‹ Œuvres complétes de Condillac (volume 4)Chapitre 4 sur 51 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des abus des Systèmes abstraiCit^

Si je voulais réduire en système une matière dont j'aurais approfondi tous les détails Je n'aurai» qu'à remarquer les rapports de ses différentes parties , et à saisir ceux où elles seraient dans une si grande liaison que les premières connues suffiraient pour rendre raison des autres. Dès lors j'aurais des principes dont l'application serait si bien déterminée , qu'il ne serait pas possible de les restreindre, ni de les étendre à des cas d'un€ nature différente. Mais, quand on veut bâtir un système sur une matière dont les détails sont totalement inconnus, comment fixer l'étendue des principes? Et, quand les principes sont vagues, comment les expressions auront -elles quelque précision? Si, cependant, bien prévenu que je ne puisse acquérir des connaissances .que par cette voie, je m'y livre tout entier; si je pose principe sur principe; si je tire conséquences sur conséquences , bientôt m*en imposant à moimême , j'admirerai la fécondité de cette méthode; je m'applaudirai de mes prétendues découvertes,

^^^^^i^i*r«^iv^Wi«aiP^^^i^HV««li«iPlHMH^^H|^^^^pV^^SBV-'V-^

DBS SYSTEMES. ^^

et je fiç dQqtdwi p«3^ u» TOtgmt de ^ ^qIVJU^ 4q mon système : le^ principes m'ej^ p^raîtrQ^t ^^ tiirel^ , le§ expr^s^^iqns^ ^impies ^ çUires qT; préfixes, et }e$ conséquences parfâitemçi^t biçn ^ii*^%, Ainsi, le premier ^us d^^ sy^ièrjf^es, ç^lui ^uî e»t la source. 4^ beaucoup d'^qt:re^y c'est q^ç 9pu^ croyons ^qMérif d^ vérita^bles coaypi^sr saqces, lorsque no$ pepsées ne fpulea^ q\i§ ^uç 4f ^ piots qui n'ont point de ^en^ déterminé.

3ien plus, c'esjt que 9 prévenus par la li^Uit^ &% par la fécondité de cette p[iétho4e ^ noi^s ne ^fir geon$ pas k rappeler ^ l'exan^en }es priQçipe^ ^X* lesquels nous avon^ raisonné. 4^p pontra^r^ ^ \^f^ persuadé^ qii'ils ^ont la source dç to^^tfe^ nq^ coxït paissaftç^ç, plus nous les çflE^ployqw, tf^^m «QPS ay4?ws de scrupule. Si nouç^ e^ çsiops 4pl**er, k qfteUlç vérité pWTrion^rUous préteudre? Yoil^ ç? qui a consacré pqtte maxjiAe singulière, cfx^'if aç faut pas tnettre le^ prii\çipfis ^ ^ qu^ftiçn : jp^xime d'uu abus d'autant plus grand , qu'il r'jt dL poû[\t d'.erreur où elle ne puisse entraîner.

Cet axiome, tout déraisonnable: qu'il e.^tj .unç fois adopté , il est naturel d.e peu^^r qy'pff ^^ ^^^^ pli*^ juger d'un système que par \^ wai;^ière dopf

il r^nd raison ^ p^i^^oniènes. Fut-iJ .fpftdé s^

I^ idjées les plûs dftires, sur les faits }e$ plus sùr^ s'il manque par cet endroit, il le faut rejeter; et on dpjJt adopter un sjrstème absurde , lor§q[u'i} explique tout. Tel est l'excès de raveugle^ww* PW

^i TRAITE

l'on est tombé : j'en donnerai pour exemple ce que Bayle a écrit sur le manichéisme.

