CHAPITRE II
Adrien.
Procumation P. ^Uus ÂdriaHus 9 Originaire dltalica , était
é'Adrien.
parent de Trajan, qu'il eut pour tuteur dans son enfance, et dont dans la suite il épousa la petite nièce. Trajan néanmoins ne l'adopta que quelques momens avant de mourir, si même encore il l'adopta. Il est certain qu'il ne l'aimait pas. C'est sur cette adoption , vraie ou supposée , qu'Adrien fat proclamé par l'armée d'Antioche. Il écrivit au sénat, qui ne pouvait pas ne pas le reconnaître. 11 abandon- Les Parthcs avaient été vaincus, mais ils n'é-
■e les conquêtes , • •! • s i* t m '
n«TMjan avait taicnt Dds soumis^ ils avaient même torce Traian
laites sur les ■■> '' *'
parthes. ^ repreudrc les armes. Adrien se hâta de leur donner la paix. Il rétablit Cosrhoès, et lui rendit toutes les provinces qu'on venait de lui enlever. Il eût encore abandonné la Dace , s'il n'eut été retenu par la considération des colonies romaines que Trajan y avait transportées.
Pourquoi. Grand capitaine, Adrien ne craignait ni les fatigues ni les dangers. Mais les Parthes. paraissaient en quelque sorte inaccessibles aux Ro-
mains. Défendus par les barrières que la nature avait élevées entre les deux empires , ils pouvaient toujours se soulever; et, pour les retenir sous la domination, il aurait fallu soutenir des guerres continuelles et ruineuses. C'est un pays dont Rome ne pouvait s'assurer qu'en exterminant les
I habitans. Adrien préféra la paix.
Il avait d'ailleurs à dissiper des troubles qui
I auraient pu faire des progrès. Les Juife de Cyrène avaâent cruellement ravagé la Lybie et l'Egypte : k Lyde et la Palestine se révoltaient ; une partie de h Bretagne s'était soustraite aux Romains; enfin les Maures et les Sarmates faisaient des irruptions dans les provinces de leurs frontières.
Aussitôt après avoir conclu la paix avec les s« libéraiu^. Parthes , Adrien revint à Rome. Il remit tout ce qui était du au fisc depuis seize ans ; il défendit d'en rien exiger ; et il en brûla publiquement les ' registres , afin que personne ne pût être inquiété
I à ce sujet. Cette libéralité sans exemple fit dire
1 de lui qu'il avait enrichi toute la terre.
: Sa libéralité ne se démentit jamais ; il se fit un
I devoir de secourir les anciennes familles que des accidens malheureux, plutôt qu'une mauvaise conduite, avaient mises hors d'état de se soutenir; et il assigna de nouveaux fonds pour l'éducation des enfans que les parens ne pouvaient pas élever. Il disait souvent : Vampire n'est pas a moi^ ' il est au peuple. ' ,
iiToyagedans Cc n'cst DES osscz qu'uD ormce fasse le bien
oute» les DPo- * * •■•
toutes les
uï^rîeM^up^ par lui-même ; s'il n)empêchait pas le mal que
et pour réprimer -, r • -i i» •
le» aku». d autres peuvent ' taire , il ne remplirait que la moindre partie de ses devoirs. Adrien se proposa d'assurer la paix et d'empêcher les vexations.
Pour remplir ce double objet , il résolut de se porter avec des forces partout où sa présence serait nécessaire, et il visita toutes les provinces de l'empire. Il y en eut même où il se transporta plusieurs fois. Il se faisait rendre compte de l'administration ; il réprimait les abus; il réparait les édifices publics ; il en construisait de nouveaux ; il soulageait les peuples par une diminution d'impôts ou par des largesses. Un tremblement de terre ayant ruiné , en Bithynie , Nicée , Nicomédie et plusieurs autres villes , il les rétablit toutes à • ses dépens ; en sorte qu'il mérita le titre de res-taurateiirde la Bithynie; il rebâtit aussi Jérusalem, qu'il nomma yEUa Capitolincu Comment il H uc voulait pas que sa présence fat à charge aux provinces. Il voyageait à pied à la tête de ses troupes ; exposé à la pluie, à la neige, au soleil, il campait. avec elles. Sa vie, quoique dans la paix, était toute militaire. Il partageait les fatigues des soldats. Il se nourrissait comme eux. Il ne paraissait que le premier soldat de l'empire. Par cette conduite, qui le faisait respecter des troupes, il était aussi redouté des ennemis qu'il
▼oyafeait.
était chéri de se§ peuples ; et son règne fut tranquille et florissant.
Il prenait rarement les titres d'empereur > de ^^ ,^*" i/rfr-î père de la patrie, de souverain pontife« Il n'ac- fiîïu'rSïbliw œpta le consulat que les deux premières années * de son règne* Populaire au point qu'il oubliait ({uelquefois son rang, il allait volontiers aux bains publics se mêler avec le peifpk, et il pa«ratssait importané des hommages des ^ands.
