‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 99 sur 258 · AU SEIGNEUR DU PAVILLON MICHEL MAROT, FILZ DE CLEMENT MAROT, SALUT · texte numérisé non relu

AU SEIGNEUR DU PAVILLON MICHEL MAROT, FILZ DE CLEMENT MAROT, SALUT

A mon retour du pays de Ferrure,

Par Chamhery le chemin s' adressant,

J'ai trouvé, certe, une chose bien rare,

Au cabinet de mon père Clément.

Car, revolvant ses escrits pour les lire,

Trop me nuysoyent et n'appaisotent mon ire.

Si n'eusse veu epistre de sa veine,

Qui s'adressoit à son amy Antoine,

Dont mieux que moy entendras le dessein :

Telle est la lettre escrite de sa main.

LETTRE DE CLEMENT MAROT PAR LUI ENVOYÉE DE FERRARE A SON AMY ANTOINE COUILLART SEIGNEUR DU PAVILLON LEZ LORRIS EN GASTINOYS^

O mon amy Autoiue, N'est jour que me souvienne Du souverain recueil Que tu feiz à Clament; Mais se réjouissant Tost commença son dueii.

Car lors que je te vei.

Repassant à Lorri, Venant de Vau Luisant,

1. L'authenticité de cette pidoe peut au moint pAiaitre douteuse.

M'en retournai à Blois, Où je fu des jours trois, Aux dames devisant.

Là vint un postillon, Qui m'apportoit guignon, Me suivant à la trace, A la seule parole D'une femme trop folle; Maudite soit sa race.

De cela adverti.

Soudain de là parti.

Car j'avoi fait serment Ne retourner en Court, Ce n'estoit mon plus court De le faire autrement.

Je passay donc Tharare, Pour venir à Ferrare Trouver la sœur du Roy.

I>a divine princesse M'a faict bonne caresse; O que fusse avec moi !

Si tu vas à la Court, Escri le moy tout court, Ensemble des nouvelles :

J'y fi peu de séjour, Mais j'en sçeu pour un jour Qui n'estoient gueres belles.

La Royne de Navarre Me donna le bon arrhe Qu'en passant tu me vei, Pour me faire monter Et soudain devallcr Les monts jusques icy.

La bénigne Princesse, Excellente déesse, De toutes le rairouer, Print mon fils pour bon page; C'cbtoit le meilleur gage.

Qu'eusse peu luy trouver.

O que sa fille unique

Donne à la republique Un merveilleux espoir, Plein de divinité En sa virginité, Que désire reveoir.

Ce fils, pour sa jeunesse, A sa grande hautesse J'ay bien recommandé :

S'il fait ce qu'il propose, Et que Dieu le dispose, Il en sera aydé.

Or puis que le cognois, Je te pri, si le vois, Luy donner ce motet De poursui\Te la veine Du père à toute peine, Et qu'il ne soit muet.

Fay de moy mention, Recommandation, A ce bon gros Tartas; De peur de se blesser Ou bien de s'offenser.

Qu'il marche petit pas.

Si j'avois du papier De rames un millier, Et qu'il ne fust trop tard, Comme à mon amy seur, T'escrirois de bon cœur, Adieu donc, mon Couillart.

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