‹ Œuvres complétes de Condillac (volume 5)Chapitre 40 sur 54 · cinquième de son âge, l'an 375, époque où les · texte numérisé non relu

cinquième de son âge, l'an 375, époque où les

Huns commencèrent à pénétrer en Europe *. Les

hordes de ces Barbares , les plus puissantes de

toutes celles qui erraient dans le Nord, toujours

armées les imes contre les autres , avaient causé

plusieurs révolutions; et celles qui avaient été

• vaincues, forcées de céder, s'étaient retirées sur

les bords de la mer Caspienne et du Pont-Euxin,

et tombèrent sur les Alains, qui habitaient ces

contrées. Ces deux peuples, après une guerre

longue et sanglante, se réunirent et passèrent

ensemble le Palus-Méotide.

uittoiiM. Les Goths s'étendaient alors depuis le Tanaïs

* Il faut consulter sur les Huns les mémoires de M. de Guignes.

jusqu'au Danube, et leur roi Ermanéric se faisait redouter jusqu'à la mer Baltique, et paraissait avoir conquis toute la Germanie. Cette nation était formée de plusieurs peuples , auxquels une peuplade originaire de Scandinavie paraît avoir donné son nom. On distinguait en général les Ostrogotbs, qui habitaient l'Orient, et les Visigoths, qui habitaient l'Occident. On met parmi les nations gothiques, les Gépides, les Hérules et les Vandales : quelqueis-uns ajoutent les Lombards et les Alains. Mais la plupart de ces origines sont peu certaines. Je remarquerai qu'il n'est pas possflrfe que la Scandinavie ait produit tous les peuples qu'on en fait sortir. • Les Goths succombèrent sous les efforts des usGotbssv-

^ , tablissent dans

Huns. Ils abandonnèrent leur pays au vainqueur; i»Thr»ce. et, s'étant reculés jusque sur les bords du Danube, deux cent mille demandèrent à Valens la permission de s'établir dans la Thrace, et offrirent de servir dans les armées jromainfes. Leur proposition fiit acceptée, à condition néanmoins qu'ils n'entreraient dans les terres de l'empire qu'après avoir quitté les armes : condition qui fot niai observée, parce qtie les officiers de l'empereur furent , phis occupés à les dépouiller qu'à les désarmer. D'autres (îoths firent encore la même demande, et furent refusa, parce qu'il parut dangereux de recevoir un si grand nombre de Barbares. Ils passèrent mal^ les Romains.

v«i«i, far Valens , comptant que les Goths lui fourniraient wàïu"**""*^ désormais assez de soldats, licencia une partie des anciennes troupes, et exempta de la milice les citoyens romains. Son avarice lui fit voir un avantage à imposer une somme sur chaque village pour chaque soldat dont il l'exemptait. Il ne vit pas qu'il surchargeait les peuples, déjà trop foulés, qu'il ruinait les armées, et qu'il livrait l'empire aux Barbares. Il était à eux, dès qu'eux seuls ils le défendaient.

son\ivtm»nt Cependant la Thrace,ne pouvant sufi&reàla subsistance de ses anciens habitans et des nouveaux peuples qui l'inondaient, éprouva une grande br mine , dont les GothA surtout ressentirent les effets. Maxime et Lupicinus,quicommandaientdaDS cette province, ne pensèrent point à les soulager: au contraire, ils les irritèrent par des injustices et par des trahisons. Forcés à prendre les armes, les ^oths invitent les Alains et les Huns à venir à leur secours. Ces peuples sç joignent à eux , et toute la Thrace est exposée au pillage des Barbares.

vaièns ptrà Valeus , quî était à Antioche , se pressa de fiaire tΫ " ** la paix avec les Perses, et vint combattre les Goths, 378. près d' Andr inople , avec une année levée à la hâte. Il perdit la bataille et I9 vie ; les deux tiers de ses troupes restèrent sur la place. Il a régné quiosse ans.

En occ.aeiii, Graticn , depuis la*inort de son père ^ régnait en

Gratien avait, ^ . , ^ ^ , . . i» /

pour collègue, Occideut avcc son frère Valentmien,. que rarœée

lui avait donné pour collègue, et Qu'il chérissait g*„"j[J2^***"' comine son fils. Il n'avait que seidQkns . lorsque son père moiuxit, et son frère en av^it quatre.

La jeunesse de Gratien et la faiblesse de son safaibiMseie

rend iacapable

caractère rendaient presque inutiles les qualités f/i'^'î^lili' estimables qu'on remarquait en lui ; quoique élevé " *"J''***"*' dans la piété et dans le goût des lettres par le poète Ausone, il ne fîit jamais capable de s'appliquer aux affaires du gouvernement, et on abusa de sa facilité. '

Il y avait eu bien des abus sous le dernier règne. On lui persuada d'en punir les auteurs, parce qu'on voulait perdre Théodose; et ce général, qui avait servi l'état avec autant de fidélité que de talens, fiit exécuté à Carthage. Son fils, disgracié, se retira en Espagne, sa patrie : il portait le même nom. Un prince sage doit moins pens^ à punir les abus qui se sont commis avant lui, qu'à prévenir ceux qui pourraient se commettre. Les recherches qu'il fait sur le r?gne qui a précédé font toujours périr des innocens.

Gratien marchait contre les Goths. Yalens , qui i),^f.ite d^

Allemand*.

craignait de partager avec lui l'honneur de la victoire , n'ayant pas voulu l'attendre , il tourna ses forces contre les Allemands qui s'étaient jetés dans les Gaules. Il les joignit près de Colmar, les défit, et les poursuivit au delà du Rhin. Ils perdirent plus de trente mille hommes. Gratien se distingua par son courage.

35o HisToias

Gnihn.tttmif , ApTOs la moitde Yolens^ cc prmce,âgé de viogt Kïpi^» «"«î^ ans, et n'a jj^ qu'un enfant pour collée, com-

rerapirc .

Mcie Th^odoie,

mandait depuis l'Euphrate jusqu'aux îles britan- ^- niques, et depuis la Numidie jusqu'au Danube. Cependant l'empire avait toujours ses anciens ennemis. Les Huns venaient d'en augmenter k nombre; les Gotfas, vainqueurs, ravageaient la Thrace : ils avaient forcé le pas de Sucques ; ils se répandaient dans l'Illyrie, dans la Macédoine, dans la Grèce. Sur leurs traces se poussaient, comme des flots, les Sarmates, les Quades, les Alains, les Huns, les Vandales, les Macormans. Ces Bari}ares n'avaient plus qu'à franchir les Alp^ ji^ennes pcmr porter la désolation dans toute l'Italie.

Lie jeune Théodose, relégué en Espagne, paraissait Tunique ressource de l'empire. On ne présumait pas néanmoins que Gratien l'employât, parce que les princes pardonnent rarement à ceux qu'ils ont offensife. On se trompa. Théodose fut rappelé, eut le commandement des armées, et défit les Goths et les Sarmates qui s'étaient rassemblés sur le Danube. L'année suivante , Gratien le prit pour collègue, et lui céda l'Orient.

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