CHAPITRE VIII
Depuis le commencement du troisième siècle jusqu'en 3^5, que Constantin donna la paix à l'Église.
C'est surtout dans le troisième siècle que la phi- . yMtcyumt
^ ' était la pbtioso-
losophie devint l'étude des écrivains qui prirent ^^ï'sfèdl?"''* la défense de la religion chrétienne ; l'usage de recueillir les vérités' éparses partout fut même si général , qu'il prit alors le nom d'éclectisme. Les ennemis de l'Église s'attachèrent plus particulièrement à cette méthode : ils s'approprièrent souvent nos dogmes, afin que le christianisme n'eût point d'avantages stir eux; et ils ne conservèrent de la philosophie que ce qui leur paraissait propre à le combattre.
Les éclectiques aimaient^ à se dire platoniciens, ^„f*°Ç5*„,^' parce qu'en effet le platonisme dominait dans p"»'**^»^""»*-
^O'Ji HISTOIRB
leurs systèmes; cependant ils s'acconiaient peu les uns aTec les autres, parce que chacun prenait partout à son choix, et que la ^emière règle de ces philosophes était de ne s'assujettir aux opinions de personne. Au reste ce platonisme s'écartait en bien des choses des sentimens de Platon : car il s'alliait, comme je l'ai déjà remarqué, avec les opinicms des Orientaux et des Égyptieiis, en sorte que les émanations de Zoroastre en étaient comme la base. Cette philosophie ténébreuse n'était certainement pas capable de conduire dans le choix des vérités. Aussi verrez-vous jiaître de nouvelles erreurs , dont les chrétiens eux-mêmes auront souvent bien de la peine à se garantir. La tradition conservera les dogmes : mais les mauvais raisonnemens et le désir de se concilier les philosophes répandront une obscurité que les meilleurs esprits auront bi^i de la peine à dissiper. Il faudra que l'Église s'assemble ; et, jusqu'à ce qu'elle ait donné son jugement , chacun croira pouvoir adopter les opinions qu'il ne jugera pas contraires à l'évangile. De là plusiein*s hérésies. Je remarquerai que , dans les trois premiers siècles , elles sont presque toutes venues des Ueux où les platoniciens étaient le plus répandus ; c'est-àdire de l'Asie et de TAfrique.
Le, éclectiques Lcs éclcctiques ne se bornaient pas à la philo-
»epiqaaientdê- .A - i X
?!Ttî^ Sophie; ils s'appliquaient encore à tous les genres de littérature , et surtout à l'éloquence : plus ja-
se piqaaiei tre *
très
«rateur».
loux de persuader que de convaincre, ils dissertaient en orateurs plutôt qu'en philosophes; et souvent ils accumulaient les preuves au lieu cle les choisir; citaient des sophistes, qui, sans critique et sans logique, abusaient étrangement des allégories.
Ce fut une occasion de s'éloigner encore de la u. piwi de
• l 'Eglise, qui te
simplicité avec laquelle les apôtres avaient exposé S'fl-"eie"»Çpla doctrine. Ck)mme les pères du second siècle fèT8*ë"iaeIdëT
1 M 1 •! 1 1 • • ^ Grecs, els'ëloi-
avaient voulu être philosophes, ceux du troisième fj,^fj7,p';i'^!! voulureot être philosophes et orateurs. On crut p^;;»*^»»*p*': que les omemens dii discours étaient nécessaires pour se rendre favorables jusqu'aux esprits les^ plus délicats et qu'il importait de vaincre autant par l'éloquence que par la force de la vérité : cette façon de penser devait naturellement prévaloir, quoiqu'il fût à craindre qu'en cherchant . les images qui séduisent l'imagination , on ne s'écartât de Tcxactitude qui fait la solidité des raisonnemens. Mais si les ennemis de la religion avaient eu seuls ^ avantages du style, ils n'en auraient que plus facilement répandu leurs erreurs. Les pères s'applicpièrent donc à toutes les études des Grecs, et TÉglisë cutdes orateurs du premier . ordre. Tel est l'esprit qui distingue ce siècle des deux précédens. Il nous reste à le parcourir.