« Les idées , dit-il % les plus sûres * et les plus a claires de l'ordre nous apprennent qu'un çtre « qui existe par lui-même , qui est nécessaire , qui « est éternel , doit être unique , infini , tout- puisce sant , et doué de toutes sortes de perfections, a Ainsi 9 en consultant ces idées, on ne trouve « rien de plus absurde que l'hypothèse de deux « principes éternels et indépendans l'un de l'autre, « dont l'un n'ait aucune bonté et puisse arrêter « les desseins de l'autre. Voilà ce que j'appelle « les raison a priori. Elles nous conduisent né- « cessairement à rejeter cette hypothèse, et à a n'admettre qu'un principe de toutes choses. S'il a ne fallait que cela pour la bonté d'un système, « le procès serait vidé à la confusion de Zoroastre « et de tous ses sectateurs. Mais il n'y a point de a système qui, pour être bon, n'ait ^besoin de ces « deux choses : l'une , que les idées en soient dis- « tiuctes; l'autre, qu'il puisse rendre raison des ff phénomènes. »

Ces deux choses sont en effet également essentielles. Si les idées claires et sûres ne suffisent pas pour expliquer les phénomènes, on n'en saurait faire un système ; on doit se borner à les re-

' Manichéens.

' Je mets en italique les expressions qu'il faut principalement remarquer.

DKS SYSTÈMES. 2 5

garder comme des vérités qui appartiennent à une science > dont on ne connaît encore qu'une petite partie. Si des idées sont absurdes , rien ne serait moins raisonnable que de les prendre pour principes ; ce serait vouloir expliquer des choses qu'on ne comprendrait pas, par d'autres dont on concevrait toute la fausseté. De-là il faudrait conclure qu'en supposant que le système de l'unité de principe ne suffise pas pour l'explication des phénomènes, ce n'est pas une raison d'admettre comme vrai celui des manichéens : il lui manque une condition essentielle.

Mais Bayle raisonne bien différemment. Dans le dessein de faire conclure cpi'il faut recourir atux lumières de la révélation pour ruiner le système des manichéens, comme s'il était nécessaire de la révélation pour détruire une opinion qu'il convient être contraire aux idées les plus ^claires et les plus sûres, il feint une dispute entre Mélissus et Zoroastre , et fait ainsi parler ce dernier :

« Vous xae surpassez dans la beauté des idées «. et dans les raisons a priori, et je vous surpasse « dans les explications des phénomènes et dans ce les raisons a posteriori; et, puisque le principal a /Caractère du bon système est d'être capable de « donner raison des expériences , et que la seule «incapacité de les expliquer est une preuve « qu'une hypothèse n'est point bonne, quelque « belle qu'elle paraisse d'ailleurs, demeurez d'ac-

:à6 TRAITA

« ccurd que JQ ^pp€ au but en admettant éeuM o priaqipe&y et que vous n'y fruppez paa, voiia ce qui n'en admettez qu'un. »

Bayle , en supposant que le ppînf^pal caractère d'un système est de rendre raison des phénot mènes , adopte un préjugé des plus génâralet ment reçus, et qui est ime suite du principe, qu'il ne faut pas mettre les principes en question* Il est aisé de donner à Mélissus une réponae plu» raisonnable que l'argument de Zoroastre.

c( Si les raisons a priori de deux systèmes , lui tf ferais-jedire, était égalementbonnes, il faudrait « donner la préférence k celui qui expliquerait «•kes phénomènesi Mais 9 si l'un est fotadé sur dea « idées claires et sûres, et l'autre sur dea idiet « absurdes, il ne fant pas tenir compte au deiv « nier de paraître rendre raison des phénomènes : « il ne, les explique pas ; il ne lee peut pas expU-^ «quer, parce que le vrai ne saurait avoir sa « raison dans le faux. L'absurdité des principes « est donc Une preuve qu'ime hypothèse n'est tf poijQt bonne. Il est donc démontré que vou» a cie frappez pas au ]i)ut.

