‹ Œuvres complétes de Condillac (volume 5)Chapitre 18 sur 54 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Jusqu'à l'ayénement de Dioclétien.

L'empire était attaqué de toutes parts ; les ,y*il"g "„JJÎî; peuples du nord pénétrèrent jusqu'en Italie, et *^*^" "*** les Francs, qui parurent pour la première fois , ravagèrent les Gaules. A ces barbares Valérien opposa d'habiles généraux. Il les savait choisir; et 00 a remarqué que tous sont parvai^us à l'empire ; quant %: lui, il marcha Ciontre Sapor.

Ce prince avait rempli toutes les marâtratures iimarcheco..

* ^ \ " tre les Perses, et

avec distinction. Il avait de la naissance , des con-' 'Lnùll^'^ '^"' naissances, des moeurs; et tant qu'il ne fut que aSo. partictxIieT , perscome ne parut plus digne de l'empire. Mais, dans les circxmstances ou il se trouvait , et qui demandaient de la célérité, une lenteur naturelle y qui^ne lui permettait ni de se dél^miner promptemait, ni d'agir à propos^^ren^ dsut presque inutiles les meilleures qualités cpi'on

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lui connaissait; aussi, pendant que ses généraux repoussaient de toutes parts les ennemis, il perdit en Asie des provinces et la liberté. La septième année de son règne il fîit livré à Sapor, qui lui fit souflfrir toutes sortes d'outrages.

r.iard/piora- La caotivité de Valérien parut être l'avant-

ble de i empire *■ *■

SOU5 Gaiiiea. couFeuT de la ruine de l'empire. Sous Gallien , son fils, qui régna seul pendant huit ans, Sapor envahit presque toute l'Asie. Les Barbaries portèrent le ravage dans les Gaules, dans la Grèce, dans l'Italie , et les Francs pénétrèrent en Espagne, d'où ils passèrent en Afi^ique.

Sans défense contre tant d'ennemis, les provinces fiurent encore dévastées par les armées ro- • mainès, qui se révoltèrent et qui donnèrent chacune des chefe à l'empire : pendant cette confusion , sur laquelle les historiens jettent peu de limiière, on compta jusqu'à trente tyrans qui prirent le titre d'Auguste , et Gallien se vit à peine maître de l'Italie. L'^incapacité de ce prince, plongé dans la débauche , fut la principale cause des calamités publiques.

circoiuuncei L'anarchic militaire était enfin parvenue à son

cbaie de l'em- dcriiier périodc : mais il est inutile de s'arrêter

pire. A

sur ces temps malheureux , et il l'est encore plus d'étudier l'histoire de ces tyrans , qui , dans un espace fort court , périrent presque tous de mort violente : bornons-nous à observer les circonstances qui retardèrent la chute de l'empire.

Si les Barbares n'envahirent pas les provinces qu'ils ravageaient, c'est qu'ils ne songeaient point encore à faire des établissemens : ils ne voulaient que piller.

Sapor aurait vraisemblablement achevé la con- odo«at, prince

*■ de Paimyre.

quête de l'Asie, s'il n'avait eu que les Romains à combattre : mais Odonat, prince de Paimyre, le #

vainquit et le repoussa jusque dans la Perse.

Allié des Romains , Odonat leur fut toujours fidèle. Gallien l'associa à l'empire, et triompha pour les victoires que, ce général avait remportées, odonat cependant était seul maître de l'Orient.

Enfin Gallien périt dans une conspiration; et quatre grands hommes, qui, par un bonheur '"''*'*'*'' inespéré, se succédèrent, sauvèjent l'empire. Le »«• premier fut M. Aurélius Claudius , un des généraux de Valérien.

Odonat était mort, et Zénobie, sa femme, z^iiobi*,niif-

• • I ij/^ • tresse de l'O-

maitresse de la plus grande partie de 1 Orient, '|,*j;j:/*5J*^*,f^; avait conquis l'Egypte, et secoué le joug desRo- *^a°'^'^°'"* mains. Il restait encore deux Augustes : Tétricus, qui tenait sous sa domination les Gaules et l'Espagne; et Auréolus, à qui l'iUyrie obéissait, et qui avait conduit une armée dans le Milanais. Enfin les Allemands, les Goths et d'autres Barbares continuaient leurs irruptions.

