‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 23 sur 258 · NOTICE XXVII · texte numérisé non relu

NOTICE XXVII

de chercher à l'imiter. C'est aussi en Italie qu'il écrivit trois de^es épîtres du Coq à l'asne : à Ferrare, la 2° (fin de 1735) ; à Venise la 30 (fin de juillet 1536) et la 40 (fin de 1536.) Le malheur excitait sans doute la muse de notre poète : il voulait aussi attirer l'attention sur lui et cherchait à regagner les bonnes grâces de François I^r. Il lui adressa une épître en mai ou juin 1535, pour exposer les raisons de sa fuite et se défendre d'être luthérien ; mais cette missive resta sans réponse et ne fit qu'augmenter la colère de ses ennemis : il y traitait la Sorbonne d'ignorante ! Cependant il y avait révolution à la petite cour de Ferrare. La troupe des pédants gênait le duc, le concert des malédictions sur le Dieu de pastc n'était pas fait pour réjouir le pape, allié d'Hercule d'Esté. Charles-Quint ne pouvait non plus encourager son protégé à garder dans son palais cette officine de pamphlets, où l'insolence et le cynisme allemands se traduisaient en toutes langues sous l'âpre génie de Calvin. La réforme était, en ce moment, moins dangereuse pour François I^^ que pour l'empereur. Celui-ci encouragea donc Hercule à dissoudre d'abord le cercle des théologiennes, en renvoyant en France M'^^^ de Soubise et M"^^ de Pons. Rabelais, pour lors en Italie, constate qu'on remplaça toutes les dames françaises par des dames italiennes. Il paraît indiquer que cette mesure sentait le boucon (le poison) et qu'on devait s'attendre à ouïr bientôt parler de la mort de Renée. C'est aussi ce qu'insinue Marot dans son cantique à Marguerite de Navarre 1. Notre poète profita du départ de Michelle de Saubonne^ pour lui remettre une épître qu'il adressait au Dauphin'.

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