ic Quant à ^ qu^ vous dites, qu'une sapposi- « tiota^ e$t mauvaise par la seule incapacité d'eK* «{ pliquer Içs phénomènes , je distingue : elle est « mauvaise , si cette ipcapacité vient du bmà de « la supposition même , en sorte qt^^ pav sa pa* ature elle soit insuffisante à l'exphealpon de»

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DJCS S7STÈM£S. 37

« phénomènes. Mw^ st squ iûicopaicit^ vi^nt de$ « borjEie$ de notrQ esprit^ et d? ce que nous q'avow ce pa& encore acquU assez de conçaîasances pour la (c faire servir à rendre raison de tout , il est faux a qu'elle soit mauvaise. Par exemple, je ne re- « connais qu'un premier principe , parce que, de « votre aveu, c'est l'idée la plus claire et la plus « sûre : mais, incapable de pénétrer les voies de « cet être suprême, mes lumières ne me suffisent d point pour rendre raison de ses ouvrages^ Je « one borne à recueillir les différentes yéritiés qui « viennent à ma connaissance , et je n'entreprends u pas de les lier et d'en faire un système qui ex* « plique toutes les contradictions que vous vous « imaginez voir dans l'univers. Quelle nécessité « en effet, poiu* la vérité du système que Diei^ « s'est prescrit , que je le pui$^ comprendre ? R Convenez donc que, de ce qu'avec un seul tf principe je ne puis p9S rendi^e raison des pbé- « nomènes , vous n'êtes pas en droit de conclure « qu'il y en ait deux, »

Il faudrait être bien pré veau, pour pe p^s sentir combien ce raisonnement ^de AléjUissu^ fit^ rait plus solide que celui de Zoroastre.

Les physiciens n'ont pus peu contribué à dooner cours à ce principe, qu'i/ suffît pour un système de rendre raison des phénomènes.

Ik en avaient besoin , surtout lorsqu'ils voulaient expliquer par quelles voies Dieu a créé et cg«i-

aS TRAITÉ

serve l'univers. Mais, si, pour faire un système, on peut poser toutes sortes de principes , prendre les plus absurdes comme les plus évidens , et faire une complication de causes sans raison , quel mérite peut-il y avoir dans des ouvrages de cette espèce ? mériteraient-ils même d'être réfutés , s'ils n'étaient défendus par des auteurs dont le nom peut en imposer ?

Cependant, quelque sensible que soit un pareil abus, il suffit d'être versé dans la lecture des philosophes, pour être convaincu du peu de précaution qu'ils apportent à l'éviter. Voici comment se conduisent ceux qui veulent faire un système : et qui n'en veut pas faire! Prévenus pour une idée , souvent sans trop savoir pourquoi , ils prennent d'abord tous les mots qui paraissent y avoir quelque rapport. Celui, par exemple, qui veut travailler sur la métaphysique se saisit de ceux-ci : Être, substance j essence, nature, attribut, propriété, mode, cause, effet, liberté, éternité, etc. Ensuite , sous prétexte qu'on est libre d'attacher aux termes les idées qu'on veut, il les définit suivant son caprice ; et, la seule précaution qu'il prenne, c'est de choisir les définitions le plus commodes pour son dessein. Quelque bizarres que soient ces définitions, il y a toujours entre elles des rapports : le voilà donc en droit d'en tirer des conséquences et de raisonner à perle de vue. S'il repasse sur la chaîne des propositions

qu'il s'est forgée par ce moyen, il aura de la peine à se persuader que des définitions de mots puissent mener aussi loin; d'ailleurs, il ne saurait soupçonner qu'il ait médité en pure perte. Il conclut donc que les définitions de mots sont devenues des définitions de choses , et il admire la profondeur des découvertes qu'il croit avoir faites. Mais il ressemble , comme le remarque Locke en pareil cas, à des hommes qui , sans argent et sans connaissance des espèces courantes, compteraient de grosses sommes avec des jetons, qu'ils appelleraient louis, livre, écu. Quelques calculs qu'ils fissent, leurs sommes ne seraient jamais que des jetons : quelque raisonnement que fasse un philosophe, tel que celui dont je parle, ses conclusions ne seront jamais que des mots.

