NOTICE XXXIX
et protection près de cette puissante confrérie des Conards, Personne à Paris ne l'encourageait dans la lutte ; la cour se contentait de rire de toutes ces injures que se lançaient à la face les champions, et les rieurs étaient plutôt disposés à se ranger du côté de Marot. C'est pourquoi Sagon songea à ses bons amis de Rouen. La confrérie essaya d'abord la conciliation : on vit paraître V Appologie faute par le grant abbé des Conards sur les invectives Sagon, Marot, la Hueterie... Un ami de Marot y répondit par une épître nouvelle : Contre Sagon et les siens. Les Conards, jugeant bientôt que la raison était du côté de Marot et de ses partisans, publièrent De Marot et Sagon les trêves donnez jusqu'à la fleur des febves par l'autorité de l'abbé des Cornardz, et peu de temps après, pour en finir, lancèrent le Bancquet d'honneur sur la paix faicte entre Clément Marot, Françoys Sagon, Hueterie et autres de leurs ligues (1537). L'auteur feint qu'en se promenant un matin et rêvant à cette trêve ordonnée mais non observée, Honneur qui se promenait aussi, rencontra Hermès ou Mercure qui allait à Paris. Honneur lui demande des nouvelles; à quoi Hermès répond :
« Honneur, dit-il, bruict n'est que de deux veaux, Lesquel on dict en un commun jargon, Hueterie ou Huet et Sagon, Qui rhascun jour mesdisent de Marot, Encontre luy crient le grand harot... »
Honneur s'informe du sujet de leur dispute, prend la résolution de les accorder, s'il est possible, et, pour parvenir à cette conciliation, il consent de leur faire préparer un festin, et engage Hermès à les y convoquer de sa part. L'invitation faite, tous se hâtent d'arriver au lieu indiqué. C'était le Parnasse. Marot y monte sans aucun effort, Fripelippes, son valet, le suit sans peine, de même Charles Fontaine et Y abbé des Conards, Sagon et son valet, la Hueterie, et quelques autres se trament comme ils peuvent, s'accrochent à tout ce qu'ils rencontrent et arrivent enfin très fatigués. Après