NOTICE VII
taine intimité d'esprit et de seatiment. Plus tard, elle dut lui faire la confidence des mécontentements qu'elle recevait d'Henri, roi de Navarre, son époux, « qui la traicta si mal, dit Brantôme, et eust encore fait pis sans le roy François son frère, qui parla bien à lui, le rudoya fort et le menaça pour honorer si peu sa sœur, veu le rang qu'elle tenoit. » Marot se crut-il autorisé à lui parler avec passion? Marguerite (qu'il appellera familièrement sa sœur) le reçut-elle avec bonté et lui accorda-t-elle un baiser... les arres du bien tant espéré? Nous sommes porté à nous défier de ces inductions de fantaisie, et si à ce sujet rien n'est plus à révéler ni à éclaircir, on ne peut affirmer que la duchesse d'Alençon, avant ou après son mariage avec le roi de Navarre, ait été la maîtresse de Marot. Tout en faisant la part large aux mœurs connues de cette reine si libre d'allure, il convient de reléguer dans le domaine du roman ces aventures galantes et piquantes, mais dénuées de sanction historique (i).
même que la première dame ? Ou n'y eut-il pas à la Cour d'autre Diane que la fille de Saint-Vallier? (Charles d'Héricault, Ihid.)
I . « Ce fut alors que Dieu m'a fait cognoistre une doulceur, assise en belle face, qui efface la beaulté des plus belles, par un chaste regard où n'habite nul vice, par un rond parler, sans fard, sans artifice, par un vif esprit, un sçavoir qui estonne, et surtout une grâce toute bonne, soit qu'elle parle, soit qu'elle se taise. »
Clément... compensait, par l'éclat déjà brillant de sa renommée, la médiocrité de sa naissance. Il put dès lors avoir l'espoir d'attirer les regards de cette princesse qui représentait si coquettement les instincts artistiques de la race des Valois. Elle subissait autant que son frère, c'est-à-dire plus que nul prince ne le fit jamais, l'influence de cette puissance mystérieuse et païemie, la magie de cet attrait ravissant que la Renaissance attribua à la poésie, comme aux poètes, aux poètes sacrés, dont les conceptions divines leur valent comme à des rois la couronne et qui sont élevés au-dessus des mortels par le don de Dieu, comme les rois par la volonté providentielle... En cette bonne princesse, la familiarité caressante suivit de près l'amitié. Dans ce cœur tendre la vivacité de l'esprit engendrait aisément la coquetterie. Elle pouvait désirer être \ivemcnt aim,6c, et ôtre heureuse qu'on lui exprimât en beau et fin langage une admiration tendre. Elle devait, en présence d'une explosion de tendresse ravie, montrer d'autant moins de sévérité, qu'elle était en somme assez laide avec ces petits yeux et ce nez immense que portait si noblement