Vers le commencement du troisième siècle, il sou.s<»ère, s'éleva une persécution plus cruelle que les pré^ "ixc^^J^tll cédentes , et à laquelle Sévère donna lieu, en dé-
fendant de prêcher l'évangile. Elle excita le zèle de Tertullien, qui, s'étant déjà distingué dans le siècle précédent, prit alors la défense de TÉglise. Sa première profession avait été le barreau : il avait fait une grande étude des différentes sectes de la Grèce, et il joignait l'éloquence à la philophie. G^mme son apologie est la plus célèbre et aussi la plus complète, je vous ferai conndtre une partie des raisonnemens qu'elle contient. . Vr***/* '''•'■ Il montre d'abord combien il est injuste de pu-
tullien dans ion J k
»poio6'«- jjjj. içg chrétiens, uniquement par ce qu'ils s'avouent chrétiens, et sans examiner les crimes dont on les accuse : il montre combien il est absurde de les ipettre à la question , pour Içs forcer à désavouer ce nom seul; et les absoudre, lorsque les tourmens leur ont arraché un mensonge. Il insiste sur ce renversement des lois : il fait voir que celles qu'on a portées contre les chrétiens doivent être abrogées , comme tant d'autres l'ont été , puisqu'elles sont injustes ; et il relève surtout la contradiction où tombai Trajan, lorsqu'il défendait de rechercher les chrétiens, et qu'il ordonnait de les punir, si on les trouvait : comme si le crime ne consistait qu'à ne pas savoir cacher son crime.
Il vient ensuite aux calomnies j car on reprochait des horreurs aux chrétiens, entre autres, d'égorger desenfans et de se nourrir de leur chair. Après avoir montré que ces abominations, sans
ANCIENNE, ao5
preuves, sont contraires à l'esprit de la religion et aux mœurs des fidèles, il fait voir qu'elles n'appartiennent qu'au paganisme, et que les Romains avaient eux-mêmes imnK>lé des hommes à leurs dieux.
Il fait des recherches sur ces dieux; et il trouve des .hommes qui sont morts après avoir vécu dans le crime, qui protègent le vice, qui en donnent Texemple, et qu'on tourne en ridicule sur les théâtres, tant ils sont méprisables aux yeux même des païens. %
A ce culte absurde, il oppose celui des chrétiens, dont on se faisait des idées fausses : car quelques-uns leur atribuaient d'adorer le soleil, parce qu'ils priaient tournés vers l'orient; d'autres, des croix; d'autres , une tête d'âne. Il montre donc que le dieu des chrétien^ est unique ; qu'il a créé le ciel et terre; qu'il punira les méchans, qu'il récompensera les bons ; que ses ouvrages prouvent son existence ; que nous ne pouvons l'ignorer; que la nature nous le rév^e. C'est lui , dit-il , quenous invoquons, lorsque nous nous écrions : Mon Dieu! plût à Dieu, etc., expressions qui sont le témoignage d'une âme naturellement chrétienne.
Dès le commencement, ajoute Tertullien, ce dieu a envoyé des hommes dignes de le connaître. Il les a remplis de son esprit, il leur a manifesté l'avenir, et leurs prophéties se sont accomplies. Il démontre toutes ces choses par les
tko6 HISTO0U&
laits et par l'autorité des livres de Moïse ^ et il vient ensuite au culte dû à Jésus-Clirist.
Il remarque l'état déplorable où étaient alors les Juifs, auparavant le seul peuple agréable à Dieu : mais c'est un malheur dont ils avaient été menacés. Il avait été prédit que Dieu se choisirait enfin des adorateurs parmi toutes les nations; qu'il enverrait son fils pour les éclairer, et qu'il leiur accorderait une grâce abondante.
Ce fils, c'est I3 parole, la raison, la puissance. Vos sages , dit TertuUien , conviennent que Logos ^ c'est-à-dire le Verbe, la parole, semble être l'ouvrier de l'univers. Or nous croycms encore que la propre substance de ce Verbe, de cette raison, par laquelle Dieu a tout fait, est l'esprit j que Dieu a proféré cet esprit; qu'en le proférant il l'a engendré; et c'est pourquoi il est nommé fils de Dieu. Quand le soleil pousse un rayon, la substance n'est pas séparée, mais étendue. Ainsi le Verbe est esprit d'un esprit. Dieu de Dieu, comme une lumière allumée d'une autre lumière. Ainsi ce qui procède de Dieu est Dieu, fils de Dieu , et les deux ne sont qu'un. Ce Verbe , conune il avait été prédit, est descendu dans le sein d'ime vierge; il s'est fait chaii', et il est né Homme-Dieu. Voilà Jésus-Christ.
