PROPOSITION IV
(c si deux choses, ou davantage, sont distinctes, cr ou elles le sont par la diversité des attributs des « substances, ou par la diversité des affections des a substances. »
Démonstration .
(c Tout ce qui est, est en soi, ou dans un autre a (axiome i), c'est-à-dire (définition m et v), « que hors de l'entendement il n'y a que des suba stances et leurs affections. Il n'y a donc, hors a de l'entendement, que les substances, ou, ce «t qui revient au même (axiome iv), que leurs « attributs et leurs affections, par où plusieurs « choses puissent être distinguées. y>
Enfin, Spinosa commence à supposer ^e ses définitions de mot sont dévenus des définitions de chose. Il ny a, dit -il, hors de V entendement ^ par la III et V définitiori , que des sul^stances et leurs affections. Cela est vrai, si ses définitions expliquent les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes : mais, si elles ne renferment que certaines idées qu'il Im a plu d'attacher à certains sons, par quelle règle s'imagine-t-il pouvoir par elles juger de la nature même des êtres ? Il lui est libre de Êiire toutes les abstractions qu'il veut ; la difficulté, c'est de passer de là à la nature des choses. Pour peu qu'on l'observe dans ce pas-
sage, on remarquera facilement le faible de son système.
PROPOSlTIOIf V.
« Il ne peut pas y avoir, dans la nature , deux « substances , ou davantage , d'une même nature « 01^ d'un même attribut. »
Démonstration,
« S*il y en a vait^ plusieurs, elles seraient dis- « tinguées par la diversité des attributs , ou par a la diversité des affections ( Propos, précéd. ). Si a elles ne Tétaient que par la diversité des attrit buts , il n'y en aurait donc qu'une du même at- « tribut. Mais veut-on qu'elles le soient par la ce diversité des affections? En ce cas, comme la ce substance est de nature antérieure à ses affec- <K tions ( Propos. ï), les affections mises à part, et <c la substance considérée en elle-même, c'est-àa dire ( Définit, m et vi ) , considérée comme elle « doit l'être, on ne pourra pas concevoii* une subsa tance distincte d'une autre , c'est-à-dire ( Prbp. «t précéd.), qu'il ne pourra pas y en avoir pluie sieurs, il n'y en am»a qu'une seule. »
Je remarque, premièrement, que non -seulement des substances pourraient être distinguées par la diversité des attributs, ou par la diversité des affections, mais peut-être numériquement; c'est-à-dire qu'il pourrait peut-être y avoir des