SEPTIÈME EXEMPLE
Tiré d'un ouvrage qui a pour titre : de la Prémotion pfysiqae, ou de r action de Dieu sur les créatures.
Ce n'est pas assez d'avoir recours à la matière pour se faire une idée de l'esprit, ou à l'esprit pour se faire une idée de la matière. Cela pouvàî!t suffire à Mallebranche et à Leibnitz ; mais voici un philosophe qui se met plus à son aise. Dans la vue de rendre raison de l'origine et de la génération de nos connaissances et de nos amours^ il établit trois principes. Par le premier, il prétend que toutes nos connaissances et tous noà autours sont autant d'êtres distincts. Par le se»
j5ç TKÂlTi
çq^dj il yeut que nous »*4cquérions dç npuveUcç CQuns^issances , et que oous ne £3rmion3 dç nouvfgux amours 9 qu'autant quç Pieu en crée l'être ppui; rajouter à celui de AOtpe âmç; et par le ^pisième (imaginé afin de maintenir l'activité 4e l'âme, que \^$ deux autres paraissent délire), il tâche de faire voir que Dieu, ^n qré^nt de nouveaux êtres de connaissance ou 4'amQur, sç $ert du premier être de qptre ime pour Ip fairç concourir à cette création.
Je ne suivrai p^ ces principes dans toutes leurs conséquences; j'examinerai seulement s'ils n'ont pas les défauts ordinaires à tons les principes abstraits. L'auteur raispnne ainsi pour établir le premier.
La matière , ditnl » acquiert, de nouvelles modalités , sans acquérir de nouveaux degrés d'être. Cette boule de cire devient, entre mes doigts, triangulaire ou carrée. Mais ces figures ne sont pa^ des êtres différons des parties de là cire, elles ff'en sont que les parties disposées différemment, j^.yariété se trouve donc uniqu^x^^t dans la situation des. parties , et les êtres, apnt tpujoii?s If^ mêmes et en égs^l nombre^
]Vt£|is je i^e dois p^ raisonner de m^mç dç xi^qn ê^^. JgUe est simple, elle n,'^ point de parties- C^ i^'est doue pas le dijï^reQt aR^pgçixi^pt des pairtijçs qi^ fait ses modalités e^ ses actions. di|f<^entes, cpnuprie il fait les dî(fére|)|€is mpd^Ut^ du oorps».
jms ststAmes. i8i
Il faut par conséquent que les modalité^ de l'âtoe soient différens degrés d'être^ c'est^à^-dire que Dieu y qui ne la conserre que parce qu'il la crée à chaque instant, la produit, tantôt avec certain degré d'être, tantôt avec un autre; et que, lors^ que sans dépouiller Tâme de ce qu'elle avait , il loi ajoute de nouvelles modalités, ce sont à» nouveaux degrés d'être qu'il lui ajoute, *
. ' Quand on passe, dit encore cet écrivain, d'une moindre connaissance à une connaissance plus étendue, de l'indifférence à l'amour, de la doaleur au plaisir, l'âme ne demeure pas la même } elle ne passe pas du néant au néant ^ son chan« gement est réei. Cependant, puisqu'elle est simjble, elle ixe peut réellement changer qu'aut^uit qu'elle reçoit quelque degré d'être nouveau , ou qu'elle perd quelque degré d'être ancien; car je ne com^ cois, ajoute-t-il, des modalités réellement ;dif£é**' rentes dans un même être, qu'en deux manières: l'une, par le différent arrangement des paiffies, ce qui ne. convient qu'à la matière; l'autre^ par deB degrés d'être ajoutés ou r^arailchés, ce qui doit convenir à l'âme. '
C'est de ces raisons, étendues plus ou moins ^ que cet auteur a conclu que toutes nos connaisfsânees , t<>us nos amours , tous nos degrés de connaissance, tous nos degrés .d'aittour sont ai^itant d'êtres ou de degrés d'être, ce dont il se sert cosmne d'un priniîipe incontestable.
i5a ïRArri
Quaqd je suis bien rempli de ce système , je me fais un vrai plaisir d'ouvrir, de fermer et de rouvrir sans cesse les yeux. D'un clin d'œil , je produis, J'anéantis, et je reproduis des êtres sans nombre. Jl semble encore qu'à tout ce que j'en-, tends 9 je sente grossir mon être : si j'apprends ^ par exemple, que dans une bataille il est resté ^ix mille hommes sur la place, dans le moment mon âme augmente de dix mille degrés d'êtres, un pour chaque homme tué. Si elle n'augmentait que de neuf mille neuf cent quatre-vingt*dix-*neuf degrés, je ne saurais pas que le dix millième a péri; car la connaissance de la mort de ce dix millième n'est pas uru néants un rien , une chi' mère, c^est un être, une réalité ^ un degré d'être; tant il est vrai que dans ce système mon âme fait son profit de tout. Il y a là bien de la philosophie.
