‹ Œuvres complètes de Condillac (volume 2)Chapitre 10 sur 58 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Du gouvernement de Pépin Héristel et de celui de Charles- Martel.

Pépin, maître de TAustrasie, de la Neustrie et ronrqnoi p'pi»

HrrUlrl remède la Bourgogne , continua de gouverner avec la ^** «"* •i»"»

même modération : il signala même les premiers »"'''»»»"*=«• jours de sa puissance en pardonnant à tous ceux qui avaient porté les armes contre lui. On commença donc à jouir de la paix. Tout était tranquille , au moins au dedans. La discipline se rétablissait dans les troupes, Tordre dans les finances, et plusieurs abus se corrigeaient; mais la source ne s'en tarissait pas, parce que l'intérêt de Pépin n'était pas de la tarir. En effet il eût fallu donner des lois à un peuple qui n'en avait jamais eu, et assurer le gouvernement en déterminant les droits de la royauté et ceux des sujets. Or c'eût été fixer sur la tête des Mérovingiens la couronne qu'il ambitionnait , et dont il n'osait encore se saisir : il aima mieux se rendre nécessaire en faisant dépendre le bonheur de la nation de sa conduite plutôt que des lois.

Il cacha le pouvoir le plus absolu sous les ap- sa mod^r.parences de l'amour du bien public , et il gagna la noblesse et le clergé en rétablissant les assemblées presque abolies par les derniers maires; mais il ne les convoqua pas assez souvent pour porter atteinte à son autorité.

lion apparente.

Il occupe les On l'aimait et on le respectait : cependant il

Français de J- a

guerres e.ran- jjjjpQpf^it jg distraifc Ics csprits, qui auraient pu démêler ses vues , s'ils ne se fussent occupés que de ce qui se passait dans l'intérieur du royaume. Or il n'y avait rien de plus propre à ce dessein que la guerre , qui pouvait d'ailleurs ajouter un nouvel éclat à sa gloire.

iiachèvedeies Pcudaut Ics dcriiiers troubles, les Saxons, les

gagner par l'e-

eui^dispo7e"de Frisous , Ics Allemands , les Suèves , les Bavarois , des"deurmau Ics Brctoiis ct Ics Gascous , qui s'étaient emparés

rtes.

d'une partie de l'Aquitaine, avaient secoué le joug^ et refusaient de payer les tributs qu'on leur avait imposés. Il fit rentrer successivement ces peuples sous l'obéissance; il ajouta de nouvelles conquêtes à l'empire des Français; presque toutes les années de son gouvernement furent marquées par des victoires; et sa réputation s'étant répandue dans toute l'Europe, les principales puissances recherchèrent à l'envi son alliance. Il mourut après avoir gouverné l'Austrasie en qualité de duc pendant trente-quatre ans, et les royaumes de Neustrie et de Bourgogne pendant vingt-quatre en qualité de maire. Alors son autorité se trouvait si bien 714. établie, qu'on regardait le duché d'Austrasie et les mairies des deux autres royaumes comme liéréditaires dans sa famille. Il revêtit de ces dignités son petit-fils Théodoald.

Théodoaid,cn- Tliéodoald n'était qu'un enfant, ainsi que le

core enfant , lui

succède sous la p^incc auqucl on laissait encore le nom de roi ; et

Plectnidc , sa eraiurmère, veuve de Pépin, avait lai.iud.pwela régence. Rieu n'était plus extraordinaire que "^"* de laisser pour ministre à un enfant un autre enfant, sous la tutelle d'une femme; et Pépin semblait déclarer par cette disposition cpi'après lui , comme île son vivant, il ne restait d'autre 'règle que sa volonté.

Plectrude, croyant assurer son autorité, fit i«grM.ii«de

Nroslrie don-

arreter Charles, que Pépin avait eu d'une autre jRiàfro?.'"" femme. Mais les grands de Neustrie se soulevèrent, firent alliance avec le duc de Frise, et choisirent Rainfroi pour maire du palais; et les Austrasiens, qui étaient venus au secours de Plectrude, ayant été défaits, Théodoald put à peine échapper par la fuite.

Charles, qui, pendant ces troubles, recouvra charie» Manei sa liberté , parut en Austrasie , où il fut aussitôt '"*''• reconnu pour duc. Heureusement pour lui il eut le temps de s'affermir, parce que la mort du roi, qui survint dans cette conjoncture, ne permit pas à Rainfroi de penser à TAustrasie.

Le dernier roi laissait un fils en bas âge , au- chiipéricîirt-

gue en Neustrie

quel on préféra Daniel, fils de Childéric II, roi ''j'' «ourfiod'Austrasie. Ce prince avait échappé aux assassins de son père, et s'était retiré dans un monastère , où il portait l'habit de clerc. En montant sur le trône, il prit le nom de Chilpéric II. Je le nomme, parce qu'il mérite d'être nommé. Il montra de l'activité et du courage.