Ce 1^' était pas lui faire la cour que de venir le sa-^ \uer lorsqu'on n'avait point d'afEûr^ à lui oom-*
mnniquer* Comme Traian , il vivait famiUèrement aveo seâ Sèn «biti^
n'asuoraitpasn
amis; mais, liatureUcment soupçonneux, il a'é- ««fi"««* tait pas capable de leur donner la même confiance. Ni le temps, ni les services, rien n'assu-* rait le sort de ceqx qu'il aimait davantage* Ce fot sans doute par c^tte raison que Similis, préfet du prétoire, ayant pbtçnu de passer les sept der-? nières années de s^ vie dan» la retraite, ordonna d'écrire sur son tombeçiu qu'il était mort âgé de soixante-seize ans, et qu'il en avait vécu sept. ♦
Adrien , dans les commencen^eqs de son règne, oaevefou
, 1 • 1 cruel atec lei
a tait mourir, sur de simples soupçons ^ quatre g;"ïii** hîîî consulaires qui avaient eu pwt à la confiance de ^îpu *'^*' ** Trajan. Quoique avec les grands quelquefois poité à la cruauté , il était g^énéreux avec ceux qui ne lui pouvaient do^cmer d'ombragti. Si quelqu'un lui avait déplu , il se bornait à lui écrire qu'il était
5o HlSTOIRi:
métonten}; et lorsqu'il se voyait forcé de punir,
il modérait la peine à proportion du nombre des
enfans du coupable. Après son avènement , il dit
à un homme dont il avait été l'ennemi déclaré ^
Ne craignez rien^ je ^uù empereur.
n paraiisait II joiguaîit à ime grande mémoire im esprit
us Us sciences, yaste ct Une curiosité qui le 'pCHrtait à tout ; versé
dans leslettreS grecques et latines, îl écrivait é^*-
lement bien en vers <x>mme en prose dans l'une
et l'autre langue» Il chantait^ il jouéït des insiru-
mens, il gravait, il peignait ; il pâEtaissait avoir
fait une étude de toutes les sciences.
n prot^eait Avcc cc goùt Dour Ics Icttres et pour les arts,
lessavansetles o x i 7
îuifjîiiM?*" il recherchait les savans et les artistes, et il les comblait souvent de ses bienfaits. Mais il avait la manie de vouloir passer pour supérieur dans tous les genres , et malheur à celui qui aurait affecté quelque supériorité sur lui. Ayant fait bâtir un temple à la fortune de Rome; sur un dessin qu'il avait fait lui-même, 'il envoya le plan à l'architecte ApoUodore, et il lui en dananda son sen- • timent d'un ton qui paraissait un défi. ApoUodore
n'était pas flatteur. Du temps de Trajan il avait écouté avec assez de dédsKn des raisonnemens d'Adrien sur Farchitecture. Il répondit donc que le temple n'était pas assez élevé pour le lieu où il était placé, et qu'au contraire les statues de Rome et de Vénus, étaient trop hautes pour le bâtiment ; car, ajoutait-il, quand il plaira à ces sta*
Sa mori.
ABCiEirirÈ. 5i
itues de se lever et de sortir, elles ne le pourront pas. Adrien ne pardonna pas cette critique; il bannit ÂpoUodore, jet la même année il le fit mourir sous quelques' faux prétei^tes.
Après une suite de maladies compliquées , qui firent des progrès pendant trois ans, Adrien ter- »3«. mina sa vie dans les tourmens les plus cruels. La douleur l'avait rendu furieux. Il demanda un poignard ou du poison; et , dans son désespoir, il ordonna la mort de plusieurs sénateurs, se plaignant d*être le maître de la vie des autres , et de ne pouvoir disposer de la sienne.
Quelques mois avant sa mort, il adopta T. Au- cho» qu'n
,. , . . . 7 r f^it de Ms lue*
rénusrFulvius-Boionius-Antoninus : Je sais bien , • «•»»••'»• disait-il, qu^Antomn est de tous ceux que je connais cehii qui désire le moins l'empire^ mais je sais aussi que personne n^ est plus capaf)le d^ bien gouverner^ Il lui fit adopter L. Commodi|s et M. Annius Yarus. Il était dans la soixant&<leuxième année de son âge , et> dans la vingt-deuxième de son règne. . v
Adrien a eu des vices dont ie n'ai pas parlé. Il u «st triste
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est triste d enjtrouver dans un prmce qui a fait le ^•'"» . bonhe^ des peufples, qui a voulu l'assurer après lui, et qui â choisi des successeurs tels qu'Antonin et Marc-Aurèle
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