Voilà donc la plupart , ou plutôt tous les systèmes abstraits qui ne roulent que sur des sons. Ce sont pour l'ordinaire les mêmes termes partout ; mais, parce que chacun se croit en droit de les définir à sa manière, nous tirons, à l'envi, dps conséquences bien différentes, et nous semblons supposer que la vérité dépend des caprices de notre langage. « Par exemple, que l'homme « soit le sujet sur lequel on veut démontrer te quelque chose par le moyen de ces premiers «principes, et. nous verrons que, tant que la « démonstration dépendra de ces principes , elle « ne sera que verbale, et ne nous fournira au-

3o TRAiri

* cune proposition certaine , véritable et univer- « selle , ni atrcune connaissance de quelque être « existant hors de nous. Premièrement, un enfant « s'étant formé l'idée d'un homme, il est probable « qtic son idée est justement semblable au portrait « qu'un peintre fait des apparences visibles , qui , <c jointes ensemble , constituent la forme exté- « rieure d'un homme, de sorte qu'une telle com- «plication d'idées, unies dans son entendement, « constitue cette particulière idée complexe qu'il « appelle homme; et, comme le blanc cfa la cou- « leur de chair fait partie de cette idée , l'enfant m peut démontrer «n vertu de ce principe , // est il impossible qu'une chose soit et ne soit pas y « qu'un Nègre n'est pas un homme , sa certitude t( étant fondée sur la perception claire et distincte « qu'il a des idées de noir et de blanc, qu'il ne tt peut confondre. Vous ne sauriez non plus dé- « montrer à cet enfant ou à quiconque a une telle « idée qu'il désigne par le nom d'homme, qu'un « homme ait une âme, parce que son idée « d'homme ne renferme en elle-même aucune « telle notion ; et par conséquent c^est un point « qui ne peut lui être prouvé par le principe , Ce «c qui est^ est^ mais qui dépend dé conséquences tt et d'observations, par le moyen desqiaefks f1 te doit former son idée comp'lexe , désignée par

* le mdt homme.

« En second lieu, un -autre qui, en formant

m, . „ ■ ■ i W II

DES àYStàMES. 3l

k te "(ïollWtibn de Vidée cotaplexè qil'i! appelle « homme ^ est allé plus avant, et qui ài ajouté à « k (otme extérieure le rire et le discùUn ràïsùnû Habie, peut démontï^er que les enfans qui ne « fonl que de naître, et les imbéciles, ne sont < pas des hommes par le moyen de cette maxime, <t // esï impossible quurte chose soit et ne soit m pas. Et en effet, il m'est arrivé de discouft rir avec des personnes fort raisonnables , qui \ m'ont nié que lesenfatis et, les imbéciles ftissent « hommes.

* En troisième lieu , peut-être qu'un autre ne « compose son idée complexe qu'il appelle Aomme, * que des idées de corps ett général, et de la puis- A sakite de parler et de raisonner, et en exclut en^ et tiéremetat la forme eXtjérieure'. Et un telliômme « peut démontreï* qu'un homme peut n'avoir point « dte main et avoir quatre pieds, puisqu'aucune de « cfes deux ^choses ne se trouve renfermée dans «son idée A' homme : 'et, dans quelque corps ou « figure qu'il trouve la faculté de parïer jointe à (c'èelle dé raisonner, c'est -là un hbrame à son «^gàrd^ parce qu'ayant ime connaissance ëvi-

* ff Je puis bien cofrcë^r ^n homme ^ans mains , sans « jpîeds, et je 4e oon^ev^ais même feahs 'tête , si Texpëriehcè « ne m'afpptenait que c'es^t pfarr >là «qu'il pense. C'est done 1a « pensée qui -fait Tétite de lliômiA^e, et ^sains quoi on rùt peut « le concevoir. » Pensées de Pascal ^ tihâp. 3txiii, n^ i.

