empereur
et dernier voyage en Italie, pour défendre le pape Léon III contre des ennemis qui le calomniaient. Léon lui en témoigna bientôt sa reconnaissance ; car le roi étant, le jour de Noël, dans la basilique de Saint-Pierre, le pape lui mit une couronne sur la tête, et le peuple s'écria : Fii^e Charles- Jugus te , couronné de la main de Dieu , vie et victoire au grand et pacifique empereur des' Romains. De ce jour Charlemagne se crut empereur, lui qui jusqu'alors n'avait osé prendre que le titre de patrice de Rome. Ceci demande quelques réflexions.
Les Romains, ne voulant pas tomber sous la LesRomaiM
pouT.iienl don-
puissance des Lombards , et ne recevant pas de ;'jj*i^'ïji; secours de Constantinople , avaient certainement le droit de se donner à Cbarlemagne. Ainsi c'^st
J 3o HISTOIRE
à des titres légitimes que ce roi acquit la souveraineté sur Rome , et c'est aussi tout ce que les Romains pouvaient donner.
iisncpouvaie...t Charlemagnc pouvait se faire appeler Auguste
pas donner l'era-
p'"- OU empereur par ses sujets; mais pour jouir vé-
ritablement de ces titres , il fallait encore qu'ils
^ " lui fussent accordés par les puissances étrangères,
et que surtout Constantinople ne les lui refusât pas. Ni le pape , ni ceux qui étaient dans l'église de Saint-Pierre ne pouvaient les lui donner; car enfin, quels qu'aient été les cris du peuple, ce n'est pas Dieu , c'est le pape qui mettait la couronne impériale sur la tête du roi de France. chariemagne D'aillcurs qu'acquérait Charlemagne? Une nou-
n'acquiert qu'une ^
ma"sdirplraîi ^^^^^ déuomiuatiou , et rien de plus. Il est vrai
lui transférer > ' i /■ • . • . ^ i
des droits. qu une dénomination est quelque chose aux yeux du vulgaire , qui ne juge que par les noms. Le peuple voyait confusément dans le titre d'Auguste , quelque chose de plus que dans celui de roi; et, comme la grandeur des princes est souvent moins dans la réalité que dans l'opinion , Charlemagne devenait lui-même quelque chose de plus. De ces idées confuses il naissait même des droits : car, pour peu qu'on raisonnât conscquemment , on voyait bien que , dès que le roi de France était Auguste , il devait au moins posséder tout ce qui avait appartenu aux empereurs d'Occident. Voilà vraisemblablement pourquoi Charlemagne ambitionna ce titre. Il savait bien
MODJbRNE. I Jl
qu'on ne demanderait pas si le pape pouvait ou ne pouvait pas le donner ; et il savait aussi que , dès qu'il l'aurait reçu , il paraîtrait autorisé à faire valoir les prétentions que ce titre portait avec lui. Aussi jugea-t-il dès lors que toute l'Italie lui appartenait, et il crut devoir songer aux moyens d'en achever la conquête.
On ne raisonnait pas mieux à Constantinople i»;^"*. q»i
• * feinl de le »oii-
qu'à Rome ! Mais on avait intérêt de raisonner ï^ulK"'*** différemment , et le nouvel empereur d'Occident ne fut pas reconnu. Irène alors régnait seule. Cette femme ambitieuse, dénaturée et dévote aux images jusqu'à la superstition, avait oté la vie à l'empereur son fils unique. Trop faible pour résister à Charlemagne , elle négocia. Elle lui fit proposer de l'épouser : mais pendant qu'elle faisait traîner cette négociation , dans la crainte de se donner un maître , elle fut déposée et reléguée dans l'île de Lesbos , où elle mourut l'année suivante.
Les ambassadeurs de Charlemagne étaient alors aariem^^».
r^gle» let limilrs
à Constantinople. Nicéphore, qvi avait détrôné Jf^Jej^^Jf,*"^ * Irène, essaya de se justifier auprès d'eux ; et, lors- ** **"* qu'ils partirent, il envoya des ambassadeurs pour faire alliance avec leur maître. On régla les limi- «i4. tes des deux empires. Charlemagne mourut à Aix- la-Chapelle, dans la soixante - douzième année de son âge.
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