86 JHISTOIR£

Charles lui Cependant Charles regardait la mairie des

laisse la cou- 1 C

seTna m^âître rojaumes de Neustrie et de Bourgogne comme

des deux mai- . ^ . , . , . , ^,,1 .-. , .

"«. une dignité qui lui était due ; et Chilperic ne

songeait qu'à se soustraire à la domination d'une famille sous laquelle ses prédécesseurs avaient été sans autorité. On arma donc de part et d'autre : on se livra plusieurs combats. Mais enfin Chilperic vaincu se réfugia chez Eudes, duc d'Aquitaine, son allié , et fut presque aussitôt livré à Charles. Cet Eudes venait par Boggis de Caribert , à qui Dagobert I" avait cédé une partie de l'Aquitaine; et sa famille a subsisté jusqu'à i5o3, qu'elle s'est éteinte dans Louis d'Armagnac , duc de Nemours. Charles laissa la couronne à Chilperic , donna dans la suite le comté d'Angers à Rainfroi , et se contenta d'être reconnu pour maire de Neustrie et de Bourgogne. Le roi ne survécut pas longtemps à son malheur.

L'audace de Charlcs était l'homme le plus audacieux , et

Charles est sou-

*su"ccfes ^^' '^^ avait toutes les qualités qui peuvent justifier l'audace. Grand général, il se fit adorer de ses soldats, et ne ménagea qu'eux. I^es Français plièrent sous le joug : les nations voisines furent domptées. En un mot tout trembla au dedans et au dehors, sous les ordres d'un capitaine vigilant , actif, qui , marchant de victoire en victoire, paraissait se trouver partout en même temps. La défaite entière des Sarrasins, entreTours et Poitiers,le fit regarder comme le sauveur de la France ; et on prétend que c'est à

MODKRNK. 87

celte occasion qii*on lui donna le surnom de Martel. Les Sarrasins , qui ont franchi les Pyrénées , vous font ju^er qu'il s'est passé de grandes révolutions en Orient : nous en parlerons bientôt.

Les Mérovingiens avaient donné des bénéfices, n donne d,.

^ ^ ^ béo^ficrt, qai

sans imposer aucune obligation expresse. 11 arriva ;ôn°*Sn" d.' de là qu'ils crurent toujours avoir à se plaindre ybgieM.***"' de l'ingratitude des bénéficiers , et que les bénéficiers, de leur coté , trouvèrent qu'on exigeait trop d'eux. Ces reproches furent une source de haines, d'injustices et de révolutions.

Charles se proposa de s'attacher la noblesse par des bénéfices, et d'éviter cependant la faute où étaient tombés les Mérovingiens. Il donna donc, comme eux, des portions de ses domaines; mais ce fut à charge de lui rendre des services militaires et domestiques, qu'il n'oublia pas de déteiTTiiner. Cette nouvelle forme donnée aux bénéfices lui attacha la noblesse , et eut l'avantage de prévenir tout sujet de plainte, parce que les bénéficiers savaient à quoi ils s'engageaient. Si d'un côté les obligations n'étaient pas remplies, Charles pouvait sans injustice ôter ce qu'il avait donné; et de l'autre, si les bénéficiers remplissaient toutes les conditions de leur engagement , ils étaient sûrs de ne jamais perdre les domaines qu'ils avaient reçus. Cette politique réussit parfaitement; elle acheva de mettre dans les intérêts du maire les nobles, qu'il lui importait surtout

de ménager. Les bénéfices de Charles - Martel sont ce qu'on appela dans la suite des fiefs. Il jouit dune Charles g^ouverna la France pendant plus de

autorité abso- " '^ '■

^"*'' trente ans; et sa conduite prouve combien son

autorité était affermie. Il ne fit aucune mention du roi dans le traité, par lequel il assujettit Hunald, fils d'Eudes, à lui faire hommage de l'Aquitaine à lui çt à ses deux fils, Carloman et Pépin. Lorsque le roi fut mort, il n'eut pas besoin de chercher un fantôme de royauté parmi les Mérovingiens : il gouverna seul, et le trône fut cinq années vacant. Enfin, lorsqu'en mourant il voulut faire connaître ses dernières volontés , il se contenta de déclarer , en présence de ses capitaines et des officiers de son palais, qu'il laissait l'Austrasie à Carloman , et la Neustrie avec la Bourgogne à Pépin.

11 se préparait L'égUsc romaiuc était alors sous la tyrannie

a passer enlta- <~> •/

t'aVio^n deVri- dcs Lombards, et n'attendait aucun secours des empereurs. Charles - Martel pouvait seul la protéger; mais deux ambassades du pape Grégoire III avaient été sans effet, parce que le maire avait un traité d'alliance avec le roi des Lombards. Cependant il se détermina sur la troisième , et il faisait ses préparatifs pour passer en Italie, lorsqu'il mourut.

