de Lucien, traduction dont les allusions guerrières étaient bien faites pour plaire à un monarque belliqueux.

Tels furent, après la première églogue de Virgile (voir plus loin, p. 121, t. II) et quelques petites pièces amoureuses, les débuts poétiques de Clément Marot : ils étaient marqués du faux goût du temps; néanmoins ils témoignaient déjà d'une sorte d'aisance unie à beaucoup d'élégance et de gentillesse.

La cour, désormais, était ouverte à notre poète; il y avait ses entrées libres ; il pouvait voir et étudier à son aise ce qui s'y passait ; mais cela ne suffisait point à son ambition : il y voulait une demeure fixe. Puis il était sorti de page ; il fallait pourvoir à l'existence. Il implora le secours de Marguerite de Valois, sœur du roi François I^^, et lui adressa VEpistre dtc Despoiirveu (1518) (voir plus loin, p. 120, t. I). Ces vers, recommandés par le roi lui-même, ne pouvaient manquer d'être bien accueillis par une princesse qui, toute sa vie, se fit une gloire de bien recevoir les gens de lettres qui, de leur côté, l'appelaient « leur Mécène ». Voir Brantôme : Dames illustres (Marguerite, reine de Navarre). Aussi, quand Marot lui fut présenté par Pothon, un des gentilshommes honorables de la cour, elle l'admit sans peine et, sans doute, dès les premiers mois de l'année 1518, notre poète fut attaché, en qualité de secrétaire, à la personne de la duchesse d'Alençon et de Berri^ alors qu'il pouvait avoir vingt-trois ans. Dans cette nouvelle existence, il se lia avec tout ce qui formait l'entourage de Marguerite et venait à sa cour; alors il fit connaissance avec l'abbé de Saint-Evroul,

I. Berri. — Marguerite d'Angoulême, mariée au duc d'Angouléme en 1509, venait de recevoir de son frère, à titre d'apanago, le duché de Berri par lettres patentes datées d'Argentan, 11 octobre 15 17.

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