‹ Œuvres complétes de Condillac (volume 4)Chapitre 29 sur 51 · PROPOSITION II · texte numérisé non relu

PROPOSITION II

a Deux substances qui ont des attributs diffé- « rens, n'ont rien de commun entre elles. »

Démonstration.

<i Cela est encore prouvé par la troisième défiée nitioir : car chaque substance doit être en elle- « même , et conçue par elle-même , ou la notion a de l'une ne renferme pas celle de l'autre. »

Spinosa suppose ici , comme dans le cinquième axiome, que de deux êtres qui ont quelque chose de commun, la notion de l'un renferme

celle de l'autre; elle ne la renferme cependant qu'en partie. Ainsi/ de ce que la notion de la substance, par la troisième définition, ne renferme pas la notion d'une autre chose, il ne s'ensuit pas que deu^ substances n^ont rien de commun ; il s'ensuit seuletnent que tout n'est pas commun entre elles^

Pour l'exactitude de la conséquence que tire ^inosa, il aurait fallu définir la substance, ce dont Vidée ne renferme rien de ce qui appartient à la notion d'une autre chose. Il paraît même que c'est là le sens que çù philosophe donne à sa dér finition. Par ce pdoyeu , il lui est aisé de prouver qu'il n'y a qu'une substance , car s'il y en fi¥ait plusieurs , ce ne âerait qu'autant qu'on Ips rap* porterait à un méine genre. Elles auraient donc quelque chose de commun.

Il faut répéter ici la remarque que nous avons faite sur la proposition précédente. Rien ne prouve encore qu'il y ait hors de nous quelque chose de conforme à la définition de la substance ; par con^ séquent cette définition ne peut servir à démontrer ce qui est commun <^ pu ce qifi n'est pas commun à deux substances , et la démoi^stration ne roule que isur des mots.

La notion de la substance, telle que nous l'a- Vous, est l'idée de quelques propriétés et mqdes qu/ç nops savons appartenir à un sujet dont la nature nous est inconnue. Ea ce sens, la notion

DES STSTÀHES. igi

d'une substance peut renfermer celle d'une autre substance , parce que nous pouvons nous représenter les propriétés et les modes dç l'une, par les propriétés et les modes de l'autre. Quoique , par exemple, l'essence de Tor nous soi( inconnue^ nous pouvons nous représenter les propriétés d'une particule d'or, paî* le^ propriétés d'une autre particule dont nous avons fait l'analise. Spinosa ne suppose qu'on ne peut pas se représenter une substance par une autre, que parce qu'U se fait de la substance une idée abstraite qui n'a de réalité que dans son imagination. C'est-là le principal vice de ses raisonnemens.

pRQPOsiTjoiy m.

éc De deux choses, l'une ne peut pas être cause «cde l'autre, sHl n'y a ri^ de comfnun entre

« «Uet . »

• Démonstration.

« S*ll n'y a rien de commun entre elles ; donc ft (axiome v), elles ne peuvent]être conçues l'une «par l'autre; donc (axiome iv), Tune nfe peut « être cause de l'autre. »

Cette démonstration suppose, par le quatrième axiome , que la connaissance d'un effet renferme la connaissance de sa cause,* comme la connaissance du mouvement renferme celle de Tétendue- Cela est faux : la démonstration est donc égale-* tnent fausse.

jg^ THÂlTÉ

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