NOTICE IX
il jetait ses regards sur les jours de la joyeuse enfance et songeait à son sang méridional^.
C'est en 1495 pu i^^gô au plus tard, qu'il naquit. Son père, Jehan Marot (autrement dit : des Mares, des Marets), issu d'une famille de la petite bourgeoisie de Mathieii^ village situé à une heure et demie de Çaen, était venu, on ignore par suite de quelles circonstances, s'établir dans la ville de Cahors. Le nom d'un étranger, nommé Jehan Marot, est cité pour la première fois en 1471 dans les comptes des consuls de la capitale du Quercy. Quelle position occupait-il? Les rôles ne nous le disent pas. On sait seulement qu'il se maria deux fois, et c'est de sa seconde femme qu'il avait, selon toute apparence, clioisie dans quelque famille bourgeoise de la ville ou des environs, qu'est né notre poète Clément Marot.
C'est sans doute grâce à cette dpublê__origine, à ce mélange de deux races, que l'on trouve constamment chez lui l'esprit du Midi uni à rintelligence.du Nord, la vivacité, les emporternents de i 'imagination et l'agilité du style tempérés par la gravité mélancolique et parfois un peu sceptique de la race normande.
« N'ayant dix ans, en France fus mené : Là où depuis me suy tant pourmené, Que j'oubliay ma langue maternelle, Et grossement apprins la paternelle Langue françoyse, es grandz courts estimée : Laquelle en fin quelcque peu s'est limée »
{U Enfer, vers 395 et suiv.)
Ces vers permettent d'affirmer que Clément Marot passa ses premières annéesji Cahors et que le dialecte quercinois fut le langage qu'iTapprit d'abord à balbutier. Amené à Paris, à peine âgé de dix ans, comme il nous l'apprend lui-même, fut-il admis dans quelque école de l'Université grâce aux libéralités de la reine
I. Quercy, de toi, Salel, se vantera, Et, comme croy, de moy ne se taira.
On voit que le poète, quand il écrivait cette épigramme Des poètes