‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 117 sur 258 · EPISTRE DU BIAU FYS DE PAZY PAR AUTRE QUE MAROT · texte numérisé non relu

EPISTRE DU BIAU FYS DE PAZY PAR AUTRE QUE MAROT

Madame, je vous raime tan, Mais ne le dite pa pourtan; Les musaille ou derozeille.

Celui qui fit les gran merveille Nous doin bien to couché ensemble, Car je vous rayme, ce me semble.

Si fort que ne vou lore dize.

Et vous l'ay bien voulu escrize Afin de paslé de plus loing. Pensé que j'avoy bien beroing De deveni si araouzeu !

O que je sesoy bien heuzcu.

Ha ! Madame la renchesie, Se n'est que vostre fachcsie, Non pa pou vou le reprochez.

May si to que je veu touchez Vostre joly tetin molet, Vou m'appelle peti folet.

En me diran : « Laissé cela :

Vou n'avé rien caché yla;

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Dieu, vous devené mou privé !

Où pensé vou estre arrivé? »

Et me faite laide grimasse; Et tout ainsi qu'une limasse Qui ses deu cornuchons retise, Je me recully san mo dise, î?ou quinau et tout mainxiteu.

Quan la dame a le cueur piteu, C'est une si joyeure chore !

Et, dit le Norman de la Korc, Si une fille est orgueilleure, C'est une chore pezilleure Pour un biau jeune fi et sage :

Car il n'y a si biau virage Qui ne s'en voize egratigné.

May encor, qu'arié vou gaigné Si j'en mousoy, ou envizon?

Ha ! cœur plu dur qu'un potizon, Tant tu me donne de travau !

Si tu sçaviez sen que je vau, Tu feriez de moi plus gran feste.

J'ay eu le pry de l'arbalestre :

Je chante comme un pazoquet; Je ne voua jamais san bouquet; J'ay plus de bonnets que de teste; J'ay mon biau pourpoint des gran feste, Des jour ouvrié et des dimanche; Tou les moy deu chemire blanche, Pour estre ny salle ny ort; J'ay esté jusques à Nyort Déjà deu fois pour voys le monde.

Il est vrai que voureste blonde Et aussi blanche comme laict; Et aussi je ne suy pas laid.

Car chacun me dit en maint lieu « Adieu, haut le biau fy, adieu !

Adieu hau ! respon, si tu vcu, Le bieau fy au jaune cheveu ! »

Je croi que Iresbien il entende, Car i'ai le-j cheveu qui me pîndo

Dessus la chemire froncée; La petite jambe troussée Pour dansez haye de Bretaigne Et les passepié d'Allemaigne.

Il est vray qu'à la basse dance Je n'y vien pa à la cadance; May le branle et pu y la recouppe Des deu pié je les vou recouppe Menu comme chair à pasté.

Le fy de Guillaume Gasté Au pri de moi n'est qu'un canar.

J'en veu bien croize Jan Benar Ou Chanin, à qui Dieu pardoin.

A propo, vou souvien ty poin Du jour de la Sin Nicoula, Que j'étien tou deux si tresla D'avoir dancé? Vous commensite, Aussi trèsbien vou rachevite.

C'est au jardin : mon pesé entry, D'avantuze me rencontry Auprès de vous, et sy avoy Touriour l'yeu dessu vostrc vov.

Laquelle me sembly depui Aussi claize que Tiau de puy.

May se Piar non regardet, Qui de gran jalourie ardet; Et quan il m'en bien espié, Vou me marchistc sur le pic Si fort, en me serran la main, Que j'en clochy le lendemain.

RESrOXCE DE LA DAME AU JEUNE FILS DE PARIS

Pour vous respondrc, mon amy, J'ay veu vostre lettre à demy.

Car mon mazy lor arrivit,

Qui en la lirant me trouvit, Et Dieu scet si je fu fâchée.

J'eusse voulu estre ecorchée, Parmanda voize toute morte.

May ce que plu me reconforte, C'est que mon mazy n'en vy rien, Et aussi que je sçay tro bien Qui n'en eu pas esté conten.

Notre aprenti vin ecoutan Pour ouy ce qui me diset.

May mon pauvre cueur souspiset De gran douleur et de tristesse.

Si je n'eusse esté la maistresse, Mon amy, j'estetz affolée.

Votre lettre m'a consolée Quan j'ai connu que m'aymez tan; . Je ne le veux croize pourtan Car les homme son tou trompeu, Et les femmes on touriour peu D'estre par leu dits aburée, J'enten qui ne son pas rurée.

Et de moy, la mercy à Dieu, Je puy bien allez en tou lieu Et fréquentez parmy le monde.

Vou me dites que je suis blonde, May je cray qui vous plait à dise; Aussi je ne m'en foua que rise; Si sui je comm' une autre belle.

Vous m'escrivé que suis rebelle :

Et quan vou me voulé touchez, Que je ne vous laisse aprochez :

Il est bien vrai que je m'en fâche.

Car une belle dame cache Tou les jour et le plus souven vSon biau tetin et son devan.

Par votre lettre vous vanté Que comme un oyreau vou chanté :

Je vous respon qu'en sui bien ayre Car quan je sezets à mallaire Vostre chan me resjouyset.

Un jour mon raazy me diset Qui voudroit sçavoir la musicle, Pour la chanté en la bouticle.

Vou me mandé par vostre lettre Qu'avez le pri de l'abalestre, Et qu'este for propre et mignon, Touriour vestu comme un oignon, Don en cela vou m'avé fait Un singulier plaisir parfait; Car c'est l'honneur d'un biau jeune homme D'avoir habillemen gran somme.

Et aussi que c'est la raison Qu'un biau fy de bonne maison Set touriour fort bien accoustrc.

De ma par, je vouray montré.

Si vouravé bonne memoise.

Notre jeu de bille d'ivoise Et ma zobbe d'un fin dra noir.

Vous varriez, si voulé veoir, Tou mes manchesons de velour, Mes solié qui ne son pas lour Pour enjamber nostre ruissiau, Et ma cotte de dra de Siau Bien feinte, que me la donna Le sise Jean, quan ordonna Et voulut par son testamen Que je l'eusse soudainemen.

Ha ! si j'estien tou deu ensemble, Je vous contesoy, se me semble, Cen mille bon peti prepo.

Toute nui je per le repo, Tan et si fort en vou je pense; Je ne set quelle recompense Vous m'en fesez; si suis je seuse Que n'atten maintenant que l'heuse Que vous reveniez de Lyon.

Vous me donrcz un million De biau cordon de saye line.

Pour en donner en ma voisine.

Laquelle à vou se recommande.

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Autre chore ne vou demande Qu'autant en un mot comme en cent Qu'a vour aymé mon cœur consent, Vou supplian, mon douramy, N'estre à me respondre endomiy, Si ne vené bien to icy, Car je sesetz en gran souci, Si je n'avetz de vo nouvelle.

Je prie à Dieu qui seynt telle Que pour vrai je les vou desise, Et à tant fesay fin d'escrise.

C'est de Pazy ce jour et an Que je m'en «rily droit à Lan

EPISTRE A SAGON ET A LA HUETERIE

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