‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 35 sur 258 · XXXVIII NOTICE · texte numérisé non relu

XXXVIII NOTICE

connue aussi sous le nom d'Abbaye des Couards, ou royaume de Conardie. Cette société, inaugurée vers le milieu du xiv^ siècle, eut primitivement son siège à Rouen, dans l'église Notre-Dame-des-Prés dite de Bonnes-Nouvelles, au faubourg Saint-Sever. Elle succéda à la confrérie des Coqiieluchiers, ainsi nommée à cause du bonnet dit Coquehichon que portaient ses membres. Les Couards avaient une hiérarchie tout à fait ecclésiastique dont le chef était Vabbé. La maison abbatiale ainsi composée formait avec les novices ou aspirants aux dignités un chiffre de plus de deux mille membres, tous recrutés dans la société rouennaise. On voyait, à Rouen, chaque année, aux jours gras, les Conards chevaucher masqués par la ville, ayant à leur tête un abbé mitre, crosse, monté sur un char, jetant à tous venants des rébus ,des satires, des pasquils. Ils cheminaient à travers la foule, partagés en bandes, dont chacune avait reçu mission de ridiculiser une sottise, de fiétrir un vice, de censurer un abus. La vérité était souvent derrière ces bouffonneries. Les édits fiscaux n'étaient pas épargnés : la misère du peuple fut maintes fois décrite avec plus de hardiesse que dans les cahiers des états de province. A l'approche des jours gras, les Conards allaient demander au parlement de Rouen la permission de pouvoir seuls se masquer et seuls d'octroyer, moyennant finance, la permission à d'autres de se masquer aussi : de là leur grande liberté de paroles et d'actions, Le roi de France seul était respecté*.

Sagon, qui se souvenait d'avoir été autrefois couronné à Rouen et revenait souvent dans cette ville où il trouvait bon accueil, eut l'idée de chercher aide

en avait point, du moins à demeure. Pour les gazettes, l'idée n'aurait pu alors en venir à l'esprit. (Voir Bibliotlièque de l'école de*^ chartes, t. I*"", p. 105 et suiv, par Floquet.)

I. Respecté. — (Voir Floquet, ibid) : Trois jours durant, il était en marche, ce tribunal ambulatoire, cet échiquier d'étrange espèce. Tambours, fifrfs, trompettes annonçaient de loin le cortège. Il fut innombrable parfois : en 1541, il no lînissait pa«;... » (p. iio.)

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