C'est grand dommage que ce système soit inintelligible ; c'est dommage que l'auteur ne puisse donner aucune idée de ces êtres qu'il fait si fort valoir, et qu'il multiplie avec tant de prodigalité. Comprenons -nous qu'à chaque instant de nouveau^ êtres soient ajoutés à notre substance, et ne fassent avec elle qu'un seul être indivisible? Comprenons-nous qu'on, puisse retrancher quelque chose d'une substance qui n'est pas composée , ou qu'on lui puisse ajouter quelque chose sans (Qu'elle perde de sa simplicité ? Je ne conçois pas,
DES STSTÈMES. l53
direz-YouSy que la chose puisse se ùàre autrement. Je le veux : mais concevez vous qu'elle puisse se ÉBiire comme vous le dites? Avez -vous quelque idée de ces entités ajoutées à Tâme , qui , sans lui ôter sa simplicité ^ l'augmenteraient des millions de fois ? Non sans doute. 11 vaudrait donc autant laisser la question sans la résoudre que de le faire d'une façon où nous ne comprenons rien ni l'un
^ ni l'autre.
Mais passons au second principe. L'auteur va, prouver que c'^st Dieu qui crée tous les êtres dont notre âme peut augmenter à chaque instant. On ne donne point, dit-il^ ce qu'on n'a point, ni par conséquent plus qu'on n'a; ou, pour le rendre autrement, açec le moins on ne fait pas le plus. De là il infère qu'une intelligence créée n'augmentera jamais toute seule son être; que
. n'ayant, par exemple, que quatre degrés d'être dans le moment Â, elle ne s'en donnera pas un cinquième dans le moment B : car elle se donnerait ce qu'elle n'a point, elle donnerait plus qu'elle n'a ; avec le moins elle ferait le plus. Si elle n'a donc, dans le moment A, que la puissance de connaître et d'aimer, elle ne formera pas toute seule, dans le moment B, un acte de connaissance ou d'amour, pui^^e par la supposition, cet acte est un. être qu'elle n'a pas.
L'auteur entend et retourne ce raisonnement de mille manières différentes^ et il lui applique
1 54 TRAiri
enoove cet autre principe qu^une cause daitcon* tenir son effeU Or un esprit qui n'a pas une con-naissance ne la contient pas; donc il ne se la donnera pas tout seul. Si, par exemple , il n'a qu'une connaissance, il ne fera jamais tout seul un jugement ni un raisonnement ; car, pour un }ngement, il faut deux connaissances, et trois pour un raisonnement. Or un ne contient pas deux, il ne contient pas trois. Un esprit qui n'a 9 qu'une connaissance ne s'en donnera donc, pas
tout seul une seconde ni une troisième.
