partie de leur
armée périt dans saicut par des vucs particulières , et que chacun
les diernins. r 1 ' x
d'eux, songeant à former quelque part de nouveaux établissemens , la Terre-Sainte n'était plus que le prétexte de la guerre. Ils s'engagèrent imprudemment dans des chemins où la disette d'eau et de vivres en firent mourir un si grand nombre , que lorsqu'ils arrivèrent près d'Antioche l'armée était réduite à moins de la moitié.
Il y avait neuf mois qu'on assiégeait cette place, lorsqu'on pouvait s'en rendre maître par les intelligences que Boémond s'était ménagées; mais il voulait auparavant qu'on promît de la lui céder; et le comte de Toulouse , qui la voulait pour luimême, s'y opposait. Cependant l'armée diminuait tous les jours par les maladies qu'occasionaient les pluies, la chaleur et la famine. Un grand nombre de croisés las de souffrir s'était déjà même retiré , et un des généraux du sultan de Perse amenait deux cent mille hommes au secours d'Antioche. Il fallut donc accorder à Boémond tout ce ,^, qu'il voulait, malgré les oppositions du comte de Toulouse, et la vil'e fut pris^e ; mais il restait à forcer la citadelle, et à se défendre contre les Perses.
Siège d'An tioche.
• Les croisés , tout à la fois assiégea us et. assiégés, se trouvèrent dans la plus cruelle situation : ils manquaient de tout. Des che& même abandonnèrent Tentreprise, et Pierre rilermite fut des premiers à prendre la fuite.
Alors un prêtre, nommé Pierre Barlhclcmy , rnw*» publia que Jésus-Christ lui avait révélé que si les chrétiens passaient trois jours dans le jeûne et dans la prière, ils trouveraient le fer de la lance qui lui avait percé le côté ; que par ce fer ils seraient vainqueurs des ennemis. Les croisés, qui manquaient de vivres , n'eurent pas de peine à jeûner , et Barthélémy n*en eut pas davantage à leur faire trouver un fer. Cependant les chefs profitèrent de la confiance que cette fraude pi<^ise rendit aux soldats , et les Perses furent vaincus.
Cette conquête ouvrit la Syrie aux croisés qui, Pri»ti»i4rmaprès s'être assurés de plusieurs villes, vinrent mettre le siège devant Jérusalem. Ils forcèrent ,„^ cette place le quarantième joiu*, égorgèrent tous les musulmans sans distinction d'âge ni de sexe , cherchèrent jusque dans les souterrains ceux qui se dérobaient à la mort, et se rendireiTt à pieds nus au saint sépulcre.
Godefroi de Bouillon fut élu roi de Jérusalem; Go*froi ••
• BoailloaetiA»
mai^ le légat d'Aimbert, choisi pour patriarche, f;i|**Jiî;^ voulant cette ville pour lui, prétendit qu'elle de- IL p"riirriir. vait être donnée à Dieu; et en effet il fallut la donner à d'Aimbert. Il ne resta presque à Gode-
froi qu'un titre, pour lequel encore il voulut recevoir l'investiture des mains du patriarche. Il est à remarquer que les croisés n'eurent point d'égard aux droits des évéques qu'ils trouvèrent dans les villes conquises , et qu'ils ne se souvinrent pas non plus des engagemens qu'ils avaient contractés -avec Alexis.
Ladivisionde» Lcs scigucurs qui n'eurent point de principauté
musulmans ta- *■ 1 1 r
r;i'prhe's'" d"; ^^^ ^^^ie repassèrent en Europe, et Godefroi resta avec trois cents chevaux et deux mille hommes d'infanterie. C'était bien peu pour se soutenir; mais la Syrie était divisée entre plusieurs souverains musulmans, qui n'étaient pas moins ennemis les uns des autres qu'ils l'étaient des chrétiens. Cette division avait facilité les succès des croisés ; et ces succès avaient répandu une consternation qui les faisait paraître redoutable malgré leur faiblesse.