Il démontre que le Sauveur est ce Verbe-Dieu, et par l'autorité des prophètes, et par les miracles qu'il a faits , et par les ténèbres qui se répandûr^t
AifciîinTE. 207
au moment de sa mort. A ces preuves, il ajoute rétablissement miraculeux de l'Église et le pouvoir que les chrétiens avaient sur les mauvais ai^es. Faites venir , dit-il aux païens , devant vos tribunaux un possédé: si un. chrétien, pris au hasard, l'interroge, l'esprit, qui se dit ailleurs un dieu, avouera qu'il n'est qu'un démon. Il en est de même de ces dieux que vous croyez inspirer vos prêtres et vos prêtresses. Si en présence d'un chrétien ils ne s'avouent pas pour ce qu'ils sont, répandez le sang de ce chrétien téméraire. Voilà cependant l'objet de votre culte. Chaque peuple, dmque province, chaque ville a de pareilles di- TÎnités. On peut tout adorer chez vous, hors le vrai dieu ; et il n'y a que les chrétiens auxquels vous ne permettez point de culte particulier. A cette occasion Tertullien réfute l'erreur des païens, qui attribuaient à leurs dieux la grandeur de l'empire; il fait voir encore avec combien peu de fondement on accusait les chrétiens de sacrilège et de lèse-majesté, parce qu'ils n'adoraient pas de pareils dieux et qu'ils ne leur offraient pas des sacri* fices pour l'empereur. Il tourne en ridicule 1^ piété des païens, qui croyaient honorer le prince et les divinités lorsqu'ils se livraient à des désordres de toute espèce, dressant des tables dans les rues, fusant de la ville un cabaret , et courantpar troupes pour commettre des insolences. A cette conduite, il oppose la modestie des chrétiens, qui invoquent
ao8 HISTOIRE
le seul vrai dieu, et qui demandent pour Fempereur une longue vie, un règne tranquille, un sénat fidèle, de braves soldats, un peuple soumis, et tout ce qu'un prince peut désirer. Nous prions, dit-il, et parce que l'Écriture sainte nous le commande, et parce qu'étant persuadés que le monde finira avec l'empire romain , nous voudrions retarder les maux dont nous sommes menacés.
Nous le détruirions cet empire, si nous voulions armer, car nous remplissons vos villes, vos îles, vos châteaux, vos bourgades, vos champs, vos tribus, vos palais, le sénat, les troupes, tout, en un mot, excepté vos temples. Et combien ne serions-nous pas redoutables, nous qui affrontons la mort avec tant de fermeté? Mais notre loi nous ordonne de souffrir.
On n'a donc rien à craindre des motifs qui nous unissent. Nous faisons un corps, parce que nous avons la même religion, la même morale, la même espérance. Nous nous assemblons pour prier, et pour lire l'Écriture; nous nous exhortons, nous nous corrigeons, nous nous jugeons avec équité, ,^comme Dieu nous jugera : et tout est à craindre pour celui qui a mérité d'être privé de la participation aux choses sacrées . Ceux qui président à nos assemblées sont des vieillards éprouvés. La vertu seule les élève à cet honneur. Les choses saintes ne se vendent pas; et, si nous avons une espèce de trésor, c'est le fruit 4'une contribution
AjrciENnE, aog
Yolontaire. Chacun apporte ce qu'il veut , quand il veut ; les biens sont con;imuns entre nous , et nous les employons à entretenir le^ pauvres, les orphe- 1ms, les vieillards, les infirmes; à secourir les fidèles relégués dans les îles, condamnés à travailler aux mines , ou enfermés dans les prisons pour avoir confessé Jésus-Christ. Nous nous regardons comme frères, nous faisons en commun des repas de charité : nous prions avant de nous mettre à table, nous, prions après; et nous nous séparons sans désordre et avec modestie. Telles sont i|tos assemblées* Cependant si le Tibre inonde et si le Nil n'inonde pas, on crie : Les chrétiens au lion. On veut que nous soyons la cause de tous les malheurs, comme si, avant la venue de Jésus-Christ, il n'était pas arrivé de semblables calamités.
Que trouve -t -on en nous, sinon des vertus supérieures à celles des plus sages philosophes? j'ajoute même , et plus de science à certains égards : car si Platon disait qu'il est difficile de trouver l'auteur de l'univers , et encore plus difficile d'en parler devant le peuple , paryii nous , le moindre artisan connaît Dieu , et le fait cpnnaître. Mais quand nos opinions seraient fausses , au moins sont -elles utiles, puisqu'elles nous rendent meilleurs : certainement elles ne nuisent à personne; et, s'il lès fallait punir , ce serait par le ridicule , et non par le fer, le feu , lès croix , les bêtes. Ces persécutions produisent un effet
contraire à celui qu'on attendait. Le mépris de là mort se montre bien mieux dans notre conduite que dans les discours des philosophes; on est étonné de notre courage : on , en veut pénétrer la cause , et bientôt on désire de souffrir comme nous. Ainsi le sang des chrétiens devient une semence féconde.