Cet écrivain raisonne de la même manière sut les différens amours qui naissent dans le cœur humain, et conclut que Tâme n'acquiert une connaissance, et ne ferme un 24Aie d'amour que quand Dieu crée rétre de l'un et de l'autre et l'ajoute à sa substance*
La première fois que je fis l'extrait .de ce sysh tème, j'appliquais^ sans m'en apercevoir, à la puis* sance , ce que son auteur ne dit que de l'acte^ et je concluais que l'âme ne peut pas se donner un acte de connaiâsance ou d'amour. Je ne sus par quelle distraction cette méprise m'était (échappée, car je croyais avoir lu ce système avec attention. Je travaillai à un nouvel extrait, mais je remarquai qu'il £siUait mte tenir sur mes gardes pour ne pas retomber dansi>la même faute. J'en cherchai la cause et je; crus la. découvrir^ lorsqu'ea repassaift sur 1^ principes , il me parut aussi nalorel
tj^HftiAM^HaMMita
DBS $Y5TàMES. * l55
d'en înféi^r qw l'âmç ne pourrait se donner une çonnaîssancç ni un anK>ur, que d'en conduM seulement qu'elle ne se donnerait ni l'un ni l'autre. Sij disais'^^je, pn ne donne pas ce qu'on n'a pas, si pn ne donne pas plys qu'on n'a , si avec le moins on ne fait pas le plus, si une cause doit contenir son effet; donc l'âme qui n'a pas une telle con* naissance ni un tel amoyr, qui a moins que eett» connaissance et que cet amour, qui ne contient ni cette connaissance ni cet amour, ne pourra se donner ni l'un ni l'autre . Si ces principes sont vraia^ on ne donne point ce qu *on n* a point , on ne donne pas plus qv^on na^avec le moins on nefaitpdsle plus : ceux^^^i i^e le paraissent pas moins, on ne peut pas donner ce qu'ion n*apas^ on ne peut pas donner plus qu^on n'a y oA^ec le moins on ne peut pas faire le plus : d'où certainement on peut conclure que Vême ne pourra pas se donner une connaissance ni un amour qu'ellen'a point encore. . Je continuais et je disais : Non-seulement l'âme ne se donnera toute seule ni l'un ni l'autre, elle ne se les donnera pas mêoie avee le secours de Di^Wj elle ne concourra pas à leur production. Pour concourir, il ne si\f£it pas qu'^eUe produise en partie l'acte de connaissance ou celui d'amovr^ il faul qu'elle le prodmse en entier, et qu'elle soit ^ause totale ainsi que Dieu^Mais, si on ne dosme point ce qu'on n'a point, comment concourra-ton à donnet en entier ce qu'on n'a point? Si on
l56 TRAITE
ne donne pas plus qu'on n'a ^ si avec le moins on ne fait pas le plus, comment concourra -t- on à donner en entier ce qu'on n'a qu'en partie? J'eus recours à l'auteur parce que dans la vue d'accorder son système avec l'activité de l'âme , il tâche plusieurs fois de satisfaire à cette difficulté. Il va donc entreprendre de prouver que Dieu, en créant en nous un nouvel être de connaissance ou d'amour, se sert des degrés d'être qu'il trouve dans notre âme, et les fait concourir à cette production. C'est son troisième principece On conçoit , dit-il ', sans beaucoup de peine « que Dieu opérant dans l'âme tout ce qu'elle a a d'être, de connaissance ou d'amour, met en œuvre « les degrés d'être qui y sont déjà, et fait en sorte « qu'un de ces degrés influe réellement dans la « production d'un autre; qu'une ancienne con- « naissance influe dans la production d'une nou- « velle; que les degrés qui étaient déjà dans l'âme, ce coopèrent et contribuent avec ce que Dieu y tt ajoute pour former une nouvelle action ; qu'en « un mot. Dieu donnant à l'âme tout ce qu'elle a ce de réalité , il fasse néanmoins que ses actions «î soient réellement , physiquement , immédiate- « ment produites par l'âme même. »
Il tâche encore d'expliquer la chose de la manière suivante : «Dieu, dit- il, tire du fond de
* Tom. I , pag. 19 et a5.
« notre âme un nouveau degré de connaissance , « qui s'unit , qui s'incorpore avec l'ancien, qui le « développe, qui le dilate. Car, ce qui est fort à « remarquer, ce nouveau degré n'est que le dévea loppement de l'ancien. Mais, ce qui fournit ce a nouveau degré, c'est l'attention actuelle et la « connaissance réfléchie , qui par4à coopèrent et « contribuent à cette connaissance nouvelle.
ce La même chose, continue-t-il, se doit dire de « l'amour. Lorsque nous aimons u^ bien comme ce notre fin , et qu'il s'agit d'augmenter cet amour, ce les anciens degrés d'amour contribuent à former « le plus grand amour. C'est l'amour réfléchi , je « veux dire, la volonté d'aimer, ou l'amour de l'a- <c mour, qui fournit et qui fait usage de ces anciens a degrés. ».
Il apporte pour exemple l'amour de Dieu ' , et il fait remarquer qu'avant de le former, nous trouvons en nous l'idée de l'être infiniment partit, et qu'en aimant les créatures mêmes, nous aimons plusieurs de3 perfections de la divinité. Nous voudrions, dit -il, posséder les créatures véritablement, éternellement, immuablement, infiniment. Nous aimons donc la vérité , l'éternité, l'immutabilité, l'infinité; et il ne nous manque plus qu'à aimer les autres perfections de Dieu, telles que sa justice et sa sainteté. Or^ pour
' Tom. u,pag« 196.
