CHAPITRE IV
Marc-Aurèle.
La famille de Marc-Aurèle prétendait remon- ufamuied»
•■• Warc - Aurëlf .
terjusqu'àNuma. Cette chimère pouvait le flatter: ^^^ ^'^ *"••
56 histoire:
aonn««ti«»h;«- mais iFliri suffisait d'avoir été adopté par Antonin. Il paraît que son bisaïeul est le premier qui se soit élevé aux magistratures. Après son avènement, il donna le nom de Férus k L. Commodus, son frère d'adoptioif, et il prit lui-même celui d'Antonin. C'est sous ce dernier nom qu'il est ordinairement désigné dans l'histoire.
.iJïd^^'dora" ^^^^ ^^ emperein's , la philosophie^ des stoî-
êi^ïJeVuw! '" ciens était devenue la secte dominante; toujours en contraste avec les mœurs publiques', elle affichait la morale la plus austère , dans ces temps où le luxe se portait aux derniers excès. Elle devait par conséquent former des enthousiastes.
Or l'enthousiasme est d'autant plus contagieux, qu'on serait honteux d'échapper à la contagion. On en prend donc au moins le langage. Ainsi un grand nombre se donnaient poin* stoïciens , et il leur suffisait de le paraître.
^ • D'autres l'étaient sincèrement. Le malheur des
' temps semblait leur en faire une nécessité : car les
vertus stoïques leur offraient des motifs de consolation, et leur ouvraient un. asile contre la tyrannie
poarGuo.Marc- Né SOUS AdHcu , Marc-Aurèlc n'avait vu que ' **deîèue deux règnes heureux et florissans , où l'on ne sentait pas le même besoin de ces vertus. Il les eut toutes cependant : c'est qu'il les trouva en lui. Ayant eu, dès l'âge de douze ans, occasion de connaître là philosophie des stoïciens, il s'atta-
Aurele adopte la
morale
secie.
ANaENNE. 07
(£a principalement à la morale. Cette étude ne fit que lui découvrir les principes qui réglaient à son insu toutes ses actions ; et on eût pu remarquer qu'il était stoïcien , avant d'avoir pensé à Fêtre. Aussi le fut-il toujours, et iHe fut sans ostentation. Les vertus les plus sublimes paraissaient simples comme lui, parce qu'elles prenaient son caractère. Parvenu à l'empire à l'âge de quarante ans , il confirma cette maxime de Platon : Les peuples seront heureux y quand les philosophes seront rois, ou quand les rois seront philosophes, 1/ frémissait néanmoins lorsqu'il songeait au far- (fcau dont il s'était chargé.
Anionin l'avait préféré à L. Vérus , dont il ., on ne^Mut
■■ lexcuser da-
connaissait les* vices. Cependant Marc-Auréle se fempî^eT.%^ hâta de partsçer tous ses titres avec ce frère adoptif; et Rome eut deux Au^stes. Cette action, quoique généreuse , est inexcusable. Comment ne frémissait-il pas lorsqu'il voyait un collègue qui n'était pa? digne de commander , et qui pouvait '
lui survivre ?
La mort d'Àntonin parut aux ennemis une con- ^^ ennemis
i» 1 1 * -ij • T arment conlra
joncture lavorable pour attaquer 1 empire. L.cs i>mpire. Parthes entrèrent dans l'Arménie , surprirent l'armée romaine, la taillèrent en pièces, et portèrent le ravage jusque dans la Syrie; d'un autre côté, les Cattes couraient imfhmément la Germanie et la Rhétie ; et il y avait encore des soulèvemens dans là Bretagne.
eMaroAnrè-
wtUniiïuRo' Marc- Aurèle envoya contre les Parthes L. Yérus, qu'il se flattait de retirer dé la mollesse, en lui fournissant une occasion de se signaler. Il chargea deux de ses* généraux des deux autres guerres, e% il i*esta lui-même en Italie, où plusieurs fléaux rendaient sa présence nécessaire. Un débordement du Tibre avait renversé une partie de Rome, et causé de grands dommages dans la campagne ; des tremblemens de terre , survenus presque en même temps , avaient ruiné plusieurs villes ; l'air était infecté d'une multitude d'insectes , et la famine commençait à se faire sentir. Marc-Aurèle fat présent partout avec une bienfaisance ingénieuse à soulager les peuples , et scB vertus parurent les consoleç des maux auxquels il ne pouvait pas remédier.