Il est à propos de reprendre actuellement l'histoire de l'empire et celle de l'Italie, parce qu'elles vont bientôt se mêler avec l'histoire de France.

goire 111.

MUDF.nNR. 89

Cll.VPITRE VIII.

Des révolutions arrivées depuis la mort tl'Annslasc jusqu'à celle de Léon l'Isaurien.

Le grand chambellan Amance avait donné de J^o^nr""" grosses sommes à Justin, afin qu'il fit des partisans à Théocrite. Justin travailla pour lui-même, et fut proclamé empereur. Né d'un pauvre laboureur, sur les confins de la Thrace et de l'Illyrie, il était si ignorant, qu'il ne savait pas lire. Il avait pris le parti des armes , et il était alors capitaine des gardes.

Il se déclara pour le concile de Chalcédoine, •»«»«:•«">", <••»

X Oe sa sœur, loi

rendit la paix à l'Église , et rappela ceux qui ""'*'** avaient été exilés pour la foi catholique. Vitalien , qui avait pris, contre Anastase, la défense des catholiques persécutés , eut même beaucoup de part à sa confiance , et partagea l'autorité avec, Justinien. Celui - ci, qui était fils de la sœur de Justin , vit avec jalousie le crédit de Vitalien , et- feignit d'être de ses amis pour le faire assassiner plus sûrement. Associé ensuite à l'empire, il succéda à son oncle, après avoir été son col- s»?. lègue pendant quatre mois. Justin a vécu soixantedix-sept ans, et en a régné neuf.

I^ règne de Justinien panit florissant. Léon BeiîMir* f«ii

la ronquête de avalt épuisé l'Orieiit contre les Vandales, et avait

l'Afrique sur les ^

Vandales. échoué .* Béllsaire , général de Justinien , avec cinquante vaisseaux et cinq mille soldats , conquit toute l'Afrique. C'était un capitaine qui eût été grand dans les beaux temps de la république; et les Vandales étaient alors tels que j'ai dépeint les Barbares , établis depuis long-temps dans leurs conquêtes. Cette révolution n'a donc rien qui doive étonner.

Rappeiésurde Après ccttc couquétc , Bélisaire tourna ses

faux soupçons,

iL'^con^tê'e^de ^rmcs coutrc l'Italie, où, depuis le grand Théo- 1 Italie. doric, il n'y avait eu que des désordres. Il conquit

d'abord la Sicile, se rendit maître de la mer, et affama les Goths, qui, ayant négligé l'agriculture , avaient encore négligé la marine , sans prévoir que leurs ennemis pourraient intercepter le transport des blés. Tout ensuite se soumit à lui depuis Rhège jusqu'à Rome. Enfin il défit le roi Vitigès , le força dans Ravenne , et l'emmena captif à Constantinople, où il avait déjà conduit Gélimer , roi des Vandales. Il eût achevé la conquête de l'Italie, si Justinien ne l'eût pas rappelé sur de faux soupçons. Cet empereur lui accorda cependant les honneurs du triomphe, usage qui était aboli depuis long -temps. Ce fut pendant cette guerre que Théodebert I" trahit tout à la fois les Grecs et les Goths ; mais il ne défit qu'un des lieutenans de Bélisaire.

Les Goths rc- Daus l'cspace de quinze mois, les Goths firent

deux rois, et les assassinèrent. Enfin ils tlonnèrent '««"««i p"»-

■ f^w toute VH»-

la couronné à Totila , qui reconquit presque toute '"' l'Italie. L'empereur y avait cependant envoyé des généraux; mais lorsque les princes ne savent pas conserver leur confiance à un homme en place , ils lui donnent d'ordinaire des successeurs sans mérite.

Il fallut venir une seconde fois à Bélisaire; B«ii.air*f»t

renvoyé en H»-

mais on lui donna si peu de troupes , qu'il ne lui s',,;, j;;;" fô" fut pas possible d'arrêter entièrement les progrès îé"' '"^^' des Goths. On fut même dans la nécessité de le rappeler , pour l'envoyer en Germanie contre les Sclavons, peuple sarmate, qui, après avoir fait plusieurs courses au delà et en de-çà du Danube, s'établira dans le pays qu'on nomme aujourd'hui Esclavonie. Dans le même temps l'empire eut encore la guerre avec les Perses.

Totila, profitant de l'absence de Bélisaire, acheva . N»r»ès mei sn

'1 'a l3 domination

de soumettre l'Italie. Alors Justinien chercha, ''"*^°""parmi ses eunuques un conquérant , et fut assez heureux pour le trouver. Narsès , c'est ainsi que se nommait ce capitaine, mit fin à la domination 533. des Goths , environ soixante ans après que Théodoric l'avait fondée.