.(H)9- . Urbain mourut avant d'avoir su la prise de
Cependant 1
"utitTrerTel Jérusalcm , et après avoir vu Henri se relever.
devoir '"' ' Ce prince avait des ressources dans l'adversité ; et ^ sans son humiliation à Canosse , on aurait pu dire qu'il ne s'est jamais abattu. Une partie des peuples avait ouvert les yeux, et plusieurs vassaux étaient revenus à lui ; mais le clergé s'opiniâtrait dans la révolte. Henri néanmoins sut si bien manier les esprit dans une diète qui se tint .099. à Mayence, que l'archevêque de* cette ville fut déposé, parce qu'il osait encore soutenir le parti
(tes rebelles. Daus une autre diète , tenue à Aix* la-Chapcllc, Conrad fut dt^claré inliabile à sucœder à Tempire; et Henri ^ second fils de Tempcreur, fut élu roi des Romains. Il jura de ne jamais prendre les armes contre son père; précaution bien étonnante, et qui devint inutile.
L'empereur parcourut ensuite l'Allemagne, visitant les places, rendant la justice, établissant des tribunaux, et faisant des lois pour rétablir l'ordre autant que les circonstances Cuvaient le permettre.
Une source des désordres était l'abus que le »iaî.j«»n4«. clergé faisait de son autorité. Comme il s'était at- '*'•*•'" ''*^''
tribu é à lui seul le droit de juger les clercs, il les laissait jouir de l'impunité, ou il ne les condamnait qu'à (les peines légères pour les plus grands crimes; et les laïcs étaient exposés aux excès de ces bommes , qui pouvaient tout et ne redoutaient rien,. Henri fit un règlement qui comprenait trois articles ; le premier, que les ecclésiastiques accusés d'un crime capital seraient jugés par un tribunal composé d'évéqueset de seigneiu*s de la province; le second, que les affaires ecclésiastiques qui intéressaient tout le peuple seraient immédiatement portées à ce tribunal ; le troisième , que sans le consentement des états de la province personne ne pourrait appeler à la cour de Rome, quand même il y serait cité par le pape. Une loi aussi juste et aussi sage souleva les évéques et les abbés,
qui s'adressèrent à Pascal II , successeur d'Urbain , et l'exhortèrent à la casser.
Pascal ivx- Clémeiit III était mort en iioo, après avoir
communie. ' *■
été chassé par les armes de Pascal; et trois autres antipapes s'étaient succédé et n'avaient fait que paraître. Le schisme était donc fini , et Pascal , maître du saint-siége , songeait à marcher sur les traces de Grégoire et d'Urbain. Il perdit un appui en iioi par la mort de Conrad; mais, comme il en trouvait un jjiiissant dans les dispositions du clergé d'Allemagne, il renouvela toutes les excommunications portées (Contre l'empereur.
Il porte Hen- Cct auathèmc fit alors peu d'impression sur les
riV àsere'volter
contre Sun père, scigucurs allemauds ; mais Henri, qui connaissait le pouvoir de ces censures sur des esprits portés à la rébellion et au fanatisme , entreprit d'en détourner les effets en publiant qu'il voulait céder l'empire à son fils , et marcher lui-même au secours des chrétiens de la Palestine. Ce dessein lui gagnait déjà l'affection des peuples, et même encore d'une partie du clergé; et tout était tranquille ,,o5. lorsque le roi Henri se hâta de prendre les armes à la sollicitation de Pascal, qui l'exhortait à secourir l'Eglise, c'est-à-dire à se révolter contre son père. Ce prince, soutenu par plusieurs seigneurs , se fit reconnaître dans la Saxe , et déclara dans un concile qu'il se soumettait au saint-siége, et qu'il était prêt de quitter les armes si son père voulait si soumettre.
L*empereur, ne voulant pas attendre (jiic la H«»i iv. révolte prît de nouvelles forces, convoqua une '^^^^ ** diète à Mayence, pour jtiger entre son fils et lui : le roi des Romains ptera ce coup. Comme il craignait que cette assemblée ne lui fut pas favorable, il feignit de rentrer dans le devoir , allant à son père avec confiance #et le priant les larmes aux yeux d'oublier le passé. L'empereur trompé se livra à son fils qui, l'ayant enfermé dans le château de Bingenheim, le fit déposer à Mayence. Ce malheureux prince, échappé de sa prison, trouva des sujets fidèles à Cologne et à Liège, même parmi le clergé qui combattit les prétentions de Rome. Il avait une armée; phisieurs seigneurs de l'empire étaient indignés de la conduite de son „rf. fils , et il pouvait s'attendre à une révolution favorable , lorsqu'il mourut à Liège , dans la cinquante-sixième année de son âge , et dans la cinquante-deuxième de son règne.