‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 254 sur 258 · COLIN · texte numérisé non relu

COLIN

Berger Thenot, je suis esmerveillé De tes chansons, et plus fort je m'y baigne

COMPLAINCTES 517

Qu'à escouter le linot esveillé,

Ou l'eau qui bruyt tombant d'une montaigne.

Si au matin Calliope te gaigne, Contre elle au soir obtiendras le butin ; Ou s'il advient que tant noble compaigne Te gaigne au soir, tu vaincras au matin.

Or je te -pry, tandis que mon mastin Fera bon guet, et que je feray paistre Noz deux troupeaux, chante un peu de Catin, En deschiffrant son bel habit champestre.

THEXOT

Le rossignol de chanter est le maistre : Taire convient devant luy les pivers; Aussi, estant là où tu pourras estre, Taire feray mes chalumeaux divers.

Mais si tu veulx chanter dix foys dix vers, En déplorant la bergère Loyse, Des coingz auras six jaunes et six vertz, Des miculx sentans qu'on veit depuis Moyse.

Et si tes vers sont d'aussi bonne mise Que les derniers que tu feis d'Ysabeau, Tu n'auras pas la chose qu'ay promise, Ains beaucoup plus, et meilleur et plus beau.

De moy auras un double chalumeau, Faict de la main de Raffy Lyonnois, Lequel à peine ay eu pour un chevreau Du bon pasteur Michau, que tu congnois.

Jamays encor n'en sonnay qu'une foys, Et si le garde aussi cher que la vie; Si l'auras tu de bon cueur toutesfoys, Faisant cela à quoy je te convie.

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