Voilà le côté brillant du rèsne de Justinien. Ses LVmpîre était

o sans force par-

succès étaient dûs aux talens de deux grands gé- lrNa"rf/» n"'.» néraux et à la faiblesse des Vandales et des Goths, mal gouvernés. L'empire était sans force dans les provinces où Bélisaire et Narsès ne se

trouvaient pas. Les Perses ravagèrent l'Orient à quatre reprises ; et les Sclavons , ayant passé le Danube , pénétrèrent jusque dans la Grèce : d'autres Barbares firent aussi des irruptions. Les factions ver. Il j avait long-teuips que, dans les jeux du Cir-

teset bleuescau

sent des trou- q^g ^ \^^ cochers habillés , les uns de bleu et les autres de vert , partageaient le peuple en deux factions , qui portaient les noms de verte et de bleue. Ces factions en venaient aux mains, causaient souvent des émeutes , surtout dans les grandes villes et à Constantinople. Ce désordre était au comble. Justinien , ayant fait saisir quelques mutins , ne fit qu'augmenter le soulèvement. Les séditieux s'ameutèrent, prirent pour nom de TâWiement vainquez , rendirent la liberté aux prisonniers , et mirent le feu à la ville. L'empereur , n'osant plus sévir, n'osant même se montrer, déposa, du fond de son palais, un préfet du prétoire et un questeur , qui étaient odieux au peuple : mais les séditieux, enhardis par cette démarche pusillanime, se déchaînèrent en invectives contre un prince qui ne savait pas se faire craindre , et parlaient déjà de lui ôter l'empire. Justinien délibéra s'il ne sortirait pas de Constantinople ; et je ne sais ce qu'il aurait fait, si Bélisaire, Narsès et Mundus ne s'étaient pas trouvés à propos pour dissiper les rebelles. On prétend qu'il périt en un jour plus de trente mille hommes. Comme l'empereur retira dans cette occasion de grands ser-

MODERnF.. 93

NI ces (le la faction bleue, il crut devoir, par reconnaissance , la soustraire aux lois : dès lors ce fut assez d'en être, pour pouvoir commettre impunément toutes sortes de crimes. Vous pouvez donc juger ce que c'était que Gonstantinople , et le gouvernement de Justinien.

Ce prince, si tolérant pour des factieux , exter- j.siinien periiiinait des nations entières, parce qu'elles ne "''''"'• professaient pas la même religion que lui. La Palestine , par exemple , devient déserte par la destruction des Samaritains. Cependant il tolérait dans sa femme , l'impératrice Théodora , qu'elle favorisât les eutychéens , quoiqu'il se fut lui-même déclaré pour le concile de Chalcédoine. Enfin il embrassa l'hérésie des incorruptibles, qui pensaient que le corps de Jésus-Christ avait été im- |)assible, ce qui détruisait le mystère de la passion. Il fit un édit pour ordonner de croire comme lui sur ce sujet, et il persécuta : preuve que, dans 303. son zèle indiscret, ce n'est pas à la vérité, mais à ses passions, qu'il immolait les peuples. Il mourut âgé de 84 ans , après un règne de 38. Des jurisconsultes ont fait pendant ce règne un code auquel on a donné de grands éloges, et qui, pour être meilleur que ceux qu'on avait publiés jusqu'alors n'en est pas moins vicieux par les fon- <lemens.

Le règne de Justin II , neveu et successeur de so... j«tin n Justinien, n'est remarquable que par la révolu- i',*.',iJ*'^""*^

tion qui fit tomber une partie de l'Italie sous la 570. domination des Lombards en Syo. On ne sait pas trop quelle est l'origine de ces Barbares ; mais alors ils étaient établis en Pannonie , où Justinien leur avait accordé des terres. Ils furent invités à cette conquête par Narsès , qui était offensé de ce que l'empereur lui avait ôté le gouvernement de cette province , et de ce que l'impératrice Sophie avait dit qu'elle le destinait à filer avec ses femmes.

Longin avait Lou^iu , qui commaudait alors en Italie, avait

alors changé la O 1.

vernenfentf"' chaugé toutc la formc du gouvernement. Le sénat ne subsistait plus; les consuls étaient tout -à- fait supprimés; les principales villes étaient gouvernées par des ducs, et il y avait à Ravenne un exarque , duquel relevaient les magistrats des autres villes. L'Italie , ainsi divisée , fut moins capable de résister, et Alboin, roi des Lombards, conquit, non - seulement ce qu'on nomme aujourd'hui Lombardie, mais encore TOmbrie et la Toscane.

.h^- , Justin mourut après un rèene de treize ans.

Justin II reta- A <-"

Lut le consulat. ^^ ^^vj £^ ^^ ^^^^ agréablc au peuple fut de rétablir le consulat, que Justinien avait aboli, et que le peuple regrettait à cause des spectacles, dont il était privé par la suppression de cette magistrature. Ce prince régla cependant que les seuls empereurs pourraient être consuls.