Claudius marcha contre Auréolus, qui perdit Mond'Aureo-

las. D^aite des

la bataille et la vie; et il vainquit les Allemands g»»»»»- .

Mort de G a1ien. Claude loi

et les Goths. On prétend .que ceux-ci laissèrent sur le champ de bataille plus de trois cent mille hommes. Mais la peste , qui était dans leur camp,

Mort deciaa- sc comiïiuniqua aux Romains, et elle enleva Clau- 370. dius sur la fin de la seconde année de son règne.

Aur<iicii,qoi AuréUcn , qui lui succéda , avait encore été un

lui succède, est

derêîlî.i^***'" des généraux de Valérien : il ne régna que cinq ans , et cependant il fut le restaurateur de l'em-pire. Non-Seulement il recouvra les provinces peroues, il travailla encore avec succès à rétablir l'ordre, bannissant les brigues, les violences et les délations. Une si grande réforme demandait sans doute de la fermeté : mais il est fâcheux que, pour être sévèje, il ait quelquefois été cruel. Il triomphe Lcs AlIcmands avaient ravagé le Milanais, et se répandaient dans l'Ombrie. Aurélien , d'abord vaincu près de Plaisance , les vainquit à son tour dans plusieurs combats , et les extermina. Ayant ensuite passé les Alpes , il défit les Vandales, qu'il força à demander la paix.

z^aobie. Sa principale guerre fut contie Zénobie. Cette

femme célèbre , remplie de connaissances , courageuse , et capable même des fatigues de la guerre , paraissait n'avoir aucune des faiblesses de son sexe, quoiqu'elle en eut la beauté. Elle gouvernait avec humanité les peuples qu'elle avait soumis, et faisait aimer sa domination.

Aoréiienarme Dans Ic dcssciu dc rccouvrcr les provinces rûwè7.* ** '* qu'elle avait enlevées à l'empire , Aurélien arma ,

ANCIENNE. gS

et prit la route de Bysançe. Il chassa les Barbares qui inondaient riUyrie et la Thrace , passa THellespont^ et se rendit maître de la Bithynie sans résistance; et, successivement vainqueur à Immes, à Daphné , à Emese, il mit €;nfin le siège devant Palmyre.

Cette place , entourée de déserts ^ où il était difficile qu'une armée subsistât, ne paraissait pas devoir être forcée. Les Perses, les Arméniens, les Sarrasins étaient venus à son secours , et elle avait des munitions pour soutenir un long siège : mais Aurélien^ ayant vaincu les Perses, engagea les Arméniens et les Sarrasins à se joindre à lui ; et, par les précautions qu'il prit, son armée se trouva dans l'abondance, lorsque les assiégés commençaient à manquer de vivres. Alors Zénobie , ayant z^ooWe fau*

' * •' prisonnière.

tenté d'aller chercber elle-même de nouveaux secours chez les Perses, fut faite jHrisonnière, et »7»- Palmyre ouvrit ses portes. ,

L'empereur avait repassé en Europe, quand RumedePau les Pabnyriens révoltés le forcèrent à revenir sur ses pas. Il se vengea cruellement. Palmyre fut rasée ^ et tous les habitans massacrés sans distinction. 11 soumit ensuite l'Egypte , où Firmius avait ramassé les restes du parti de Zénobie.

Il ne restait plus à l'empereur qu'à recouvrer Anrëiicn^ma?-

* * * tredetoatren»-

le& Gaules , l'Espagne et la Bretagne : c'est à quoi p*^* Tétricus, fatigué des séditions continuelles de ses troupes^ IliQvita lui-même. L'empire se trouva

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donc rétabli dans ses limites, à la Dace près, qui n'en faisait partie que depuis Trajan : en abandonnant cette province, l'empereur en transporta les habitàns dans la Moesie.

Qaoiqoetoutef p^r la réuniou de toutes les provinces sous un

les province* L

fas«eat réunies

sons u ""»uî seul chef, l'empire paraissait rétabli : en effet il

chef, l'empire n • «i • t \

liî'mêîi^** p*' 1 était autant qu'il pouvait l'être ; et c'est pourquoi j'ai dit qu'Aurélien en a été le restaurateur. Mais, dans l'état où, sous les derniers règnes, l'anarchie militaire l'avait réduit, ce n'était plus dans le vrai qu'un colosse sans forces; et il avait en luimême tous les principes de destruction qui naissent du despotisme et de la corruption des mœurs. S'il lui arrivait par intervalles de montrer encore quelque vigueur , il le devait uniquement aux talens des chefs qui le gouvernaient.

