CHAPITRE III
Charles le Chauve.
Après la ba- Louls Ic Débonnairc a préparé les guerres et
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nai,iesévêques Ics desorclres qui doivent enim ruiner sa maison.
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F'emp^rc! '^' Lothaire , qui était empereur, et le jeune Pépin se hâtèrent d'armer contre Charles le Chauve et Louis de Bavière. Mais, ayant été défaits à Fontenai en Bourgogne , ils furent réduits à prendre honteusement la fuite. Alors plusieurs évéques et plusieurs abbés s'étant assemblés à Aix-la-Chapelle , les deux rois les prièrent de déclarer au nom de Dieu que Lothaire méritait d'être privé de la part que le dernier empereur lui avait donnée dans sa 842. succession. Les prélats, sans balancer, déclarèrent ce prince déchu de tous ses droits ; mais ils déclarèrent aussi qu'ils ne les transporteraient à Charles et à Louis qu'après qu'ils auraient répondu en présence du peuple à une demande qu'ils avaient à leur faire. Les deux rois comparurent donc. Promettez - vous de mieux gouverner que Lothaire? C'est la question qu'on voulut leur faire publiquement. Ils promirent; sur quoi l'évéque qui présidait leur dit : Recevez le royaume par V autorité de Dieu , et gouvernez-le selon sa divine volonté; nous vous en avertissons nous vous y
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exhortons^ nous vous le commandons. Voilà les évêques qui, parlant au nom de Dieu, donnent les royaumes et commandent aux rois.
Ce jugement n'eût fait qu'allumer encore la J;^;/''j^'';^; guerre; c'est pourquoi Charles et Louis, qui en *^XXJlt!*t craignaient les suites, préférèrent de s accommoder avec l'empereur. Les évêques mêmes, accommodant les ordres du Ciel aux conjonctures, consentirent qu'on laissât des états à Lothaire , quoiqu'il ne promît pas de mieux gouverner. On négocia , et on fit un nouveau partage. Louis eut tout ce que les Français possédaient au-delà du Rhin , avec les villes de Spire , de Worms et de Mayence , et fut appelé roi de Germanie. Lothaire, outre l'Italie et sa qualité d'empereur, eut tout ce qui est compris entre le Rhin et l'Escaut, le Hainaut et le Cambrésis; quelques comtés cti de-cà de la Meuse; tout le pays qui s'étend depuis la source de cette rivière jusqu'au confluent de la Saône et du Rhône, et depuis le confluent, tout le Rhône jusqu'à la mer. Charles, qui eut tout le reste, prit le nom de roi de France.
Lothaire, déposé par les évêques de France, Loih.ir» ,«i commandait dans Rome, parce qu'il était èm- r;/"".,^^,';; pereur, ou plutôt parce qu'il était trop puissant serçèusû ***** en Italie pour que le pape pût se soustraire à sa domination. Il ordonna qu'on suspendrait l'ordination des papes, jusqu'à ce qu'on lui etit donné âvis de la vacance du saint-siége. î^tlis, son fils ,
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fut sacré roi de Lombardie par Sergius II ; et ce pontife comparut devant l'empereur, et répondit juridiquement aux accusations qu'on fit contre lui. Ainsi Lothaire était à Rome le juge du pape , lorsque les évéques venaient de le juger lui-même en France.
Ravages que Nous voicl aux tcmps où les peuples de Scanmânds? dont cUnavic, connus sous le nom de Normands , por-
Charles achètf a v -i '
là retraite. taicut la tcrrcur sur toutes les cotes ou ils se répandaient. Ils enlevaient les hommes, les femmes, les enfans, les bestiaux, dévastaient les campagnes, brûlaient les villes , et détruisaient ce qu'ils ne pouvaient pas emporter. Ils avaient commencé leurs courses sur la fin du règne de Charlemagne. Les ayant faites avec plus de succcès sous Louis le Débonnaire, ils furent attirés tout à la fois par le butin et par le peu de résistance, et vinrent avec de nouvelles forces et à des reprises fréquentes pendant celui de Charles le Chauve. Dès l'an 84 1, ils remontèrent la Seine, ravagèrent tout le pays jusqu'à Rouen, surprirent cette ville et la pillèrent. En 843 , ils surprirent encore Nantes , dévastèrent l'Anjou et la Touraine, commirent de pareils désordres en Guienne;et, s'étant emparés d'une île , ils s'y établirent pour y passer l'hiver. L'année suivante, ils firent une descente en Angleterre où ils . ne causèrent pas de moindres maux; ils revinrent ensuite en France , entrèrent par l'embouchure de la Garonne, et désolèrent
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tout \v j>a\sjn.s(jiraiix environs dcTonlonscDeià ils entreprirent de se répandre snr les cotes d'Espagne, mais ils furent repoussés partout..
En 845 ils remontèrent TElbe, pillèrent Hambourg, et leur chef, Éric ^, roi i de Danemarck , gagna deux batailles sur les troupes germaniques. La même année Régnier, un des pirates de ce roi, entra dans la Seine avec une flotte de cent vingt voiles, pilla Rouen uoe seconde fois, vint jusqu'à Paris; trouva cette ville, aj^jindonnée, e^ la brûla. Cbarles, retranché à Saint-Denis, crut acheter la paix en donnant à ces barbares mille livres pesant d'argent; mais il n'acheta p9ur le moment que leur retraite , et ils ne.se retirèrent que pour revenir. En effet ils ne cessèren£ de porter la désolation jusque dans l'intérieur de la France; ils s'établirent en plusieurs endroits, et Pépin s'unit à eux pour ravager l'Aquitaine , qu'il ne pouvait pas conserver. Je ne m'arrête pas sur ces guerres. Il nous suffira de remarquer le^ principaux événemens, et de chercher ensuite dans la conduite de Charles la cause de la faiblessjB et des malheurs de la France.
Charles éprouvait encore d'autres revers; car chwi„.,i
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et il fut obligé de céder l'Aquitaine à Pépin. Tout contribuait donc à rendre spi> , gouvernement odieux au peuple qu'il ne savait pas défendre, et méprisable aux grands qui pouvaient se faire
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craindre. Il était en quelque sorte sans puissance entre le clergé, qui s'était arrogé le droit de déposer les rois , et la noblesse , qui devenait tous les jours plus indépendante. Dans la nécessité de ménager ces deux corps, il ne pouvait ni refuser aux évêques la restitution des biens usurpés sur l'Église, ni l'ordonner aux seigneurs qui les avaient envahis, ou à qui lui-même il les avait quelquefois donnés. C'était cependant là une source intarissable de plaintes et de murmures. Des conciles se tenaient sans qu'on eût seulement daigné prendre son agrément, et, s'il convoquait des assemblées, elles aigrissaient les esprits et ne terminaient rien. Cependant les Normands continuaient leurs ravages, les Bretons eurent de nouveaux succès; l'Aquitaine, qui était soumise, se souleva, et Charles se vit presque abandonné. Il semble que l'hommage que les seigneurs rendaient encore n'était plus qu'une formalité qui n'obligeait à rien : ils s'éloignaient de la cour, ils dédaignaient de venir aux assemblées, et ils refusaient le service militaire.