CHAPITRE PREMIER
Depuis la mort de Jovien jusqu'à Théodose.
De tous les maux qui préparaient la ruine de . combien les
il » X X dispulei de reli-
pire.
H , dispulei de reli-
rémpire romain, les disputes sur la religion n'é- SJTrtef'à'relïI taient pas les moindres; c'était la source d'une guerre intestine qui devait durer plus que cet empire. L'erreur s'armait parce qu'elle n'avait que la violence pour se propager ou pour se défendre; et quelquefois la vérité s'armait encore, parce qu'en matière de religioirfte zèle ne se contient pas toujours dans de justes bornes. Ces différens partis cherchaient à se rendre les princes favorables; trouvant tour à tour des protecteurs, ils devenaient tour à tour plus puissans ; et les désordres croissaient d'un règne à l'autre.
Vous avez vu jusqu'où ils étaient montés. Il était temps de protéger l'Église sans lever le glaive sur ses ennemis, et de reconnaître que la persécution, qui ne suffît pas pour convaincre , ne suffit pas pour convertir. On venait de voir les temples se remplir aussitôt que Julien les avait ouverts, et
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* ce prince apostat avait démasqué les hxxx cbré'
tiens que la persécution avait faits.
ToWrâwe dont Jovicu avait été confesseur. On ne pouvait donc
JovitB foroia It *■
*****•*• pas douter de son zèle ; mais il était convaincu,
comme le dit M. Tabbé de la Bletterie,quelafoi se persuade et ne se commande pas. En quoi, remarque ce même écrivain, il pensait comme saint Athanase : on peut ajouter, comme tous les pères de rÉglise , pendant plus de trois siècles.
Cet empereur forma donc le projet d'une tolérance qui, ménageant les préjugés, ramena ûeu à peu tous les peuples à la vraie religion. Mais cette tolérance n'ôtait rien à la protection qu'il devait à l'Église. Vous avez vu qu'il l'a protégée de tout son pouvoir.
cv*«««tîr- Le terme où cette tolérance doit s'arrêter est UM2IiS.\T. ^^^^ difficile à déterminer : car elle est entre deux t^t!* ***"*■ extrémités, la persécution et l'indifférence. C'est aux circonstances où se trouve un empire à marquer au prince ce qu'il peut permettre, ce qu'il • peut défendre , et Fusage qu'il doit faire de son
autorité. Je ne vois pas qu'il y ait des règles assez générales à cet égard ; c'est un écueil où les meilleurs princes peuvent échouer. Tantôt, pour être tolérans, ils paraîtront indifférens, et d'autres fois, pour ne pas être indifférens, ils deviendront persécuteurs. Une situation si délicate demandait dans ceux qui parvenaient à l'empire plus rfe lumières que les temps ne le permettaient. Ce n'était
pas ici un cas où ils pussem se conduire sans dangers par les conseils des autres. Car ceux qui les entouraient avaient intérêt de leur persuader, ou Findifférenée sous le nom de tolérance , ou la persécution sous le nom de zèle. Commmit éviter également '
ces deux écueils? Je voudrais que Jovien eût vécu plus long- temps; quelle qu'eût été sa conduite, il nous instruirait au moins par ses fautes.
Bien plus : il est encore fort difficile de nous Nonsnepou. instruire parfaitemeat en observant la manière m»traiteenbb-
j ^^ servant la eon-
dont les premiers eippereurs se sont conduits; i"w,e^fîr« pour en juger sûrement, il faudrait connaître toutes les circonstances où ils se sont trouvés. Si Constantin, par exemple, n'eût démoli que les tenij^es où le culte était contraire aux bonnes mœurs, s'il n'eût fait taire que les oracles où la fourberie était manifeste, enfin s'il n'eût défendu que les encbantemens , la magie et toutes les pra- ^ tiques grossières qui étaient plutôt l'abus que l'essence de la religion païenne, on ne pourrait que le louer. Les idolâtres les plus raisonnables n'auraient osé le désapproruver ; il n'eût même fait que ce que les souverains pontifes avaient droit de foire; et cependant il se préparait à pouvoir un jour entreprendre davantage. Il ne lui fallait donc que de l'adresse pour obtenir par douceur et peu à peu ce qu'il ne pouvait emporter de force et tout à coup.. Mais, jaloux comme ill'était de son autorité, pouvait-il user de ces ménagemens?
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Nous voyons donc ce ^'il pouvait absolument faire. S'il lui a été permis de passer quelquefois les bornes que je viens de prescrire, il est au moins évident qu'il a été trop loin , puisqu'il a porté des lois qu'il i^ pu faire exécuter. Lorsque ses fils défendirent généralement à tout le monde de sacrifier, ils déclarèrent qu'ils ne faisaient qu'ordonner l'exécution des lois que leur père avait faites. Cependant Constance fut témoin qu'on ne les observait pas, et il fiit obligé de le souffrir. Tous ces empereurs s'étaient donc trop hâtés de porter ces lois.
Si d'un côté nous remarquons l'abus que Constantin a fait de son autorité, de l'autre nous connaissons l'usage qu'il en pouvait faire, sans être taxé d'imprudence. Cependant nous ne saurions apprécier exactement tout ce qu'il y a de bien et de mal dans sa conduite, parce que les circonstances des temps où il a régné ne nous sont pas assez connues. Nous serons dans le même cas par rapport aux règnes suivans.
\.i«.tinien est Quclqucs jours après la mort de Jovien , ftinnée • «Tei empire. ^^^^ cmpcreuT Vàlcntinien , fils de Gratien, qui, ^ de simple soldat, était devenu comte d'Afi:'iq«e.
