XXXII NOTICE
d'être agréable à la maîtresse du lieu et de plaire à son auditoire, ne craignit pas de rappeler les sottes incartades de la Sorbonne qui n'avaient eu d'autre résultat que de faire ressortir une fois de plus son impuissance. Le soir de ce jour, conune on se promenait dans la cour du château ^ « Marot laissa échapper un mot que Sagon traita d'hérétique; Marot, sans s'émouvoir, persista dans son sentiment et fit doucement ce qu'il put pour y attirer Sagon, mais, celui-ci tenant bon et répliquant toujours vertement, Marot rebuté lui dit une parole de mépris, Sagon lui en rendit une autre, à quoi Marot, pour réponse, mettant la main au poignard, allait lui en porter un coup, si Sagon, voyant qu'il ne serait pas le plus fort, n'eût pris la fuite. » (Voir Crafelet.) Après les fêtes, tous deux tirèrent chacun de leur côté, mais en conservant l'un contre l'autre une haine implacable. Toutefois, les choses en restèrent là pour l'instant. Obligé de fuir, l'année suivante, Marot sentait bien d'où venait le coup qui le frappait, mais sa plus grande préoccupation était de revenir sans trop tarder dans sa patrie; il dédaigna ou plutôt feignit de dédaigner les outrages dont l'accablaient ses ennemis. Dans une épître qu'il adressa à son ami Lyon Jamet, à la lin de 1535, mais qui ne vit le jour qu'en 1544, il se plaignit amèrement de se voir exilé, tandis qu'un « tas de gros asnes font imprimer tranquillement leurs sots livres » à Paris. Il avait sans doute eu vent de tout ce que publiait Sagon contre lui. En effet, à Tépître qu'il avait écrite de Ferrare au roi (1535) pour se justifier,
I. Ouileaii. — Voir le Différend de Clémeitt Marot et de François Scigon (édit. la Haye, t. IV, p. 566.)
a Dedans le chableau d'Alcusou,
Et selon coustume et façon
Se pourmenoient dedans la court
Avecques maintz hommes de court,
Advint qu'outre plusieurs devis
Marot déclara son advis
A Sagon, dessus quelque point
Qu'a présent je ne diray point... »