1 58 TRAiri
nous donner ces derniets amours , Dieu ne détruit pas les premiers- qui sont bons en qualité d'êtres. Il s'en sert au contraire , aussi bien que de ridée de l'être infiniment parfait, et il produit par eux et par cette idée ce qui manque à ces amours pour devenir l'amour de Dieu.
Enfin il cherche une dernière solution à cette difficulté dans l'idée de l'être infiniment parfait. Il croit qu'il suffit de considérer cette idée, pour apercevoir comment nos premières connaissances influent dans les dernières. <c Puisque nous con- « naissons, dit-il*, le fini par l'infini, toutes cr .nos connaissances se réunissent dans celles de ac l'être des êtres.' Ainsi , quand Dieu nous donne a une nouvelle connaissance, il ne la place pas « dans l'âme , comme détachée et itidépendante « de cette idée primitive ; il la tire de cette conct naissance foncière ; il fait que cette idée innée « s'étend , se développe et s'augmeûté ; et il fait, « par ce moyen, que l'âme est une causé véri- « table, réelle et efficiente. *
Ces réponses me donnèrent une nouvelle matière à réflexions. Oui, dis-je, je conçois sans beaucoup de peine qu'une connaissance et un amour peuvent contribuer, et contribuent en effet à une autre connaissance et à un autre BjûCmr : mais ce n'est que lorsque je consulté Tex-
■ Tom. n, pag. i36.
DES SYSTÈMES. f l5â
périenoe , qui me le rend tou; tes jours sensible. Au contraii^e dans vos principes la chose lae parait tout«4i<-£siit inconcevable. '
Mon âme ( je le suppose avec vous ) n*a que quatre degrés d*étre dans le moment A ; il s'agit qu^elle en ait cinq dans le moment B. Or elle n'a point ce cinquième degré ; aucun des quatre premiers ne le contient : donc, ni elle ni les quatre premiers degrés ne formeront le cinquième , si Dieu ne le produit lui-même : vous en convenez. Mais j'ajoute que Dieu , en le créant, ne fera pas qu'elle se; le donne , ou qu'elle concoure k sa production; car Dieu emploierait inutilement sa toute-puissance pour me faire donner ce que je n'ai pas. Dieu ne saurait faire qu'un principe vrai devienne faux ; ce qui pourtant arriverait s'il dépendait de lui que l'âme se donnât ce qu'elle n'a pas , ou plus qu'elle n'a.
Plus je repasse vos paroles , plus je trouve de difficultés. Dieu y dites-vous, met en ceuvre tes premiers degrés cTêtre qui sont déjà dans lame. Ne croîratt-on pas , à ce langage , qu'il n'y a que lui qui agisse, et que les premiers êtres sont entre les mains de Dieu comme quelque chose <le purement passif, comme l'argile entre les mains du potier. Vous ajoutez que Dieu fait en sorte que les degrés qui étaient anciennement dans Vâme^ coopèrent et contribuent avec ce que Dieu X ajoute y pour former une nouvelle action. Te
novpk d'amour^ il ii'en aurait pas plus le pquvoii' de |rui3er dans oion aiae ce qui, suivant .'Vos principes^ ne s'y trouve point. D'ailleurs cette attention actuelle) cette connaissance réfléchie^ cet aroour de l'amour, selon vous , sont autant d'êtres. Qr, Je denjiande comment l'âme a contribué k leur création. Aurez- vous encore recours à une attention, à une réflexion et à un amour qui aient précédé?
Quant à l'exemple que vquâ allez chercher dans l'amour de Dieu (exemple plus propre à i^curcir votre sujet qu'à l'édaircir), |e.vou$ passe que nou& aimions Dieu en aimaoft les créa* tares., je veux que nous aimions l'immutabilité , l'éternité, etc., quoique cette manière de rai-r sonner me paraiss^e plii^ recherchée que solide ; au moins est-il, certain que nous n'aimons pas alors toutes les perfections de la^ Divinité. Que pouvez -vous donc raisonnablement conclure, sipon que les premiers amours entreront dans la Qpmpositipu de l'amour de Dieu, des que celui-ci occupera notre cœqr? Mais ce p'est pas assez, k yotre gré; vous voulez encore que l'amoixr df l'immutabilité et de l'éternité produise l'amour de la sainteté et de la bonté, quoiqu'il n'en rerr* ^erme pas la réalité, et qu'une cause, selon vos principes^*; doive .contenir tout l'être de son effet,
Jl pj^ f^utpa^,,ti^re?i-vous,ra^is9ix^ej(;; çu^^ comwe sup la ^majtiere- ,Plu?if VJSt parjtiçs ji^ ma-
D]£S SrBTÈMES. l63
tière Mrtirent dans la cooiposîtion d'an eovpi:, mais elles n'influe&t pas les unes dans le^ autres^ Il ti*^n est pas de même de l'âme; elle esl simple , et du nouveau degré de connaissance ou d'amotir avec Tancien, il ne se forme qu'un seul être. Mais pourquoi et comment cette simplicité peut^ elle faire qu'un premier deg^é d'étte influe dans le second et le produise tout entier? C'esjt, H* pondrez-Tous, que celui-ci n'est que le dével^ panent de celui-là , et qu'il y a un commerce réel et une véritable et substantielle communication de Vun à Vautre.