Morid'Anre'. Maître dc toutês les provinces de l'empire, Aurélien voulut venger sur les Perses les guerres '75- que Sapor avait faites aux Romains, et il arma. Il était dans la Thrace lorsque son affranchi Mnesthée , craignant d'être puni pour ses extorsions, contrefit l'écriture de son maître, et fit une liste de proscrits où il mit les noms des principaux capitaines. Cette liste , montrée à ceux qui crurent leurs jours menacés, fut la cause d'une conspiration qui coûta la vie à l'empereur. Peu après , l'imposture ayant été découverte , Mnesthée fut livré aux béfes, et tous ks conjurés fiirent punis , les uns sur-le-champ par

jui sur- Aorilies,

Tannée, les autres, dans la suite, par les successeurs d'Aurélien.

Dans la crainte de donner l'empire à un de ordre ,ui

^ fit à Axuil

ceux qui avaient eu part à la mort d'Aurélien , l'armée invita le sénat à nommer luî-méme l'empereur; et le sénat, au lieu de saisir cette occasion de rentrer dans ses droits, renvoya le choix à l'armée. Cette modération, à laquelle on ne s'attendait pas , se soutint , et occasiona un interrègne de huit mois, l'armée et le sénat continuant de céder à l'envi l'un de l'autre : ce qui étonna encore, c'est Je calme qui régna pendant cet interrègne. Il n'y eut de soulèvement ni parmi le peuple, ni parmi les soldats : aucun général ne tenta d'usurper l'empire : aucun même ne brigua pour l'obtenir. Rien ne pouvait donner une plus grande idée de l'ordre qù'Aurélien laissait après lui.

Tacite, élu par le sénat, n'accepta qu'are- R^œdeTagret; il était âgé de soixante-quinze ans; on ne sait pas ce qu'il avait fait jusqu'alors. On voit seulement qu'il jouissait d'unç grande Considération ; son règne ne dura que six mois : il fut assassiné en Cilicie, lorsqu'il venait de chasser les Barbai'es.

Florien, son £r&e, se saisit de l'empire, et le Probut, <i*

• A 1 • ij 1 ««npereur. Ses

perdit presque aussitôt avec la vie , 1 armée de JJJJjJ^'- *" Syrie l'ayant donné à Probus, que Tacite avait

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proposé lui-même lorsqu'il se refusait aux instances du sénat.

Probus, né en Pannouie, d'une famille obscure , est encore un des capitaines que Valérien avait employés. Comme il avait servi dans des temps où l'empire était attaqué de toutes parts, il n'y avait point de province où il n'eut laissé des preuves de valeur et de capacité. Homme de guerre, il était encore homme d'état, et on es- , timait ses mœurs.

Lés cinq premières années de son règne furent une suite de guerres et de succès; et, la sixième, il venait de donner la paix à l'empire lorsqu'il pérît dans une sédition. Les troupes se Sa mon. révoltèrent, parce qu'il voulut les employer à des travaux utiles.

cwiis ei •«• Le préfet du prétoire, Carus^, né à Narbonne, «rNamërien. lui succéda, fit unc recherche des séditieux, les «83. punit, et s'associa ses deux fils , Carin, qu'il envoya commander dans les Gaules, et Numjprien, qu'il emmena avec lui contre les Perses. Il défit les Sarmates , et il conquit la Mésopotamie : mais il ne régna qu'un an. Il mourut dans sa tente d'un coup de foudre. Lç bruit en courut au moins; -il paraît cependant qu'il fut assassiné par Aper, préfet des gardes prétoriennes,, et beaupère de son fils Numérien : ce qui confirma ce soupçon, ^^est que Numérien, qui ramenait

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l'armée victorieuse, fut poignardé quelques mois >•*• après par ce même Aper.

Dioclétien, alors salué empereur, vengea ces Avëoementde meurtres. Il tua lui-même Aper en présence de rarméé; çt, l'année vivante, Carin ayant été tué par ses. propres soldats, il resta maître de l'empire.

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