« 4ente d'une telle idée complexe, il est certain « que ce qui est^ est '. »

J'ai rapporté au long cet exemple de Locke, parce qu'il montre sensiblement combien l'usage des principes abstraits est ridicule. Ici il est aisé de s'en convaincre , parce qu'on les applique à des choses qui nous sont familières. IVtais quand il s'agit des idées abstraites de la méthaphysique , des expressions peu déterminées dont cette science est remplie , qu'on juge des contradictions et des absurdités où ils font tomber.

La méthode que je blâme est trop accréditée pour n'être pas encore long-temps un obstacle aux progrès de l'art de raisonner. Propre à démontrer à notre choix toutes sortes d'opinions , elle flatte également toutes les passions. Elle éblouit l'imagination par la hardiesse des conséquences où elle conduit ; elle séduit l'esprit parce qu'on ne réfléchit pas*quand l'imagination et les passions s'y opposent , et , par des suites nécessaires , elle fait naître et nourrir l'entêtement pour les erreurs les plus monstrueuses , l'amour pour la dispute , l'aigreur avec laquelle on la soutient , l'éloignement.

' Locke, Essai sur r entendement humain, liv. iv, chap. vu, § 16, 17 et 18. Oh voit que ce philosophe a connu un des principaux abus des principes abstraits. Voilà à quoi peut se réduire tout ce qu'il dit à ce sujet. Il eût été à souhaiter qu'il eût entrepris de démêler tout l'artifice des systèmes qui portent sur ces sortes de principes.

DES STSTÈMES. 33

poiir la vérité, ou le peu de sincérité avec laquelle on la recherche. Enfin , si Ton se trouve un esprit de critique , on commence à apcTCevoir 1^ incertitudes où elle jette. Alors , persuadé qu'il ne ne peut pas y avoir de meilleure méthode, on n'adopte plus aucun système, on tombe dans une autre, extrémité, et on assure qu'il n'est point de connaissances auxquelles il nous soit permis de prétendre.

Si les philosophes ne s'appliquaient qu'à des matières de pure spéculation, on pourrait s'épar* gner la peine de critiquer leur conduite. C'est bien la moindre chose qu'on permette aux hommes de déraisonner , quand leurs erreurs ne tirent pas à conséquence. Mais il ne faut pas s'attendre à les trouver plus sages, lorsqu'il sont à méditer sur des sujets de pratique. Les principes abstraits sont une source abondante en paradoxes, et les paradoxes sont d'autant plus intéressans qu'ils se rapportent à des choses d'un plus grand usage. Quels abus, par conséquent, cette méthode n'a-t-elle pas dû introduire dans la morale et dans la politique !

La morale est l'étude de peu de philosophes ; c'est peut-être un bonheur. La politique est la proie d'un plus grand nombre d'esprits, soit parce qu'elle flatte l'ambition, soit parce que l'imagi* nation se plaît davantage dans les grands intérêts qui en sont l'objet. D'ailleurs il y a peu de citoyens qui ne prennent quelque part augouverne-

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ment. Malheureusenient pour les peuples, oette sdenoe devait donc avoir plus de principes abstraits qu'aucune autre.

L'expérience n'apprend que frop combien les maximes politiques, qui ne sont vraies que dans certaines circonstances, deviennent dangereuses, lorsqu'on les prend pour règle générale de conduite ; et personne n^gnore que les projets de ceux qui gouvernent ne sont défectueux, que parce qu'ils portent sur des principes où Ton ne saisit qu'une partie de ce qu'on devrait embrasser en entier. L'histoire instruit des abus de ces systèmes. Les principes abstraits ne sont proprement qu'un jai^n : on le voit déjà , et on le verra encore plus sensiblement dans les chapitres suivans. C'est une confirmation d'une grande vérité que j'ai démontrée ', que Vart de raisonner se réduit •à une langue bien faite.

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