Voilà des mots qui val^fM sans d<(Hite une dé*" monsiration. Je pourrais cependant demander si ce commerce et cette communication se trouvent entre ce$ êtres avant ou après la production des nouveaux, ou dans le moment même de leur <a^ation. 8i c'est avant, comment peut41 y avoû^ quelque eommerce et quelque communication entre des êtres qui existent et des êtres qui n'exis^ t^cit pas? Si c'est après, les nouveaux sont donc déjà produits. Par conséquent ce oomtnw ce et cette communication viennent trop tard pour £iire influer les premiers dans la production des dernici^* Enfin , si c'est dans le moment manne de la création que vous prétendez étlifalir ce oommerce entre les um et les autres , bien loin qU'on puisse le regarder comme une influence de ia part des anciens, il suppose, au contr^àlre^ lesi
'• il64 TRAITÉ
^uveaux ' produits ;par un prinâpe étranger à noviA* . Avoir cémmerce avec un être , ou coritri- ^btkÇKià sa création^ sont deux choses bien diffé-
. .wMais je ne veux pas insister : je ne dirai même rieurfclu pvincipe dont vous vous servez, que nous connaùsohs le , fini par V infini; c'est une erreur <jjti'^ produite le préjugé des idées innées. Je vous i!^i /seulement remarquer le langage que votre tiig«lgiil^tÎKQiavVous^ fait tenir. Des étires simples qui • •sétwdenty se dilatent, se développent, s'aug-r mentent et s'incorporent ensemble ; des créatures spirituelles qui , a'ayant que quatirq degrés d'çtre , lie : peuvent toutes s'en donner un cinquième , peuvieot cependant, en se dilatant, en s'étendant, eam développant, fournir^ avec ce que Dieu ajoute ,' ce cinquième degré ; peuvent , coopérer, par/leur attention actuellç, par leur coânatssaiice réfléchie^ par leur; amour réfléchi, par leur volonté id'aiper^. par leur amour de l'amour, à la pnoduction/entiâ'e :de ce nouvel être; peuvent dnfm. le tirer de leur pÈepre fonds où il n'était pas.;; des êtres simples dont on peut retrancher; et aucKiqaels on peut ajouter sans craindre de nuira à ^leun simplicité.. .1. Il ne vous manquait plus que de mettre -entre Les anciens^degrés d'être de l'âme et les. noilvieaux. qui • y sont produits , un cornmierce réel «t une véritable et substantielle com* municatâondes uns aux autres, r
DES SYSTÈMES. ïSB
C'est ainsi, .que je raisonnais , et qu*en voyant les embarras, les obs€(iu:^tés et les..coQtradictjloii|. de ce système , je me persuadais de plus ^en plus» que les principes abstraits ne sont point propres à éclairer Tesprit, et qu'il vaudrait mille Jbi^ mieux convenir qu'on ignore les choses, quel de» chercher à les connaître par lieur .moyen. : ^ . , i . r >
Je m'arrêtai, et je n'eus garde de suivre I'aU'î) teur de ce système dans les applioation^. qft'il fait de ses principes à la liberté et à la grâce; lOni ne saurait croire combien on a imaginé, à ce sajet^ de systèmes différens : tous portent sur des pxnni'. cipes abstraits. Pour juger de leurs abus, on .n'ai qu'à jeter les yeux sur les divisions qu'ils ont: causées dans l'Église, Que les théologiens ne sel bornent-ils à ce que la foi enseigne, et le&.pfadk^ sophes à ce que l'expérience apprend! ; ij j
fl ' . ' ..:i .1 'l*