ARTICLE VI
De la nature des êtres.
La force particulière à un être simple , je l'appelle la nature de cet être : tous les changemens qui arrivent à un être sont donc une suite de sa nature. Ainsi que de l'aggrégat de pluisieurs xoxh nades naît le phénomène du corps, des forcc9 combinées de ces mêmes monades résulte un autre phénomène, c'est celui de sa force motrice. Cette force est dono^la nature du corps , c'est-à-dire, qu'elle est le principe de tous les changemens qui se £Dnt dans le phénomène de l'étendue mobile et impénétrable.
Cette force se conserve toujours la même dans chaque corps, le repos même ne peut l'altérer. Car un corps ne saurait être un in'stant sans réunir toutes les forces des êtres simples dont il est l'aggrégat. Il y a donc toujours dans l'univers une même quantité de force.
Quoique les forces de tous les corps tendent à une même fin, elles n'y tendent pas toutes ég^-/ lement. Elles paraissent se faire obstacle les unes sca% autres et c'est-là ce qui produit le phénomène de la force d'inertie ou de résistance.
Ainsi pour rendre la notion du corps complète» il faut ajouter aux idées d'étendue, de mobilité et d'impénétrabilité, celle de force motrice et celle
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de force d'inertie. Un corps est donc un aggrégat d'êtres simples qui par l'ordre qu'ils conservent entre eux^ prodoisem les phénomènes de l'étendue, de la mobilité, de Timpénétrabilité , delà force motrice et de la force d'inertie.
Si on fait abstration de la force motrice, on aura l'idée de la matière, c'est-à-dire d'une substance étendue, mobile, impénétrable et douée d'une force d'inertie.
Enfin cousidérons la réunion de toutes les forces motrices , et nous aurons la nature imiverselle, c'est-à-dire le principe de tous les phénomènes de l'univers.
Le système des cartésiens est peu philosophique. Au lieu d'expliquer les choses par des causes naturelles, ils font à chaque instant descendre Dieu dans la machine, et chaque effet paraît produit comme par miracle. Ici Dieu s'en tient à" créer et à conserver les êtres simples, il abandonne le reste à la nature. C'est la nature qui dans chaque corps, dans l'univers entier, est le principe de tout. Elle est comme un ouvrier qui travaille sur la matière qu'il trouve toute créée. Dieu donne sans cesse l'a'ctualité aux êtres simples, et sans cesse la nature produit l'éteudue, le mouvement et les autres phénomènes.