TiUre , qui Toute l'autorité se trouva entre les mains de

MODF.RBTC. 9$

ribèi'e, que Justin avait associé à 1 empire quel- "V'dé'jiMÏ'

<|ues années avant sa mort. Cet empereur, voyant î la faiblesse de sa santé , se hâta de prendre pour collègue Maurice, qui avait acquis de la réputation dans la guerre contre les Perses; et il mourut dans la quatrième année de son règne , étant fort m». regretté parce qu'il travaillait au bonheur des peuples.

Maurice ne répondit point à l'idée qu'on avait LVmpireaia

* * * guerre avec les

conçue de lui. L'empire avait alors la guerre avec î)' "AbareV" ta Perse et les Avares ou Abares , dpnt on prétend que le vrai nom était Ogors. Ce peuple, Tartare d'origine, parut pour la première fois sur les fi*ontières de l'empire pendant le règne de Justinien ; il obtint ensuite des terres en Pannonie , força les empereurs à lui payer un tribut, et se rendit redoutable à Sigebert I", roi d'Austrasie.

La guerre avec les Perses durait depuis près de Phor», «lurpe

l'empire.

vmgt ans , lorsque Cosroés II fut forcé, non-seulement à faire la paix , mais encore à demander des secours contre un sujet rebelle, qui l'avait détrôné. L'armée de l'empire le rétablit , et ce fut le seul succès de Maurice dans le cours d'im règne de vingt ans. Il périt avec toute sa famille par «.„. la cruauté de Phocas , simple centurion, à qui l'armée qu'on avait opposée aux Avai-es donna l'empire.

Les Lombards avaient été dix ans sans chefs ; Auih.nsroidi..

Iximbards, faic denoDvclletcon.

Èles.

et le pays qu'ils avaient conquis était divisé en ^'Jj;

plusieurs petits états , dont les ducs avaient fait autant de souverainetés indépendantes. Maurice négligea de profiter d'une conjoncture aussi favorable, ou du moins il parut ne songer à l'Italie que pour donner occasion aux Lombards de se réunir. Ils choisirent pour roi Autharis , qui soumit , par sa conduite , tous les ducs à sa souveraineté , fit repasser trois fois les Alpes à Childebert II , roi d'Austrasie , allié de Maurice et agrandit son royaume par de nouvelles conquêtes. cosroés a de Cosroés prit les armes sous prétexte de venger

grands avanta- | 1 -m/r • t1 I •

ges sur Phocas. la mort OC Maurice. Il remporta plusieurs victoires, ravagea la Mésopotamie, la Syrie, l'Arménie, la Cappadoce, la Galatie , la Paplilagonie, et vint jusqu'auprès de Chalcédoine.

Phocas perd Ccpcndant Phocas répandait le sane; , et la

l'empire et la * .

^^*'- cruauté n'était qu'un des vices de ce monstre. Le

peuple attendait avec impatience qu'un nouveau maître vînt le délivrer de ce tyran, lorsque la flotte dupatrice Héraclius, gouverneur d'Afrique, parut à la vue de Constantinople. Phocas fut aussitôt livré et perdit la tête.

G,o. Maurice était vengé; mais Cosroés ne quitta

Cosroés a de , -,1 ..-,,.

nouveaux suc- pas Ics arnics. Il ne trouvait point de résistance.

Un de ses généraux prit Alexandrie, soumit toute

l'Egypte; et, après avoir parcouru tout TOrient,

vint mettre le siège devant Chalcédoine.

L'empire a en- ^^^s Ic mcmc tcmps , Ics Goths d'Espagne en-

IZlres. *" "' levaient ce que les Romains avaient conservé

MODF.RNK* 97

jusqiralors dans la Lusitanie, clans TAndalonsie, et sur le détroit de Gibraltar. Enfin les Avares faisaient des courses jusqu'aux portes de Conslaiitinople.

lléraclius, ne pouvant faire face de tous cotés, firand.àv.nabandonna l'Espagne , acheta la paix des Avares, PerT..."" '" et marcha contre les Perses. Il les défit dans plusieurs combats, ravagea leurs provinces, reconquit tout ce que Tempire avait perdu, et fit une paix glorieuse. Mais l'Orient et la Perse étaient également ruinés. ^

Pendant qu'Héraclius remportait de si erands con^aminopie

* ^ *■ ^ ^ a$«irgé« p«r les

succès, Constantinople n'échappa qu'avec peine ^'^"''* aux Avares, qui, ayant repris les armes, contre la foi des traités, profitèrent de l'absence de l'empereur, et assiégèrent cette capitale.

Peu d'années après, en 633 , les San'asins, qui souirvemem

* ■*• des Sarrasin» au

servaient depuis long-temps dans les armées de p"è!"'^*'"°' l'empire, se révoltèrent, sur le refus qu'on fit de leur donner leur paye; et ce soulèvement fut le commencement d'ime révolution aussi grande que rapide.

