‹ Œuvres complétes de Condillac (volume 5)Chapitre 21 sur 54 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ëtat des Juifs sous les princes Asmonéens et sous Hérode.

Une suite de victoires miraculeuses ayant sous- son» simon, trait les Juifs à la domination des rois de Syrjie, yj^ ind^pe»qai les voulaient forcer de sacrifier aux idoles ,

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ils reconnureat les services des Macchabées , en confiant à Simon la souveraine sacrificature , le gouvernement de la république , et une autoiilé suprême en tout. Ce prince est le premier des Asmonéen^, ainsi nommé , d'Assambnée, bisaïeul de Mathathias , père des Macchabées ; et c'est sous lui que les. Jui& commencèrent à se gouverner par leurs lois, à jouir de la paix, et à se faire même respecter de leur» voisins; protégé d'ailleurs par les Romains , avec qui Simon renouvela l'alliance que ses firères avaient déji Élite. • '

soas Je». Jean-Hircan , son fils ^ étendit ses états par de

Hircan, Us font ^ . a i ' i

TOÎi'^Sr wii nouvelles conquêtes; se vit maître de toute la bal^e^^écfpri! Judéc, dc la Galilée et de la Samarie; acheva

que des ohari- , i • i

d«?lenf. *' d'affermir sa puisisance, et la transmit à ses descendansvexemptede toute sujétion. Mais la hàine^ qui était entre les pharisiens et les ssHlucéens^ ne lui permit Jamais d'étabUr la paix au dedans;

^ ne pouvant les réunir, il voulut au moins s'atta-

cher les premiers , qui avaient un grand empire sur l'esprit du peuple. Il se flattait d'y réussir, parce qu'il avait été élevé parmi eux, et que jusqu'alors il avait fait profession de leur secte. Cependant ses tentatives furent inutiles. Ils se déclarèrent ouvertement contre lui, et il se jeta dans le parti des saducéens. Il mourut après un règne de vingt-neuf ans , laissant des troubles qui devaient être funestes à sa famille.

ÀNGIENIME. Il5

Aristobule, Taîné de ses fils, prit le diadème et Ari$tobuie

* prend le premier

le titre de roi, ce qu'aucun de ceux qui avaient règne'ett^ii^! gouverné la Judée depuis la captivité de Babylone n'avait fait encore. Jaloux de son autorité , il fit mourir de faim sa mère qui voulait gouverner, mit trois de ses firères en prison , et conserva la liberté à un seul , qu'il sacrifia bientôt à des soupçons mal fondés. Il mourut dans la seconde année de son règne , tourmenté par ses remords.

Les trois princes sortirent de prison. Alexandre Jannée, qui fut couronné, fit mourir l'un de ses firères , et laissa vivre l'autre', parce qu'il ne le craignait pas. Il entreprit ensuite des guerres, où, quoiqu'avec des talens , il devint , par ses défaites, méprisable aux yeux de son. peuple^ que les pharisiens soulevaient contre lui, et où il se rendit odieux par sa cruauté dans les succès. Enfin , ses sujets s'étant ouvertement révoltés , ce ne fut qa'après une guerre de six ans qu'il vint à bout de les soumettre. Il se vengea en barbare altéré de sang; et, après vingt-sept ans de règne, il mourut de ses débauches.

Il laissait deux fils, Hircan et Aristobule; mais EssousAiexMi-

' dra,qui nemon-

il avait ordonna qu' Alexandra , sa femme, gou- biMw/***^*" vemerait le royaume , et qu'elle choisirait , pour régner après elle«, celui de ses deux fils qu'elle jugerait à propos.

La première démarche d'Alexandra fiit de donner aux pharisiens la principale administra- ^

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• tion des affaires, voulant s'attacher cette secte redoutable , et s'assurer par elle de la soumission du peuple. Elle témoigna même qu'elle ne faisait en cela que se conformer aux dernières volontés de son mari.

Elle crut d'abord ne s'être pas trompée dans son attente; car non-seulement les pharisiens parurent oublier leur haine pour Alexandre, mais encore ils le comblèrent dé bénédictions , et ils lui firent une pompe funèbre des plus magnifiques. Cependant la reine connut bientôt qu'elle s'était donné des maîtres, et elle ne fat plus que l'instrument de la vengeance des pharisiens. Ses anciens amis fiirent exposés à la persécution de ces hommes vindicatifs; un grand nombre périt; elle ne sauva les autres qu'en les dispersant dans les places où elle avait garnison. Enfin , après un règne de neuf ans , où elle n'avait 'montré que de la faiblesse, elle mourut, et laissa la couronne à Hircan, son fils aîné, faible .comme elle, et soumis aux pharisiens avec le même aveuglement.

Hîrcan.quVîie ^ais Aristobulc, qui s'était échappé pendant

a choisi pour ■» 11*1 « • ^ 1 •

successeur, est la malauic Q^ sa^mcrc, parcourait les earnisons,

forc^decëderà ^ ^ 7 r D

fr"rt.**"'*'*°" se montrait aux soldats, et à tous ceux qui avaient toujours été attachés àjsa famille. Il eut bientôt une armée. Le peuple même accourut de toutes parts, las de la tyrannie des pharisiens ; et Hircan , abandonné de la plus grande partie de ses troupes ,

ANCIENNE. Hy

fin contraint de céder à son frère la sacrificaJture et la souveraineté.

Les factions, qui divisent le peuple, sont tôt ou tard funestes à l'état, quand les souverains passent alternativement d'un parti dans un autre; car, en les affaiblissant et fortifiant tour à tour, ils ruinent insensiblement leur royaume ; et ils entretiennent des ennemis domestiques contre lesquels ils sont toujours trop faibles.