L'empire trouvait dans ce prince un catholique qui avait été confesseur sous Julien.
u lûiiSfiiTr* Protecteur de sa communion, Valentinien laissa d'i«difreT*i.«. aux hérétiques et aux païens une entière liberté (le conscience. Il défendit seulement, comme
sources de désordres, les pratiques magiques et les sacrifices nocturnes. Il se fit surtout une loi. de ne se porter jamais pour juge en matière d^ religion , et de conserver aux évêques se^h le droit d^en décider. Il pouvait avoir pris ce parti à l'exemple de Jovien, et plus encore à la ^ue des maux que Constance avait causés.
Malgré les preuves qu'il avait données de sa foi sous Julien, sa tolérance le rendit suspect d'indifférence. Il semble néanmoins que Constantin et Constance auraient dû faire remarquer combien les princes intolérans sont dangereux pour l'Église ainsi que pour l'état. Que les souverains gouvernent leurs peuples avec justice, qu'ails leur donnent l'exemple de la piété, qu'ils fassent enfin chérir la religion qu'ils professent, et ils auront rarement besoin d'employer l'autorité. Voilà surtout la protection qu'ils doivent à l'Église. Mais si, livrés au vice , ils persécutent pour faire croire ce qu'ils ne pratiquent pas, quel fi:uit attendent-ils de leur prétendu zèle ? Que l'on compare les progrès des ariens avec ceux des autres hérétiques dans les siècles précédens , et on sera convaincu que les hérésies n'ont jamais été plus fimestes que depuis que l'autoritéys'est mêlée des disputes de religion. Mais les sectes veulent que l'autorité s'en mêle, parce que ce n'est pas à la vérité qu'elles s'intéressent,
Valentinien avait des qualités qui Je rendaient son c^»c\>sf.
digne du trône. Il aimait la vérité, il soulageait les peuples, il donnait les emplois au mérite; mais, parce qu'il comptait trop sur ses lumières, il en était plus facile à tromper, et on le trompa. iiprtnaiMnir H sougeait à prendre un collègue, et c'était son frère. memc ic vocu de 1 armée. Si vous préférez l etat^ lui dit un de ses généraux , vous choisirez : si vous préférez votre fcundle , vqus avez un frère* Valentinien préféra sa Éamille, et s'associa Valens, son frère, homme peu instruit, sans expérience dans la guerre, et protecteur des ariens. Il lui céda rOrient, c'est-à-dire, la Thrace, l'Asie et l'Egypte, et il se. réserva l'Occident. Il semble qu'il se voulait qu'assurer l'empire dans sa hmille : car trois ans après, au sortir d'une ma- \ ladie , il déclara Auguste Gratien , son fils , âgé de huit ans.
proc«peMpire Yalcus, dès la seconde année de son règne, p^rit. devenu si odieux qu on le comparait a Tibère, se
vit menacé de perdre l'empire. Un parent de Julien, Procope, profita de cette disposition des esprits , fut proclamé Auguste par quelques cohortes, et se fit reconnaître à Constantinopte, pendant que Valens était en Galatie. Il ne régna qu'un an. Peu digne de commander lui-même, il fut trahi par ses généraux, et livré à Valent, qui lui ôta la vie.
Les Bâtbmi Lcs Barbarcs, que Julien avait contenus, recom- ^rt«* Z't mencaient leurs hostilités. Les Gaules étaient
tombent de ton tes
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exposées aux courses des Francs, des Allemands et d'autres peuples de Germanie. Les Saxons venaient par mer porter la désolation sur les côtes. Les Sarmates et les Quades pillaient la Pannonie. Les Pietés et les Écossais ravageaient la Bretagne, Les Asturiens et d'autres nations maures ne causaient pas de moindres désordres en Afrique.
Enfin l'Orient avait pour ennemis les Goths , les Isaures, lés Perses, les Sarrazins, et les Blemmies, qui se jetaient souvent sur l'Egypte.
L'Occident fut défendu par les victoires de Va- Trahisom dei lentinien , et par celles de deux de ses généraux , Jovien et Théodose. Cependant ce règne est l'époque où les Romains , devenus perfides , commettent ouvertement les trahisons les plus noires. Ils égorgent les Saxons qui se retiraient sur la foi d'un traité. Ils font assassiner Vithicabe , roi des Allemands, Gabinius, roi des Quades, et Para, roi d'Arménie. Rome idolâtre avait eu des Fabricius; pourquoi faut-il que les trahisons deviennent si fréquentes sous des princes chrétiens? Valentinien sans doute, quoique confesseur, n'était pas assez instruit de ses devoirs. On ne voit pas qu'il ait fait aucune recherche sur les trahi^ns de ses généraux ; et il paraît avoir trempé liii-même dans la mort de Vithicabe.
C'est encore à ce règne qu'on voit commencer scbisme à dans l'Église des troubles qui se renouvelleront aee. dans la suite, et qui produiront de grands maux.
Le siège de Rome était déjà devenu l'objet de l'ambition , parce que les pontifes avaient mille moyens d« s'enrichir, et qu'ils pouvaient vivre dans l'opulence et dans le luxe. Damase, successeur du pape Libère, avait été élu canoniquement; et cependant Ursin, diacre de l'église romaine, forma un parti, et se fit élire. Ce fut le sujet d'une guerre. L'antipape soutint un siège dans une basilique. Il fallut que Prétextât , préfet de Rome, païen célèbre par sa sagesse et ]>ar son équité , armât pour chasser les schismatiques , et ce schisme dura plusieurs années»
MondeVaien. Valeutinicn mourut en lUviûe, dans la dou-
linieD.Les Huas *'
rt le. Mains, jgième auuéc de son règne et dans la cinquante-