‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 21 sur 258 · NOTICE XXV · texte numérisé non relu

NOTICE XXV

comme un des chefs du parti ; on avait fait une visite domiciliaire chez lui; on avait trouvé des papiers « fleurant plus mal que Baume »; on vouloit l'arrêter de nouveau. Sa première pensée est tout d'abord d'aller trouver le roi et de lui présenter sa justification; mais des conseillers avisés n'ont pas grand'peine à le convaincre que cette démarche est peut-être intempestive {Epistre au seigneur du Pavillon, voir p. 211, t. I). Il tourne alors le dos à la capitale et prend la route de Bordeaux. A Bordeaux, nouvelle alerte : il n'échappe aux limiers lancés contre lui qu'en se faisant passer pour un courrier d'Etat chargé de dépêches importantes :

« Je dy que je u'estois Clément, Ny Marot, mais un bon Guillaume, Qui, pour le prouffit du royaume, Portois en grand diligence Pacquet et lettre de créance.

(3« epistre du Coq à l'asne, vers 140 et suiv.)

De Bordeaux, il dirige ses pas vers le Béarn. Le Béarn, avec la reine Marguerite, si douce aux malheureux, semblait lui offrir une retraite assurée, mais il était trop près de la France, c'était même presque la France, en raison des liens de famille qui unissaient les deux monarques. Obligé de reprendre sa course vagabonde, Marot tourna les regards vers l'Italie; mais la distance était grande et force lui fut de remonter jusqu'aux abords de Lyon. De là il dut franchir les Aipes, soit par Chambéry, soit par le mont Genèvre : il avait déjà fait ce chemin à la suite du roi pour aller combattre à Pavie; et une fois de l'autre côté des « grandz froides montaignes », il était sauvé. Arrive aux frontières du Ferrarois, au printemps de 1535, il s'empressa d'adresser (peut-être en mai), comme hommage de bienvenue, une épître à Renée, duchesse de Ferrare. Cette princesse, sœur de Claude, première femme de François P^, avait épousé, le 13 juillet 1527, Hercule d'Esté, duc de Ferrare. Lorsqu'elle quitta la France, elle avait à peine dix-sept ans; aussi elle ne

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