Erreurs Ou uc voit pas quc cette apologie ait produit tttiuen. aucun effet. La persécution continua, et fut
grande à Carthage même , où il paraît que TertuUien avait écrit et publié son ouvrage. Ce qui est plus étonnant, c'est que, quelques années après , cet écrivain embrassa Thérésie des montanistes, croyant reconnaître le Paraclet dans un visionnaire , et trouvant les nouvelles prophéties de Montan bien supérieures à celles de Jésus* Christ. Tant qu'il défendit la vérité, il montra du génie : dès qu'il écrivit pour l'erreur , on ne vit plus en lui qu'un esprit faible, faux et crédule» Son imagination bouillante ne lui permit jamais de revenir sur ses pas. Il tomba de précipice en précipice; çt, finissant par se séparer des montanistes, il devint le jchef d'une secte nouvelle. Dan.»e.umpi Caracalla, Macrin et Héliogabale ne persécu- &c;îjiVnfp!^t tèrent pas les chrétiens : Alexandre Sévère leur
sécutës par le» ^ ^ „
)uri5con.uite». fut memc favorable , et mit Jésus-Christ parmi les dieux , auquel il rendait un^culte en particulier. Les fidèles commencèrent donc à respirer. Cependant la paix ne fut pas entière,, et il y eut
encore quelques martyrs ; c'est que l'Église avait des ennemis déclarés dans les jurisconsultes , i auxquels Alexandre avait donné une grande part dans le gouvernement. Ces hommes, attachés aux anciennes lois, regardaient la religion chrétienne comme une nouveauté qui ne pouvait causer que des troubles.
Le zèle des prêtres et des évêques ne se-fâlen- zèiedeschr^-
, , , . . - liens et UoM
tissait point : soit dans la persécution, soit dans *<^«'"la paix, ils travaillaient avec la même ardeur à la conversion des païens ; il y avait des écoles pour instruire ceux qui se préparaient au baptême; et c'est par ce moyen que la doctrine se conservait dans la plupart des églises. On écrivait peu encore : l'instruction se faisait par la parole et par l'exemple, et l'usage d'écrire ne s'introduisait que dans les provinces, où les lettres étaient cultivées; l'école chrétienne d'Egypte dut donc produire, et produisit en effet les plus grands écrivains.
Un des plus illustres est saint Clément d'Alexan- saim cw-
*■ ^ ' ineot d'Alexan-
drie, qui appartient à la fin du second siècle, et tusH^lnt
qui avait vécu jusqu'au règne d'Alexandre. Ecri- ^'°"' vain élégant et d'une érudition immense, il combattit l'idolâtrie, et montra l'excellence de la religion chrétienne. Il s'attachait surtout à la morale ; et lorsqu'il parlait des mystères , il affectait quelque confusion, afin de ne pas les découvrir à ceux qui n'étaient pas encore initiés.
2 1 a HISTOIRE
Cette conduite pouvait avoir des inconvéniens* Source de» Saïut Clémeiit était né païen, et il avait eu
erreurs on il est *^ '
***^' plusieurs maîtres ; un de Cèle-Syrie , un autre
d'Egypte, lui troisième d'Assyrie et un quatrième de Palestine , Hébreu d'origine. Ce dernier était Pantenus , stoïcien converti , qui enseignait dans l'école chrétienne d'Alexandrie. Saint Clément se fixa en Egypte pour l'entendre , le préférant à tous les autres , et mérita dans la suite de lui succéder.
Quand on considère tous ces différens maîtres^ et les pays d'où fls étaient, on a lieu de craindre qu'il ne se soit pas assez tenu en garde contre les opinions alors répandues en Orient et en Egypte. En effet, on peut lui reprocher de s'abandonner trop aux allégories, et d'avoir, pour un chrétien, fait trop de cas des sectes de la Grèce. Bien loin de trouver du danger dans la philosophie de son temps, il en recommande l'étude : aussi le sincrétisme a-t-il été son écueil. Voulant , par exemple , concilier Moïse et Platon, il fait dire à tous deux que le monde a été engendré de Dieu, comme le fils du père ; quoique Moïse enseigne que la matière a été créée, et que Platon prétende cfu'elle est éternelle, et que Dieu n'a fait que l'arranger. Il avait sans doute pris cette génération du monde dans les émanations, qui faisaient alors partie du platonisme. Il peignait encore quelquefois le vrai chrétien
avec les mêmes couleurs que les stoïciens peignaient leur sage, voulant qu'il fût impassible, disant que Jésus -Christ avait été insensible à la douleur et au plaisir, et qu'il en avait été de même des apôtres après la résurrection du Sauveur. Je ne parle pas de son livre des institutions , où le platonisme se montre sensiblement avec plusieurs, erreurs des gnostiques. Il faut qu'il ait fait cet ouvrage dans un temps où il était encore mal instruit; car, dans tous les autres, il enseigne une doctrine toute différente. .
Lors de la persécution de Sévère, plusieurs origines. c<iè-
'■ * . brè de bonne
s'enfuyaient d'Alexandrie , et saint Clément , qui ïû"/ pwi{émël fut de ce nombre , abandonna son école, pensant T^tx^nirâT avec raison que si un chrétien ne doit pas craindre la mort, il ne peut pas non plus s'y exposer témérairement, sans se rendre coupable. Origènes, l'un de ses disciples, lui succéda, et commença d'enseigner en ao3, quoiqu'il n'eût encore que dix;-huit ans. Il tint cette école plusieurs années, avec une grande réputation , nonseulement dans l'Église, mais encore chez les païens. En 216, étant venu en Palestine, les évéques d| cette province le chargèrent d'expliquer publiquement l'Écriture , et d'instruire le peuple en leur présence; et en 228, dans un second voyage , ils l'ordonnèrent prêtre. Démé- Irius, évêque d'Alexandrie, jaloux peut-être de rhonneip:* fait k Origènes, et surtout iri:itê d'iipç
ordination faite sans sa participation, assembla un concile, dans lequel il lui fit défendre d'enseigner à Alexandrie et même d'y demeiu^r.