Antipas, ou Antipater, n'attend A rien d'Aris» Pomp^rend tobule, et attendait tout d Hircan , auquel il avait ^''«•■• toujours été attaché. II songea donc à faire remonter sur le trône ce prince ,• trop lâche pour y songer lui-même. Il s'adressa, pour cet effet, à Pompée, qui revenait de son expédition contre Mithridate. Le ^Romain prit connaissance des prétentions des deux frères, lorsqu'il se présentait un troisième parti , qui ne voulait ni de l'un ni de l'autre; prétendant ne devoir être gouverné que par un souverain sacrificateur, et reprochant aux Âsmonéens d'avoir changé la forme du gouvernement , et d'avoir pris le titre de roi , pour assurer leur tyrannie.

Pompée , qui eut peu d'égard à ces représentations, parut disposé pour Hircan. Cependant Aristobule , toujours entre l'espérance et la crainte, tenta de le gagner, et tenta aussi de défendre ses droits par la force. Ainsi, tout à la fois armé et soumisw, il tint une conduite peu sou-

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tenue , et fit des démarches contradictokfs , dont il fut enfin la victime. Pompée, qu'il vint trouver, le mit dans les fers, offensé de lamauvaisp foi de ses procédés. Il conduisit ensuite son armée devant Jérusalem.

Cette place aurait pu soutenir un long siège; mais le parti d'Hircan ouvrit les portes; et ceux qui ne voulurent pas abandonner Aristobule se réfiigièrent dans le temple, où ils furent forcés au bout de tra# mois. Ils auraient pu tenir plus long-temps, sans la superstition avec laquelle ils observaient le sabbat; car ils ne croyaient pas qu'il leur fût permis cè-jour-là ni de faire des travaux, ni de ruiner ceux des ennemis. Hircan fut donc rétabli , et Aristobule envoyé à Rome , d'où il s'échappa , revint en Judée causer de nouveaux troubles.

Nouveaux H avait obtcuu deux légions de César; mais Pompée le fit emprisonner; et , son fils Alexandre ayant été saisi, on lui fit son procès, et il eut la tête tranchée. Cependant Antigone, frère de ce dernier , ne renonçant pas à ses prétentions, obtint le secours- des Parthes , qui le mirent sur le trône. Il fit couper les oreilles à son oncle Hircan, afin de le rendre incapable du sac^doce, et il le remit aux Parthes pour l'emmener.

Antoineaonne C'était alors le temps du second triumvirat.

àrwTe.** Hérode, fils d'Antipater, se rendit à Rome, dans le dessein d'obtenir la couronne de Judée pour

troubles.

Aristobule , neveu d'Antigone et fils d'Alexandre, qui avait eu la tête tranchée. Il s'intéressait pour ce jeune prince, parce qu'il espérait de.gouverner sous lui , comme Antipater sous Hircan.D'ailleurs il en avait fiancé la sœur, cette vertueuse et malheureuse IVtariamne que vous connaissez. Antoine, à qui il s'adressa , et qui était alors tout - puissant, lui donna la couronne à lui-même; ce fut le sujet, d'une nouvelle guerre, d'où ce nouveau roi sortit victorieux ; et Antigone vaincu , traité comme coupable, fut jugé dans les formes et condamné a mort ; c'est le dernier des princes Asmonéens. Tels ont été les troubles de la Judée, pendant trente-deux ans , depuis la mort d'Aiexandra.

Bérode fut toujours malheureux , parce qu'il Qui croit s'*ffut toujours impie, soupçonnei^x et cruel. Il <î«»t'«»»"6» acheva d'exterminer toute la race des princes Asmonéens , se flattant de dissiper par-là toutes ses ioquiétudes ; mais il en trouva de nouveaux sujets dans ses enfans, et il répandit le sang de ses trois fils , comme si c'eût été un reste du sang des princes sur qui il avait usurpé la couronne. Il régna trente-sept ans, toujours odieu;s à ses sujets, toujours odieux à lui-même , déchiré tour à tounpar ses soupçons ou par ses remords. Il mourut dans sa soixante-dixième année.

Jacob avait prédit aue le sceptre ne serait iespropwti«s

^ ^H *■ '^ s'accompliisent

point ôté à Juda, et qu'il y aurait dans sa pos-

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térité des conducteurs du peu pie, jusqu'à la venue de celui qui devait être envoyé* L'autorité étant donc passée à Hérode Iduméen, et, par conséquent, étranger à la- race de Jacob, c'était une preuve que le temps du Messie n'était pas éloigné. D'ailleurs, les septante semaines, marquées par Daniel, étaient sur le point d'expirer, et les Juifs attendaient l'accomplissement des prophéties. Aussi Jésùs-Qhrist est-il né sur la fin du règne d'Hérode , quatre ans avant l'ère vulgaire.

Toutes les prophéties s'accomplirent en Jésus- Christ , et si visiblement , qu'il ne paraissait pas possible de le méconnaître. Cependant les Juife furent assez aveugles pour ne pas voir en lui le Messie qu'ils attendaient ; ils s'opiniâtrèrent pour la plus grande partie dans lem* aveuglement, tandis que la vérité préchép aux Gentils, fit des progrès rapides.

Quand on veut juger d'une révolution , il faut auparavant se faire une idée des circonstances où elle s'est faite; voilà pourquoi je viens défaire un tableau du gouvernement des Juife sous les princes Asmonéens et sous Hérode ; mais il nous reste encore à faire plusieurs considérations soit sur <îe peuple , soit sur les Gentils; il faut surtout connaître la philosophie qui régnait.

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