Les succès et les pertes se balançaient- de part commencement

* * *^ do mahomëlis-

et d'autre, lorsqu'Aboubecre , beau-père et suc- 5;,, cesseur de Mahomet , prit le parti des Sarrasins. îhe"T" Mahomet venait de mourir en 63^, après avoir fondé , dans l'Arabie , sa religion et son empire. Il avait d'abord formé son projet par hasard ; il le soutint par la hardiesse de ses impostures; il

Comment omet te fait pro*

g8 HISTOIRE

l'acheva, parce que les circonstances lui furent favorables. Comme il était sujet aux attaques d'un mal épileptique, Cadhige, sa femme, l'ayant surpris en cet état, s'imagina qu'il était en extase. Mahomet profita de cette crédulité , assura qu'il avait des visions , et que , dans ses extases , Dieu l'entretenait par le ministère de l'ange Gabriel. Cadhige confia bientôt à d'autres femmes que son mari était prophète : le bruit s'en répandit ; les prophéties se multiplièrent, à mesure qu'on en parla davantage , et la populace suivit l'homme inspiré , qui acheva de la convaincre par des largesses.

Il fait de ses pro. Cepcudaut Ics magistrats de la Mecque ayant

sélites autant de , ^

soldats. résolu de le faire arrêter , il s'enfuit ^ et vint , avec plusieurs de ses disciples, à Yatreb, nommé depuis Nedina Alnahi^ c'est-à-dire ville du prophète. Là, le nombre de ses sectateurs étant considérablement augmenté, il imagina que ce n'était pas assez d'avoir des visions, et fit de ses prosélytes autant de soldats. Il essaya leur courage contre une caravane : le butin, qu'il leur abandonna , les affermit dans leur foi; ce succès grossit son armée d'une partie des brigands dont l'Arabie était pleine , et il se rendit maître de la Mecque.

' C'est au temps de cette fuite que les mahométans fixent leur époque, qu'ils nomment hégire^ c'est-à-dire fuite ou retraite.

•onvt»

Arabi».

MODF.RIfR. 99

Avant ensuite fait une trêve avec les Arabes , i>.»i.nt qui s'opposaient encore à ses desseins, il tourna jlî'ûîriw à'^îi' ses armes contre les Grecs. Khaled , son général , étonna par sa valeur , battit vingt mille hommes avec trois mille , et prouva de la sorte , aux yeux des Arabes, la vérité de la doctrine de Mahomet. Ce prophète fut alors souverain de toute l'Arabie. Sa religion n'est qu'un monstrueux assemblage de judaïsme et de christianisme défigurés. Mais il eut soin de persuader à ses disciples que qui conque refuse de la recevoir est digne de mort ; qu'on obtient le paradis en égorgeant les incrédules ; qu'on gagne la couronne du martyre , en mourant de leur main ; et qu'enfin on éviterait en vain de combattre , dans l'espérance de prolonger ses jours , parce que la durée de notre vie, et le moment de notre mort sont arrêtés de toute éternité.

Le brierandaee, auquel les Arabes avaient été combien ii

^ O 7 -1 claJt facile auK

adonnés de tout temps , devint alors pour eux ;*,';"j"/ ^^j! un prétexte de religion. Ov vous pouvez juger **"^'"' quels seront les effets d'un fanatisme qui va concourir avec les moeurs de ces barbares ; si vous considérez que l'empire et la Perse sont épuisés, que l'Egypte et l'Afrique ont toujours été faciles à conquérir , et que les Goths d'Espagne étaient déjà regardés, du temps de Clovis, comme les plus lâches des hommes.

Aboubecre entra dans la Palestine , que Justi- cooqaèiMa'A-

mai-

ÏOO HiSTOIRr.

Loubecreetd'o- 01611 avalt cîépeiiplée , et s'empara de Bostra et de Damas. Ce khalife (c'est ainsi que se nommaient les successeurs de Mahomet . d'un mot qui signifie héritier ou successeur, parce qu'en effet ils succédaient au sacerdoce et à l'empire) ce khalife, dis-je , mourut en 634 ? après un règne de deux ans. Omar , qu'il avait fait reconnaître , continua d'avancer dans la Syrie , qui , étant divisée par les sectes des Ariens , des Nestoriens et des Manichéens , fit peu de résistance : Jérusalem , Antioche , et d'autres villes , ouvrirent leurs portes au vainqueur, qui , bientôt après , joignit la conquête de l'Egypte à celle de la Syrie.