Origènes, s'étant retiré en Palestine, établit son école à Césarée , où Démétrius le poursuivit encore ; l'ayant fait excommunier dans un nouveau concile, et ayant écrit à tous les évêques pour le faire rejeter de la communion de toutes les églises. Or, en pareil cas , une condamnation était reçue partout : car ceux qui ne connaissaient pas celui qu'on avait condamné le devaient supposer coupable; et ceux qui le connaissaient trpuvaient moins d'inconvéniens à consentir à une excommunication , même injuste , qu'à violer l'ordre de la discipline. Origènes, excommunié, n'eut pour lui que les évêques de Palestine, et quelques autres qui conservaient une estime singulière pour sa personne. Il continua d'enseigner à Césarée , fit quelques voyages , fut pris et persécuté pour la foi ; et , ayant recouvré sa liberté, il mouiiaform^nn rut à Tvr vfirs l'an aSa. Il avait fait un grand
craod nombre •/ » o
Se disciples, nombre de disciples, dont le plus illustre a été Grégoire Thaumaturge, évêque de Néocésarée, également célèbre par sa piété et par ^s miracles. Il sortit d'ailleurs de son école quantité de docteurs , d'évêques , de confesseurs et de martyrs. Elle fut toujours florissante, La per^ution nîême qu'il essuya ne diminua pas le condburs : nonseulement les catholiques s'empressaient p^r
AKCIENWE. 21 5
l'entendre, mais encore les hérétiques et les païens même. On le jugeait capable d'enseigner toutes les. sciences ; et il les avait en effet toutes étudiées. Il voulait les rapporter à la religion , attirer à l'Église les savans du siècle, et faire une moisson abondante des vérités répandues partout. Cet éclectisme, cpi'il professait et qu'il aVait appris d'Ammonius, l'un de ses maîtres, fut un écueil contre lequel il échoua.
Les anciens ne parlent qu'avec étonnementpdu n . fait qua». nombre de ses ouvrages, et de la facilité avec la- ' * <»'»^'*«"quelle il travaillait. Il a surtout écrit sur l'écriture sainte , et il a combattu avec succès toutes les hérésies qui avaient paru jusqu'à lui ; un de ses derniers livres , et le plus utile de ceux qui nous restent, est contre Cebe, philosophe épicurien, qui avait écrit contre la religion chrétienne. Origènes détruit parfaitement toutes les objections , et présente avec une nouvelle force les preuves que les autres apologistes avaient déjà apportées. Je dois vous faire remarquer que Celse reconnaissait les miracles de Jésus-Christ , et que, ne pouvant les nier, il n'avait d'autre ressource que de les attribuer à la magie.
Les anciens pères sont fort partagés sûr Origènes ; ^^^l les uns lui ayant reproché des erreurs dont les autres le disculpent. Il est au moins certain qu'il paraît peu d'accord avec lui-même, et qu'il serait bien difficile de déterminer ce qu'il pensait. Si
est tombé les erreurs.
ai6 HISTOIRE
d'un côté il fait profession de croire la doctrine de. l'Église, de l'autre il établit des principes philosophiques , avec lesquels elle ne peut se concilier. Cette contradiction a pu avoir pour causes la promptitude avec laquelle il composait ses ouvrages, le plan qu'il s'était fait detrouver toujours datas l'Écriture des sens cachés , son goût pour les allégories qu'il préférait à la lettre et le dessein de puiser dans les différentes sectes tout ce qu'il croyait pouvoir s'accorder avec les dogmes de la religion chrétienne. Était-il possible que toutes ces allégories et tous ces principes philosophiques, saisis à la hâte, lui permissent de combiner toujours ce 'qu'il pensait avec ce qu'il avait, pensé, et de former un système bien suivi? Il devait flotter entre les opinions les plus contraires, les adopter et les rejeter tour à tour, parce que, dans des circonstances différentes , son imagination était frappée différemment.
