‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 166 sur 258 · A UN POETE FR.\NÇOVS · texte numérisé non relu

A UN POETE FR.\NÇOVS

Miculx resonnant qu'à bien louer facile Est ton renom volant du domicile Palladial vers la terrestre gcnt.

Puis vers les cieulx, dont as le tiltre gent D'Aigle moderne, à siiyvre difficile.

Je dy moderne, antique en façons mille, Ce qui près toy me rend bas et humile, D'autant que plomb est plus sourd que l'argent Mieulx resonnant.

Ainsi ma plume, en qui bourbe distille, Veult esclarcir l'onde claire et utile, Dont le gravier est assez refulgent Pour troubler l'œil de l'esprit indigent, Oui en tel cas a besoing d'autre stile Mieulx resonnant.

AU SEIGNEUR THEOCRENUS, LISAIS ï A SES DISCIPLES

Plus proufitable est de t'cscouter lire Que d'Apollo ouyr toucher la lyre.

Où ne se prend plaisir que pour l'oreille; Mais en ta langue ornée et nompareille Chascun y pcult plaisir et fruict eslire.

Ainsi, d'autant qu'un Dieu doibt faire et dire Mieulx qu'un mortel, chose où n'ayt que redire. D'autant il fault estimer ta merveille Plus proufitable.

Bref, si dormir plus que veiller peult nuyre, Tu dois en loz par sus Mercure bruyre. Car il endort l'œil de celuy qui veille. Et ton parler les endormis esveille.

Pour quelque jour à repos les conduyre Plus proufitable.

A r:STIENNE DU TEMPLE

Tant est subtil et de grande efficace

Le tien esprit, qu'il n'est homrne qui face

Chose qui plus honneur et loz conserve;

Et ce qu'as faict, roy, seigneur, serf ne serve

Ne le feit onc : je metz raison en face.

Oui veult descendre en la vallée basse. Monté doit estre avant en haulte place; ^lais ton esprit tout le contraire observe, Tant est subtil.

Descendu es des Temples quant à race, Et puis monté au temple quant à grâce, Je dy au temple excellent de iMinerve; Bref, ton descendre est d'antique reserve. Et ton monter le ciel cr^'stallin passe, Tant est subtil.

xviir

ESTIENNE CL.\\Ii:ii A CLEMENT MAROT

Pour bien louer une chose tant digne Comme ton sens, il faiilt sçavoir condigne; Mais moi. povret d'esprit et de sçavoir, Ne puis attaindre à si haut concevoir, Dont de despit souvent me pais et disne.

Car je congnois que le fous et racine De tes escripiz ont prins leur origine Si trèsprofondz, que je fCy puis rien voir Pour bien louer.

Donc, orateuys, chascun de vous consigne Termes dorez puysez en la piscine Palladiane, et faites le devoir Du fils Marot en telle estime avoir QuHl rCa second en poésie insigne Pour bien louer.

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