AXIOME II
« Ce qui ne peut être conçu par un autre , doit « être conçu par soi-même. »
Cela serait vrai, s'il n'y avait pas des choses
DES SYSTEMES. ^ l8l
que nous ne concevons ni par elles-mêmes ni par d'autres.
Autant que je le puis comprendre , une chose est conçue par elle-même, quand on en a l'idée immédiatement ;%t elle l'est par une autre, quand l'idée en est renfermée dans celle d'une autre que l'on connaît. Or, de ce que l'idée d'une chose ne se trouve dans aucune des idées qu'on a déjà , il .'ne s'ensuit pas qu'on doive l'avoir immédiatejnent; on peut ne la point avoir du tout.
• . Ou Spinosa prend le mot de concevoir par rapport à nous, auquel cas il a tort de ne pas remarquer qu'il y a des choses que nous ne concevons pas, c'est-à*dire dont nous ne saurions nous for^ mer l'idée ; ou il prend ce mot par rapport à une intelligence qui embrasse tout et qui voit toutes choses telles qu'elles sont^ auquel cas ce second axiome est vrai ; mais ce n'est pas à Spinosa à en faire l'application.
Il y a deux langages qu'on devrait soigneusement distinguer : l'un s'applique aux choses , et ce serait celui de l'intelligence suprême; Tautre
' ne s'applique qu'à la manière dont nous les concevons, et c'est le seul dont nous devrions nous servir. Mais Spinosa les confond toujours. C'est une observation qu'il faudrait souvent répéter :
• ce sera assez de l'avoir faite à l'occasion de cet axiome. / .
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