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coQStammeiil: ; elle détermine, par exemple, la possibilité des changemens : maisde ce qu'un changement est possible, il n'est pas actueL II faut donc reconnaître dans chaque substance une autre raison par où on puisse comprendre pourquoi et comment tel changement devient actuel plutôt que tout autre. Or cette raison, c'est ce que j'appelle ^/t:e. Il y a donc dans chaque monade une îbrce qui est le principe de tcfus les changemens qui lui arrivent, ou de toutes les perceptions qu'elle éprouve , et on peut définii* la substance ce qui a en soi le principe de« ses changemens.
Quoique la notion de la force soit du ressort de la métaphysique , elle n'en est pas moins intelligible. . Car chacun peut remarquer en luimême un effort continuel toutes les fois qu'il veut agir. Si, par exemple , je veux écrire et que quelqu'un me retienne la main , je fais continuellement effort, et cet effort produit l'action, dès qu'on rend la liberté à ma main ; en sorte que tant quel'efkirt continue, je continue d'écrire; et sitôt qu'il cesse, je cesse d'écrire. La fotce consiste donc dans un effort continuel pour a^r.
Ainsi, quand je parle de ta force des monades, je veux dire qu'il y a en elles un effort, une tendance continuelle à l'action, c'est-à-dire à produire en elles un changement en produisant une nouvelle perception. Car les changemens d'état n'étant que des perceptions , la force qui tepd à
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changer l'état, ne tend qa'à produire de nouvelles
perceptions'.'
' Mais puisque chaque être simple est un , sa
force est une également. Elle ne trouve donc rien
qui résiste à l'eifort qu'elle fait continuellement
pour agir. Elle doit par conséquent produire
sans cesse de nonveaux changemens. L'état des
monades change donc continuellement; elles
éprouvent donc sans cesse de nouvelles percep*
fions.
uancLE V.
De l*hariDoiiie préétablie.
Les phénomènes nous représentent de la liaison entre toutes les parties de l'univers; il y en a donc entre les êtres simples dont l'univers est formé. Si ces êtres agissaient les uns sur les autres, c'en serait assez pour faire imaginer de la liaison entre eux. Mais cela n'est pas : chacun a en particulier une force qui lui est propre , et cette force produit en lui une suite de changemens tout-à-fait indépendante des suites qui ont lieu dans les auti^es. Les monades dans ce système paraissent donc comme autant d'êtres isolés et qui n'ont point de liaison. Les corps par conséquent n'en ont pas davantage entre eux ni avec les monades dominantes avec lesquelles je ferai voir qu'ils sont unis.
* Cette force, cette tendance à l'action^ Leibnitz TappeUe «ncore appétk.
Cependant rien n'empêche que les suites de changement n'aient des rapports entre elles, et ne se combinent pour tendre à une fin commune, dans le même ordre que si les êtres agissaient réellement les uns sur les. autres. Dès lors on conçoit entre toutes les parties de l'unirers une harmonie qui en fait toute la liaison.
Mon âme, par exemple, ou la monade qui domine sur mon corps éprouve successivement différentes perceptions et elle les éprouverait également et dans le même ordre, quand elle ne serait unie à aucun corps. Mon corps sans en re* cevoir aucune influence change aussi continuellement d'état , et ses changemens ne sont que l'effet de son mécanisme. En un mot tout se fait dans l'âme comme s'il n'y avait point de corps , et tout se fait dans le corps comme s'il n'y avait point d'âme. Mais il y a de l'harmonie entre ces deux substances , parce que leurs changemens se répondent aussi exactement que si elles veillaient à leur conservation içutuelle en agissant l'une sur l'autre.
Dieu seul est la cause de* cette harmonie parce qu'il l'a préétablie. Ce n'est pas qu'il ait lui-même déterminé les changemens de l'une de ces deux substances pour les faire accorder avec ce qui devait se passer dans l'autre : mais il a consulté ce qui devait arriver à chaque substance possible, en vertu de la force qui lui est propre , et il a uni
DES SYSTÈMES. ijy
celles où cet accord devait se rencontFér. Supposez un habile mécanicien qui, prévoyant tout ce que vous ordonnerez demain à votre valet , fasse un automate qui exécutera vos ordres à point nommé. La même chose arrive dans le système de l'harmonie préétablie. Quand Dieu choisit le corps pour l'âme , le corps , par une suite de son mécanisme, exécute exacteipent les ordres. Quaiid l'âme est choisie pour le corps, elle parait obéir à soii tour, quoiqu'elle n'éprouve que les changemens que produit en elle la force qui lui est propre.
On imaginera l'harmonie de tout l'univers si on se représente entre toutes ses parties là même correspondance qu'entre mon corps et mon âme. Mais pour rendre la chose plus sensible, réalisons avec les cartésiens le phénomène du plein. Dans cette hypothèse, le moindre mouvement doit se communiquer à toute distance; et l'action d'un Corps sur un de nos organes ne peut se borner à être seulement une impression de ce corps, elle doit encore être une impression de tous les corps de l'univers. Par-là toutes les parties du monde coexistent et se succèdent de manière que le monde entier, c'est-à-dire qu'aucun corps n'a une certaine figure, ni une certaine quantité de mouvement que parce qu'il s'en trçuve une raison suffisante dans Fétat actuel de l'univers. Sans cela ce corps ne serait pas lié avec les autres, il ne fo* rait pas partie de ce monde.
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Or le phénomène du plein e^t parfaitement analogue à la réalité des choseï^; il en est la figure. Tout est donc lié dans la réalité comme tout le parait dans le plein.
Mais il faut bien se souvenir que cette liaison ne suppose pas une dépendance réelle entre les substances ; elle ne la suppose qu'idéale, et ce n'est que dans le sens populaire et en suivant les apparences qu'on peut dire qu'elles dépendent les unes des autres. C'est ainsi qu'on dit avec le peuple, le soleil se lève^ se couche , quoiqu'on pense avec Copernic que la terre tourne.
Les monades étant ii\dépendantes les unes des autres, existent dans le vrai une à une. 11 n'y a donc rien dans la réalité des choses qui soit com* posé, ni rien par conséquent qui iaérite le nom de tout non plus que celui de partie. Ce qu'on appelle tCMt et panier sont des phénomènes ren* fermés dans la notion du corps et qui résultait uniquement de l'harmonie préétablie entre les monades.
Transportez-vous dans un concert et considérez les sons comme répandw dans l'air et existans indépendamment les uns des autres, vous ne concevez point de liaison entre eux. Considérez-les ensuite par le rapport qu'ils ont à votre organe, aussitôt vous les voyez se lier et former des tons harmoniques. Il en est de même de tous les phénomènes de l'univers.
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