VARLET DE CHAMBRE DU ROY NOTRE SOUVERAIN SEIGNEUR
Adieu Paris, la bonne ville :
Adieu de Meaulx la Janncton:
Adieu lieutenande civille :
Adieu la Grive et Caqueton, La Touchalloue au dur teton :
Adieu vous dis comme une trippe :
Adieu estroictes, se dit on :
Adieu vous dis comme une pippe.
Adieu la dame de Victry, Qui nous contrefaict bonne myne :
Adieu jucques à Sainct Marry :
Adieu BaignoUet et Lespine, La petite maistresse fine :
Adieu comme gris de bureau.
Adieu Mollette, la blanchine :
Adieu vous dis comme ung corbeau.
Adieu la belle Ferronniere, Puis qu'après nostre court allons :
Adieu la belle Heronniere :
Adieu la blanche aux cours talions:
Adieu l'abbé et estallons, Vos prothonotaires et bulles.
Adieu vos pigeons et coulons :
Adieu vous dis, mulle des muUes.
Adieu les dames hors de chance, Barbe d' Estas et la Rivière :
Adieu ma dame de plaisance; Adieu Vicourt, au combat fiere :
Adieu Guesdonne pautonnière, Friande de chesnes et bracellectz; Adieu la belle Quadraniere Et les 1 ingères du Palays.
Prince d'amours, adieu vous dis :
N'arrestez les mignons de Court Oui partent ce jourd'hui de Paris, Pour leur argent, qui est trop court.
AUX DAMES DE PARIS EXCUSES d'avoir FAICT AUCUNS ADIEUX
SUSCRIPTION
Cleineut Marot aux gentilz veaulx Qui ont faict les Adieux nouveaulx,
Satyriques trop envieux, Escrivant de plume lézarde, Vous avez faict de beaulx Adieux .
Le feu sainct Autoine les arde !
Puis vostre langue se hazarde De semer que je les ay faictz; Ainsi le coupable se garde, Et l'innocent porte le faix.
Si mentez vous bien par la gorge; Sur dames ne suis animé, Et ne sortit onc de ma gorge Un ouvrage si mal lymé; Et ne sera mien estimé Par ceulx qui congnoissent ma \'eine Brief, il est un peu mal rithmé, Mais la raison en est bien vaine.
Et en cela plus sotz que fins Vous vous monstrez appertement; Car pour bien venir à vos fins Besongner falloit autrement.
Si parlé eussiez seulement De six, qui hayne m'ont voué, On vous eust crcu facilement, Et j'eusse le tout advoué.
Mais un chascun juger peult bien Que parler ne vouldrois des femmes
Qui ne m'ont offensé en rien Et qui n'eurent jamais diffames.
Et puis vous y meslez les dames, Qui sçaivent que suis leur servant; C'est trèsmal entendu voz games Pour mettre vos chantz en avant.
Bien ne mal n'ay voulu escrire De tant honnestes damoyselles, Et quand d'elles vouldroys rien dire, Je ne feroys point faulx libelles :
Plustost leurs louanges trèsbelles Diroys en mon petit sçavoir.
Pour acquérir la grâce d'elles, Que chascun met peine d'avoir.
Dames où n'y a que reprendre, Et qui tenez l'honneur trèscher, A moy ne vous en veuillez prendre Oncques ne pensay d'y toucher.
Veuillez vous doncques attacher Aux meschants et sotz blasonneurs, Qui n'ont sceu comment me fascher, Sinon en touchant voz honneurs.
De tigne espesse de six doigtz, D'un œil hors du chef arraché.
De membres aussi secz que boys, D'un nez de fins clous attaché.
De tout cela soit entaché Qui d'aultres adieux a faict naistre :
Quand il sera ainsi marché, Il sera aisé à cognoistre.