Il reconnaît, par exemple, avec l'Église, l'éternité des peines et des récompenses dans une autre yie; et cependant il dît, avec les platoniciens, qu'elles auront une fin. Cette erreur est une conséquence du système des émanations, suivant lequel, tout étant sorti de Dieu, tout y doit retourner pour en ressortir, et cela par une suite éternelle de révolutions. Aussi croit-il qu'il y a eu plusieurs mondes; qu'il y en aura plusieurs encore ; que les âmes ont été envoyées dans les
corps comme dans une prison; <Ju'elles passeront de corps en corps ; qu'elles se purifieront ; qu'elles deviendront anges; et que les diables mêmes feront un jour délivrés de leurs tourmens. Il donne des âmes aux astres : il confie le soin des choses inanimées aux anges, qu'il multiplie et qu'il répand au gré de son imagination. En un mot , il semble vouloir confondre le platonisme et le christianisme. Sa conduite est un exemple sensible de l'abus de l'éclectisme : elle fait voir combien il était dangereux de.s'écarter de la simplicité des apôtres, et de vouloir se concilier les philosophes, en cherchant à parler et à penser comme eux. Vous en seriez encore plus convaincu si j'exposais toutes les erreurs d'Origènes.
En 235, Maximin, ayant fait assassiner Alexan- per,^cutîdn dre, fut reconnu empereur par l'armée; et bien- IsSssîn^d'A-
^ r r •> lexandre Si-
tôt, sous prétexte d'une conspiration, il fit roou- '^"* rir plus de quatre mille personnes, parmi lesquelles il se trouva plusieurs chrétiens ; ce fiit le commencement d'une persécution. Cet empereur néanmoins n'ordonna de sévir que contre les chré-* tiens qui enseignaient : mais c'était assez qu'il se déclarât ennemi de la religion pour rallujner la haine des païens contre tous les fidèles.
Il y eut alors des tremblemens de terre, surtout Les chrétiens
avaient alors des
dans la Cappadoce et dans le Pont , où des villes ^«"s*" ^"*'*'"' entières furent abîmées. Le peuple ne manqua pas, suivant sa coutume , d'en rejeter la cause sur les
UtlO , HlSTOIjaE
ment de pouvoir prouver qu'ils renonçaient à Jésus-Christ. Ceux qui étaient tombés invitaient les autres à se précipiter avec çux, ou dénonçaient leurs parens et leurs amis; les pères et les mères entraînaient leurs enfans aux pieds des idoles; et la lâcheté, autorisée par l'exemple, augmentait tous les joiu*s le nombre des apostats. Il semble que la fuite était l'unique ressource pour conserver sa foi. La plupart des fidèles n'étant pas assez forts pour une persécution si violente, les plus saints évéques leur conseillaient la retraite, et leur en donnaient l'exemple. Ainsi les chrétiens , fuyant de toutes parts , abandonnaient leurs biens, leur patrie, et cherchaient un asile au fond des déserts, chez les Barbares, ou dans les pays où chacun croyait n'être pas connu. Au reste, il y eut^ifîérens degrés de chute. Les uns sacrifièrent aux idoles ; d'autres leur offinirent de l'encens; d'autres donnèrent de l'argent aux magistrats pour n'être pas inquiétés, et ils obtinrent des billets, par lesquels ils paraissaient avoir renoncé au christianisme, quoiqu'ils n'en eussent rien fait. On nommait ceux-ci libellatiques. Quelque grande que fut la multitude des apos- *y'*- tais dans toute l'Église, cette lâcheté cependant
ne fut pas universelle. Il y eut partout beaucoup de fidèles qui confessèrent Jésus-Christ avec courage , et qui subirent le martyre. Enfin cette persécution cessa. Elle n'a duré que deux ans dans
Beaucoup antsi souffrent le mar.
ANCIEIfNt!, 221
tpute sa force,. Décius n'ayant régné que trente mois.
La tranquillité ayant été rétablie, le? apostsds l» persécution demandaient à rentrer dans le sein de l'Église, gS'^^VâiîSl et cependant plusieurs ne voulaient pas se sou- uû." ***^'**' mettre à la rigueur de la pénitence. C'est ce qui occasiona des troubles et des schismes.
L'Église était alors dans l'usage d'accorder le pardon à la prière des confesseurs , lorsque celui qui était tonfibé se présentait avec un billet d'indulgence, écrit de leur main. Or cet usage dégénéra en abus par la facilité ^e quelques confesseurs , et la discipline était en danger. Cependant cet abus même eut en Afrique des partisans qui furent excommuniés par saint Cyprien, évêque de Carthage.
Il semble que dans les disputes on passe près- ^f,^JX«f et" que toujours d'une extrémité à l'autre. Ainsi Novatien, à Rome, soutint que l'Église ne devait jamais accorder de pardon à ceux qui étaient tombés dans l'apostasie; que même elle ne le pouvait pas; qu'ils n'avaient point de salut à espérer, et que la pénitence, le martyre même leur serait inutile. 11 en disait autant de tous les péchés mortels, et il refusait à l'Église tout pouvoir de lier et de délier.
