‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 29 sur 258 · NOTICE XXXIII · texte numérisé non relu

NOTICE XXXIII

celui-ci avait répondu par son Coup d'essai^, diatribe dans laquelle l'emportement fait souvent extravaguer l'auteur. Il gâte jusqu'aux vérités qu'il prêche par l'aigreur avec laquelle il les débite et les injures grossières qu'il y mêle. Il ne craint même pas d'enlever à Marot jusqu'à son génie poétique. Celui-ci crut plus sage de ne rien répondre publiquement à un adversaire qui jouait si ridiculement le personnage de moraliste, de censeur et de satirique ; il était du reste trop désireux de revoir sa patrie. Il laissa à ses amis le soin de prendre sa défense, et ceux ci ne faillirent pas à l'amitié : Bonaventure des Periers, valet de chambre de la reine de Navarre, s'indigne, dans une épître à Sagon que :

« Une plume orde, et envenimée, Plume d'arpye, ou de quelque chouette, Vole et poursuyt du souverain poète Maro Françoys le renom invincible. Vêla de quoi »

Christophe Richer, Jean Parrhasius, poursuivent aussi Sagon de leurs épigrammes. Charles Fontaine s'écrie dans son épître au même qu'il est facile de dire du mal d'un adversaire qui est loin. Enfin maistre Nicolle Glotelet, de Victry en Partoys, n'attend pas que Marot soit arrivé pour célébrer son retour et blâmer sévèrement le Coup d'essai.

Mais ce n'était encore qu'une petite escarmouche. Marot ne songea d'abord qu'à jouir du bonheur de se retrouver à la cour et près des siens. Un jour même qu'il rencontra son ennemi sur le pont de Saint-Cloud, il ne fit aucune allusion au démêlé qu'autrefois ils avaient eu :

« Que ne tenoit Marot à ton advis Ces beaux propos alors que vis à vis ' Mon maistre et luy au pont Sainct-Clou se veircnt? »

{Le paige de Sagon.)

I. Essai. — Le Coup d'essay de François de Sagon, secrétaire de l'abbé de Sainct Ebvroul, contenant la responce à deux Epistres de Clément Marot, retiré à Ferrure (1536).

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