NOTICE XXIX
rai du roi pour le Lyonnais (voir plus loin, p. 242, t. I). L'accueil qu'il reçut dans cette ville lui fit bientôt oublier les douleurs de l'exil; il retrouvait là ses amis, Maurice Scève et ses sœurs, Jeanne Gaillarde, etc., qui lui firent une réception enthousiaste; on se disputait le plaisir de le recevoir. Il fit alors connaissance avec Etienne Dolet qui, depuis, devint son éditeur. Mais il n'échappa point à la condition exigée pour revoir la France : quoi qu'ait dit Haag, dans son Histoire du protestantisme, Marot dut abjurer canoniquement et publiquement et subir toutes les humiliations qui accompagnaient la cérémonie (voir plus loin, p. 244, v?rs44.)
Après avoir adressé à Lyon un adieu chaleureux (voir plus loin, p. 244, t. I), il prit la route de Paris et se rendit à la cour, qu'il salua dans une pièce : Le Dieu gard, d'une inspiration noble et touchante, d'une grandeur de ton, d'une sincérité d'émotion et d'une politesse de forme tout à fait remarquable. Il arriva assez à temps (au plus tard dans les premiers jours de janvier 1537) pour assister aux fêtes qui se donnaient à l'occcLsion du mariage de Madeleine de France avec le roi d'Ecosse, et remplir son rôle de poète du roi en offrant aux jeunes mariés son hommage poétique, sous forme d'un chant nuptial composé en leur honneur. François I^^ fut content de revoir s6n poète favori : sur la recommandation du cardinal de Tournon, il l'accueillit avec bonne grâce et lui donna des preuves d'une bienveillance toute particulière.
En cette année, 1537, Etienne Dolet, poursuivi pour un meurtre qu'il avait commis à Lyon le 31 décembre 1536, vint à Paris solliciter sa grâce du roi; l'ayant obtenue, il réunit dans un festin les amis qu'il avait dans la capitale : Rabelais, Budé...; notre poète fut des invités. Il semblait donc qu'il n'eût plus qu'à se livrer à la douce joie du retour. D'ailleurs, dans son