Tout à la fois schismatique et hérétique , il eut Nov.tien e$t
•■■ , le premier anti-
l'ambition d'occuper le premier siège. Il accusa p*p« le pape saint Corneille d'avoir acheté un billet
lai HISTOIRE
du magistrat pour se soustraire à la persécution , et d'avoir communiqué avec des évéques qui avaient sacrifié aux idoles. Sur ce fondement, il sépara plusieurs confesseurs et quantité de fidèles de la communion de Corneille, et il se fit ordonner évêque de Rome. C'est le premier anti^pape.
Dans toutes les provinces on fut d'abord partagé entre ces deux papes ; plus la discipline était alors sévère, plus Novatien en imposait par son faux zèle; et , comme il trouva des esprits disposés en sa faveur, son hérésie se répandit beaucoup. Elle dura jus(^e dans le cinquième siècle,
just condam- Cependant sa doctrine était évidemment contraire à la tradition. Il fut condamné dans deux conciles, l'un tenu à Rome, l'autre à Antioche. Bientôt ceux qu'il avait séduits puvrirent les yeux. Il ne lui resta des sectateurs, que dans quelques provinces.
Aprts quelque» L'Églisc fut eucore persécutée sous Gallus et
persécutions la , . i . a ri
SlnsVÉitu!*"* ^^^^ Valérien , quoique celui-ci eut été favorable aux chrétiens les premières années de son règne. . Lorsqu'il fut pris parles Perses en 259,Gallien, son fils , rétablit la paix ; et l'Église en jouit jusqu'en 3o2 , la dix-huitième année de Dioclétien. Il est vrai que, vers 274, Aurélien* publia des édits contre les chrétiens ; mais ils produisirent peu d'effet, parbe que ce prince fut assassiné l'année suivante. La persécution ne se fit presque sentir que dahs les Gajules.
Dispute sur la Au commeuccment du règne de Valérien , il
s'éleva une . grande dispute qui partagea toute l'Église. Il s'agissait du baptême des hérétiques. vaUdiiédubap- Saint Cyprien soutenait qu'il était nul, sub ce ^''ï"**principe que la grâce ne se donne point et ne se reçoit point hors de TégUse catholique; et il en concluait que les hérétiques qui rentraient dans l'Église devaient être baptisés, comme s'ils ne l'avaient pas été. Il entraîna dans son sentiment beaucoup d'évêques, et il fut appuyé des décisions de plusieurs conciles.
Le pape saint Etienne, au contraire, était pour la validité du baptême des hérétiques. U jugeait que la grâce dépendait uniquement du sacrement, quelle que fût d'ailleure la façon de penser du ministre ; et comme il se fondait sur la tradition, il accusait saint Cyprien de vouloir innover.
On ne sait pas quelle fut alors la fin de cette contestation. Mais quelque temps après l'Église a déclaré qu'on ne devait point renouveler le baptême, donné en invoquant les trois personnes, quoiqu'il eût été administré par des hérétiques ; cet usage était en effet le plus universel.
On reproche à saint Etienne d'avoir mis de la passion dans cette dispute, jusqu'à traiter durement ceux qui ne pensaient pas comme lui. Saint Cyprien se conduisit avec beaucoup de modération et de sagesse. Il avait trop de vertu et trop de zèle pour songer à faire un schisme ; et , s'il se trompa
sur une question qui paraissait aloi's probléma' tique, on ne peut lui reprocher d'ailleurs aucune des erreurs du second et du troisième siècle. Il est le premier des auteurs ecclésiastiques qui ait été véritablement éloquent. Le caractère de son esprit est la facilité, la fertilité et la netteté ; et il a été une des plus grandes lumières de l'Église. Il souffrit le martyre à Carthage , lors de la persécution de Valérien.
Manè«. C'est vers ce temps, ou peu après, que parut
en Perse l'hérésiarque Manès , dont la secte fit des progrès rapides ; elle était déjà fort répandue sur la fin du troisième siècle. Ce Manès était un esclave qu'une femme avait fait instruire dans les sciences des Perses , et auquel elle avait laissé les écrits de Buddas, où il puisa sa doctrine; et c'est d'un nommé Seithein, Sarrazin établi à Alexandrie , et fort instruit dans la philosophie égyptienne, que Buddas avait lui-même emprunté ses principes. Vous voyez que si le manichéisme naquit en Perse, il tirait cependant son origine d'Alexandrie.