Cependant Eé~ Cepeudaut Héraclius , dont les armées avaient été taillées en pièces, et qui avait inutilement

radius s'occupe de monolhélisme; etpourpro-

S^Hablmw^ de faire assassiner Omar, s'occupait, à

aux mahomé- Goustantinoplc , des disputes des monothélites. C'étaient de nouveaux hérétiques , qui n'admettaient dans Jésus-Christ, qu'une seule volonté et qu'une seule opération. L'empereur donna un édit , connu sous le nom d'Ecthese , dans lequel il se déclara pour cette hérésie , et ordonna à tout l'empire d'être monothélite. A la vérité il se rétracta, lorsqu'il vit cette erreur condamnée par les papes ; mais les patriarches de Constantinople ayant continué de la soutenir, il en naquit bien des troubles dans l'Église.

g^^ Héraclius, après un règne de trente ans, mou-

de seTd'euxirs! rut daus la soixante-sixième année de son âge.

MODERIIE. loi

laissaiil l't'inpirc à lieiix de ses lils, Coustaiitiii , f"»»»**»». ««n surnoiiiniéc Héraclius , et lléracléonas. Le règne **^'"** de ces princes ne fut pas long : car le premier mourut dans le cours du quatrième mois , et le second fut déposé après neuf. Une sédition fit passer Fcmpire à Constant, fils de Constantin- Héraclius. Ce prince protégea les monothélites , se rendit odieux par sa tyrannie , abandonna Conslantinople , vint à Rome , d'où il enleva tous les bronzes, passa en Sicile, où il voulait fixer son séjour, et fut assassiné à Syracuse. Il» laissa 668. trois fils. Constantin Pogonat , associé à l'empire depuis plusieurs années, régna seul.

Omar était mort , comme il venait d'achever la omar fan Lrô-

^ , ^ lerlabibliothè-

conquête de l'Egypte , peu d'années après Héra- jh* d'AUxMclius ; ce fut lui qui ordonna de brûler la biblio- ^

théque d'Alexandrie , décidant que tous ces livres étaient inutiles, s'ils ne renfermaient que la doctrine de Mahomet , et qu'il ne les fallait pas conserver , s'ils en renfermaient une contraire.

Pendant le règne de Constant, les Sarrasins us sarrasin*

. 1*1»' • ■> metlenlBn à la

soumirent 1 Afrique, depuis 1 Egypte jusquau domin.uon de» détroit de Gibraltar, se rendirent maîtres des îles de Chipre et de Rhodes, et mirent fin à la monarchie des Perses, qui avait duré 4^6 ans. Alors leurs progrès furent quelque temps suspendus par des guerres civiles.

Cependant, dès le commencement du règne con.t.ntmopit, de Constantin, ils firent une descente en Sicile, doù.on»*i«tM

' "feu grégeou.

pillèrent Syracuse , et vinrent assiéger Constantinople, par terre et par mer. Cette capitale dut son salut au feu grégeois , trouvé par le célèbre Calsinique , né à Héliopolis en Syrie. On fit une trêve de trente ans , et les Sarrasins s'obligèrent à payer un tribut de trois mille livres d'or chaque année. Ce traité glorieux intimida les autres Barbares ; ils demandèrent la paix , et ils furent quelque temps sans oser remuer, jugeant de la puissance de l'empire par un succès passager. sousConsian- Constautlu Pogonat , ne pensant pas comme

tin Pogonat, le ^ n t

«i°condamnë ^^^ P^'^^ ' profita dc cct intcrvallc de tranquillité, pour pacifier l'Église. Le monothélisme fut condamné dans un concile qu'il fit tenir à Constan- 680. tinople , en 680 , et qui est le sixième des œcuméniques.

Des séditieux Tout était encore tranquille , lorsque des sédi-

«lemandent qu'il • > i i > i •

y ait trois e.n- ticux S asscmblcrent tumultuairement aux envi-

pereurs, parce

?e"riLVs dal' TOUS dc Cfialcédoinc , et demandèrent qu'il y eût

laTrinit,:. . ,., .

trois empereurs , parce qu u y a trois personnes

dans la Trinité. L'empereur se rendit maître des

68,. chefs par ruse, les fit pendre , et fit couper le nez

à ses deux frères, qu'il soupçonna d'avoir part à

cette révolte. Il mourut quelques années après.

coupcrrn/rà Justinicu II, son fils et son successeur, perdit

Tibère Absim'ari l'Arménic , ct ce que l'empire possédait encore

le fait couper '*./».

Léonce. eu Atriquc ,- pour avoir rompu , sous des prétextes

fi^ivoles , le traité fait avec les Sarrasins. Devenu ensuite odieux par ses cruautés et par les vexa-

MODKIINE. 1 o3

lions clc SCS uiinislres, il fut détrouc par Léonce, qui lui fit couper le nez , et le relégua dans la Chersonèse : mais Léonce eut aussi le nez coupé , et Tibère Absimare , qui s'était emparé du trône , renferma dans un monastère.

Cependant Justinien recouvra Tempire, parut juxinim n ut

foule aux pied*

dans l'Hippodrome , foulant aux pieds Léonce et l'^r/îj,*;";;;,'! Tibère , se vengea cruellement de tous ses ennemis, perdit une seconde fois l'empire, et eut la tète tranchée.

