XVI NOTICE
aumônier de la princesse dès 15 17, et le secrétaire de celui-ci, François Sagon, personnages qu'il retrouvera plus tard, mais non plus comme amis. Les jours semblent s'être d'abord écoulés sans grande préoccupation pour lui; il vit tranquillement, fait de petits vers sur les incidents grands ou petits, des complaintes de commande, des rondeaux quêteurs, et distribue dans son voisinage, à tout venant, des compliments de réciprocité ou des éloges productifs, louant celui-ci, raillant celui-là, sans s'inquiéter du reste. Que lui importe si un bon mot peut lui gagner un ami ou lui susciter un ennemi ? Il est protégé par sa Marguerite ; il se croit à l'abri de tout péril.
En 1521, il accompagne le duc d'Alençon au camp d'Attigny (près de Rethel) et de là écrit d'abord en vers, puis en prose, à la princesse pour lui donner des nouvelles du duc et de son armée (voir plus loin, p. 126, 1. 1.)
On voit, dans ses pièces galantes, qu'il devint, vers l'année 1523, amoureux d'une Diane, que quelques biographes ont prise à tort pour Diane de Poitiers. En 1524, il en reçut quelques témoignages de s^onpathie, et si l'on interprète un peu complaisamment l'élégie II, Diane aurait fait les avances :
Un an y a que par toy commencée, Fut l'amytié
Il avait près de trente ans.
En 1524-1525, il suivit François I^r en Italie, dans un équipage où notre imagination hésite tout d'abord à reconnaître Maître Clément, la lance à la main et armé de pied en cap. A la bataille de Pavie, il se battit vaillamment, puisqu'il fut blessé en place honorable, au bras, « tout oultre rudement » et fut fait prisonnier avec le roi. « Les Impériaux, à si riche butin, ne faisaient cas, nous dit un des témoins de la bataille, des gentilshommes ny des soldats prisonniers, et les congédièrent. » C'est à ce dédain sans doute que Marot dut de revenir bientôt en France, vers la fin de février 1525.