conda'.te de H ue rcstc aucuBT détail des campagnes faites en Bretagne et en Germanie. Quant à la guerre contre les Parthes, on sait que L. Vérus ne la fit pas. Il s'art^êta dans tous les lieux où il tro^iva des plaisirs conformes à ses penchans. Il fit son séjour ordinaire à Antioche, allant, suivant la saison, à Daphné et à Laodicée , et vécut; dans la débauche pendant que ses généraux , Avidius Cassius et Martius Vérus , remportèrent des victoires : ils forcèrent à la paix Vologèse, roi des Parthes. Flatté cependant de ces^uccès, auxquels il avait si peu de part, il commençait à souffrir impatiemment un collègue qui le gênait ; et on voy^t
Venu en Orient.
qu'il eut secoué le joug, si la cho^ eût été ea son pouvoir.
Il revint à Rome après cinq ans d'absence. La Pârtwjîmpto.
'^ * dence la pmte
peste était alors parmi les troupes qu'il ramenait , "^•«•«•««i**' et a n'avait pris aucune précaution pour l'empêcher de se répandre. Elle passa- avec lui de province en province , parcourut l'empire pendant plusieurs années, dépeupla surtout lltalie, laissa plusieurs terres sans culture, et occasiona une raiiûne.
Ce fléau continuait depuis trois ans, lorsque leim^ionigéc les Marcomans, les Quades, les Suèves, les Sar- "'"'*" '"~* mates , les Allemands , les YandâlfKs , les Daces et d'autres barbares, prirent les armes en même temps. Ils dévastèrent la Pannonie , firent des courses dans la Grèce, et pénétrèrent jusque dans le Péloponèse.
Cette guerre, une des plus grandes que l'em- ^l^^\f^^;j^ pire eût soutenues jusqu'alors , arriva dans la con- g^^'**°™«^ joncture la plus trist^ : car les secours donnés pendant les calamités publiques avaient absolument épuisé les finances ; et la dépopulation , causée par la peste , ne laissait pas assez de citoyens pour compléter les troupes. Il fallut enrôler des esclaves et des gladiateurs; et il aurait fallu mettre de nouveaux impots, si Marc-Aurèle n'eût pas préféré de vendre les meubles de ses palais.
Le sénat ayant arrêté que les deux Augustes LeidauAs-
6o HISTOIRE
«•stesmmrchent marchcraieiit contre les peuples de Grennanie , ils
c«ntre les peu- * •■•
pfc.de Germa- pâlirent pouF Aquîlée. Ce règlement avait été fait de concert avec Marc-Ajirèle , qui ne voulait ni laisser Vérus à Rome , ni lui coQfier le commandement de l'armée. Heureusement pour Fem- Mortdevéms. pirc , la moFt enleva ce collègue quelques mois «69. après. Plus maître alors de feiire le bonheur des peuples, Marc-Aurèle n'en parut que plus grand. Le» peuples Nous avous pcu de détails sur la mierre de
ce Germanie ne A O
iwdrou'aue Germanic On voit que les Barbares, infidèles à
celui du plus • • l> *
<ort. tous leurs engagemens , ne connaissaient d autre
droit que celui j^u plus fort. Ils faisaient la paix lorsqu'ils avalent été vaincus ; et , lorsqu'ils croyaient avoir réparé leurs forces, ils recommençaient la guerre. On pouvait prévoir dès lors qu'ils extermineraient les Romains , ou qu'ils seraient eux-mêmes exterminés.
1^ Mwc-Aurèie Après ciuq ou six campagnes , Marc-Aurèle , les ^*"" ayant réduits à demander la paix , songeait à les
mettre hors d'état de reprendre les armes de long-temps, lorsqu'il se vit forcé de terminer promptement avec çux, et de leur accorder des conditions plus favorables. Sur un faux bruit cassiilr^*^' de sa mort, Avidius Cassiûs,'qui l'avait répandu 175. lui-même, venait de se faire proclamer enapereur.
lettre de Marc- Pcndaut la gucrrc des Parthes, ce capitaine } qui caS avait déià paru suspect à L. Vérus, qui Teùt con-
»araissait sus- •'^ * ^ *■ a l A}p
^et, et qui de- (Jamné sur de simples soupçons , s'il en eût été 1
ANCIENNE. 6l
maître. Vcâei la réponse dç Marc-Aurèle à son "••<i»î»i«mort