Bardane , surnommé Philippique , qui avait on crër* les été le chef de la révolte , régna en dissipant les p»»'ipH«. revenus de l'empire , pendant que les Bulgares et les Sarrasins le dévastaient. On lui creva les yeux.

Son successeur Artémius, qui prit le nom d'A- Art^miasiefau

* ^ moine. Thëo-

nastase , se fit moine; ayant été forcé de céder le f^**"ëon'^?I trône à Théodose, receveur des impôts publics , meice"àr/gn?r' qui avait été forcé par des soldats à y monter luimême , et qui se. fit moine encore , ou du moins prêtre , pour le céder à son tour à Léon , dit l'Isaurien. Vous pouvez juger des désordres que causaient ces révolutions , et de ceux qu'elles préparaient.

Nous sommes en 717. 11 ne s'était écoulé que 7.7.

' ' . , * Etendue des

trente - deux ans depuis la mort de Constan- f"^^^^^^ '*** tin Pogonat , et quatre-vingt-cinq depuis celle de Mahomet. Cependant les Sarrasins, quoique souvent divisés par des guerres civiles , avaient déjà

poussé leurs conquêtes d'un côté jusqu'au Gange, et de l'autre jusqu'aux Pyrénées.

consianiinopie Profitaut dcs troublcs de l'empire , ils s'étaient

est encore sau-

tât l,â»V,Vlv^ Otaix- , yy ^^^ , ^ ,^ -^

vée par le feu avanccs lusqu 3l Coustantmople , et ils en tirent

grégeois. J J. 1 '

le siège la première année même du règne de Léon. Mais le feu grégeois ruina leur flotte , qui était de dix-huit cents vaisseaux ; et ils furent obligés de se retirer. Ce siège dura un an. Peu après, Basile, surnommé Tibère, que le gouverneur de Sicile avait fait proclamer empereur , et Artémius Anastase, qui avait tenté de remonter sur le trône, eurent l'un et l'autre la tête tranchée. Léonveuidé- Léou , u'ajaut plus d'ennemis, entreprit de des images; ce détrulrc Ic cultc dcs images , qu'il regardait comme

qui cause de o ^ x o

grands trouble. ^^^ ^^^^^ d'idolâtrlc , ct il causa de nouveaux soulèvemens. Cosmas, proclamé empereur par les peuples de la Grèce et des Cyclades, arma une flotte , et s'avança jusqu'à la vue de Constantinople ; et Tibère prit la pourpre en Toscane ; mais l'un et l'autre furent vaincus et décapités. Les troubles cependant ne cessèrent pas , parce que Léon s'irritait par les contradictions, et que le zèle des peuples pour le culte des images croissait à proportion qu'on était plus scandalisé et plus persécuté. Le soulèvement , qui fut surtout grand en Italie , devint favorable à Luitprand , roi des Lombards , qui sut en profiter,

Grégoire II .en- ^c papc Grégoirc II ne négligea rien pour en-

te inutiliemcnt T ' \ I ' i • 1

d'empêcher les g^gcr J^eou a ctiauger de sentiment et at con-

MNistraircàrcn»reur.

MODERNE. lo5

duite. Mais ce prince lui répondit qu'il était em- ^ pereur et pontife , continua de sévir, et tenta de ^ le faire assassiner. Grégoire néanmoins fit tous ses efforts pour enjpêcher i'italie de se soustraire à Tempereur, et de tomber sous la puissance des Lombards. Car alors les papes ne pensaient pas que la souveraineté fût incompatible avec Fhérésie , et qu'un prince perdît ses droits aussitôt qu'il embrassait l'erreur. Mais ses efforts ayant été rendus inutiles par l'obstination de Léon , il consentit enfin que les Romains prissent le parti auquel il s'était jusqu'alors fortement opposé. Ils déclarèrent , dit-on , qu'ils ne dépendraient plus de l'empereur, qu'ils ne lui paieraient plus aucun tribut, et qu'ils se gouverneraient eux-mêmes. Rome en ce cas serait redevenue une république indépendante : cependant la suite de l'histoire démontre que l'empereur continua d'en avoir la souveraineté. Nous ne savons pas exacte- ment quel fut le parti que prirent les Romains. Nous voyons bien que dès lors ils songeaient à se soustraire aux empereurs ; mais nous voyons aussi qu'ils les ménageaient encore , parce qu'ils craignaient les Lombards.

Léon se proposait de passer en Italie pour pu- Gr.tgoir«iii;iii-

plorp \» prolec-

nir les Romains , et pour se venger du pape. Ce !i,7r,H* Vo'I're fut alors que Grégoire III , successeur de Gré- lelToiibaHr goire II , implora la protection de la France contre les persécutions de l'empereur et contre l'am-

Io6 HISTOIRE

bition des Lombards. Mais Charles-Martel , Léon et Grégoire moururent tous trois la même année.

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