Il ëiabiiisait Cette hérésie était un ramas de ce que les gnos-
4e ux principes. * ^
tiques et d'autres ont dit de plus absurde , et elle admettait une multitude d'esprits de toute espèce. Ce qui lui appartient plus particulièrement, c'est de reconnaître pour principe de tout deux dieux éternels, indépendans; l'un bon, l'autre mauvais-, et essentiellement ennen^s. De leur concours, ou
ANOrENNE. 22a
plutôt de leurs combats , est sorti le inonde. Partout leurs substances se répandent ot se mêlent , en sorte que chaque homme a deux âmes, dont Tune est une parcelle du bon principe , et l'autre une parcelle du mauvais. C'est d'après ces absurdités que les manichéens prétendaient rendre raison du bien et du mal. On s'est lofl^-temps occupé de ce système extravagant ; il ne mérite cependant pas de nous arrêter. Vers l'an 290, Dioclétien ordonna que les chefs des manichéens seraient brûlés avec leurs écrits, et que les autres, suivant leur condition j auraient la tète tranchée, ou seraient dépouillés de leurs biens, et condamnés aux mines. Il paraît que les empereurs suivans , lors même qu'ils toléraient les hérétiques, ont tous traité les manichéens avec la même rigueur.
La persécution à laquelle Dioclétien fut porté Per.<cution par Galère dura depuis 3o2 jusqu'en 3 10, que Galère lui-même rendit la paix à l'Église', dans une maladie dont il mourut. Elle produisit une quantité étonnante de martyrs dans tout l'empire, excepté dans les Gaules, qui en furent exemptes. Coiàstance n'y fit mourir aucun. chrétien, et permit seulement d'abattre les églises.
La persécution ne fut nulle part plus violente ,^^^^,4^ ^^ qu'en Afi'ique. Dioclétien avait ordonné de faire 2»*?a"dHw$T mourir, sans distinction, tous les chrétiens qui .persisteraient^ et de brûler publiquement les livres .de l'Écriture- Il voulait qu'on fît une recherche
a!l6 HISTOIKE
exacte de ces livtes, et il y allait de la vie des mâgift^atd, s'ils étaient convaincus de négligence ou d'indulgettce à cet égard. Cette recherche troubla surtout l'Afri<}ue , où beaucoup de fidèles aimèrent mieux périr dans les tourmens que de livrer les saintes écritures. Mais, après une longue paix, dontU relâchemeqt est une suite ordinaire, on ne pouvait pas se flatter que tous les chrétkns auraient le même zèle. Il y eut donc des âmes assez lâcher pour livrer les livres saints; et ce crime ne fat pas seulement celui de quelques laïques , ce fat etic(»e celui de plusieurs prêtres et de plusieurs évêques. Les coupables farent nommés traditeurs.
La paix donnée par Galère ne dura que six mois; et, dans cet intervalle, il sfe forma un sdiisme.
scUsnie de» Meusurius, éTcquc de Carthage, étant mort pendant la persécution, Cécilien, élu par le suffrage du peuple et ordonné par un évêque voisin, redemanda aux anciens des vases d'or et d^argent que son prédécesseur leur avait confies. Ceûx-ci, ne voulant pas les rendre, fortnèrentun parti auquel se joignirent Botrus et Céleusius, irrités qu'un autre leur eût été préféré , et Lucilla, femme riche et puissaîrte.
A leur sollicitation, des évêques de Numidie vinrent à darthage, au nombre environ de 70, et, sous préteixte que c'eut été à eux d'ordonner
AirciENNx. aa7
révéqud de cette ville , Us se déclarèrent contre Cécilien. On ne sait pas si cette raison avait qpel* que fondement, parce que nous ignorons les usages qu'on suivait en Afrique. Jl est certain qu'ailleurs un métropolitain était ordonné par im évêque d^ sa province; celui d'Ostie, par exemple, ordonnait celui de Rome. Quoi qu'il en soit, ils condamnèrent Cécilien, parce qu'il ne s'était pas présenté à lem* concile, parce qu'il avait été ordonné par des traditeurs, et parce qu'étant diacre il avait empêché de porter de la nourriture aux martyrs qui étaient en prison. Aucune de ces allégations n'était prouvée; et, ce qu'il y a de plus singulier^ c*est que la plupart de ces évéques étaient traditeurs eiyc- mêmes. Ils ordonnèrent cependant un nommé Majorin, domestique de Lucilla, qui, dans cette occasion, leur ouvrit sa bourse. Cécilien fut reconnu dans toutes les autres églises ; mais ses ennemis aimèrent mieux se séparer de Govmunion que d^ se désister, et toute l'Afrique fot divisée en deux partis. Telle fut l'origine de œs sc^smatiques qui prirent le nom de donatistes, de Donat, un de leurs chefs.
Depuis Galère jusqu'en Sa 5, que Constantin, comiD«iic« seul maître de l'empire, fit tnompn^ l'Eglise, il *''*■"« j eut encore trois persécutions, dont la première bA ordonnée par Maximii^ les deux autres par Lidnius ; et il naquit une hérésie qui devait trou* Uer la paix. C'est: l'arianisme, ainsi nommé de
2^8 UTSTOIBE
Thérésiarque Arius, qui, ayant été condamné dans deijx conciles tenus à Alexandrie, se retira en Palestine , où il (entraîna plusieurs évéques dans son parti. Il niait la divinité de Jésus-Christ. Nous en parlerons.