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CHAPITRE III

Depuis la mort de Théodose jusqu'à la prise de Rome par Alaric.

Théodose, le dernier prince qui ait été maître Th^odoM aTa.t

* "* |iarUgé ('empire

des deux eid^pires, lai$§a deux fils; Arca4ius, âgé •■*'• •*• "*••■

368 ' uïSToiBis

fcu, ,Àrc»diw de dix-sept ans* et Honorius , âsé de dix. Le pre*

«l HoBorivi. . . . ' .

395. mier régDO^ suivant ses diâpositionà, A Ori^at; le second en Occident.

FaibiMsedeee* Yoilà donc deux enfans qui vont gouverner ^ el leur enfance durera. Toujours faibles, ils ne seront capables ni d'acquérir des lumières ni d'agir par eux-mêmes. Ils seront l'un et l'autre le jouet des intrigues de leur cour, et cependant ils régneront dans les temps les plus difficiles.

.EtMati'em- l4es divisions intestines renouvelaient sans cesse les plaies qu'elles avaient faites, et une législation absurde les envenimait. Les Bariwres menaçaient de toutes parts, et l'empire n'avait pour ae défendre que d'autres Baribares qui l'avaient défeadu sous Théodose. C'étaient des Goths qui étaient. commandés par des chefs habiles, et qui voyaient la faiblesse du gouvernement. Les ennemis étaient donc au dedans et au dehors.

Rofia , mipiv Théodose avait donné pour ministre à Tamé de " ""' ses fils, Rnfin, Gaulois , qui s'était élevé à la préfecture d'Orient par une suite de perfidies. Cet homme (failleiu^ rfavait aucun talent.

siîiieoii^mî- Stilicon, Vandale d'origine, gouvernait TOcmstre d osa. ^j jçj^|. ^^j^^g Houorlus. Général habile^ il ne manquait pas de lumières pour l'administration ; mais il n'était ni moins injuste ni moins ambitieux que Bttfin.

Cet deux mi- Sous CCS deux ministres , également avides , tout

nistrct ont en- « , , -, i»i«ft '

jiwtenuiMtrou- ftit véual, ct les emplois se multiplièrent au gre

de leur avidité. Ils n'ont remédié à aucun abus. II parait pi citôt que, voulant se Fendre nécessaires, ils n'ont pensé qu'à faire durer les troubles. Leur mésintelligence suffisait pour les entretenir , et pour en produire de nouveaux.

Rufin craignait l'ambition de Stilicon, qui se ivunuque portait pour tuteur des deux princes; et il avait un autre rival dans Eutrope , eunuque qui prenait de l'ascendant sur Arcadius , et qui devait bientôt gouverner. Cet homme, pour qui tout moyen était bon, osait aspirer aux premières dignités, abusait insolemment de la faiblesse de son maître, et avait la rapacité des gens de son espèce.

Les Huas ravageaient l'Asie , et les Goths de irruption des

—i 1 • 1 I • Barbares dans

Inrace se répandaient dans toutes les^ provinces *>p^'« ^*^situées entre la mer Adriatique et le Pont-Euxin. Ils se présentèrent aux portes de Constantinople, et ils se jetèrent sur la Grèce. Alaric, leur chef, avait servi sousThéodose contre Eugène. Il se montrera bientôt en Italie. On veut que Rufin , pour ruiner Stilicon , ait imaginé d'appeler ces Barbares dans les provinces qu'il gouvernait lui-même. Cette conduite eût été bien maladroite. Il est plus naturel de " penser que ces peuples n'inondaient l'Orient, que parce que Théôdose n'était plus. Stilicon , dont la prudence et lé courage avaient stmcon ,tra-

•*■ Tcrsé par Bufin,

mis les provinces occidentales à l'abri des insultes rf.î^uVder'a^ des 'Barbares, marcha contre Alaric avec une '^*"*'' armée composée dés troupes de Théodose et. de

celles d'Eugène, et joignit les Gk)ths dans la Théssalie* Il se disposait à les attaquer, lorsqu'un ordre d'Arcadius lui enleva une partie de ses forces. Rufin avait engagé son maître à rappeler Varmée de Théodose. Stilicon la renvoya, et chargea du soin de le venger Gainas, capitaine goth,quila conduisit à Gonstantinople : trop faible alors pour hasarder une bataille, il se retira.

GaToasie^ea- Arcddius vint au-Klcvant de l'armée. Rufin Tac-

ce. Mort de Rq- ,..

*■• compagnait. Il comptait sur les intelligences quil

avait ménagées parmi les troupes ; et ce jour-là même il se flattait de partager l'empire avec son maître. Mais au signal que donna Gainas, des soldats se jetèrent sur lui , et le tuèrent aux pieds de Tempereur.

Entrope lui Eutropc Ic remplaça et en eut la dépouille. Ce nouveau ministre , qui n'ignorait pas combien il était haï et méprisé , fit une loi qui condamnait ^ à mort tous ceux qui conspireraient contre un des conseillers du prince, ou qui en auraient form^ le dessein; et on ne vit plus que des délations et des proscriptions. Cependant le ministre donnait desiiêtes à son maître.

usGothsrava- AlaHc , qui avait conduit les Goths jusque *" z^/"' dans le Péloponèse, leur livra la Grèce. Ils ruinèrent surtout les temples des idoles ; et ce qui avait échappé aux lois des empereurs ne p^t échapper à leurs armes. Ce sont les Barbares qu» achèveront la ruine de l'idolâtrie.

ancieNite. 371

Corinthe se défendait encorç , lorsque Stilicon sinuoninar-

*■ che contre eux ;

marcha une seconde fois co/itrp les Goths. Il eut pa/Euîrôp*"^ des avantages dont il ne profita pas. Les uns le . blâment , d'autres le justifient. Il est certain qu'Eutrope le traversa. Il le fit déclarer ennemi de l'empire pour avoir attaqué les Barbares dans le Péloponèse : la cour de Constantinc^le fit même alliance avec Alaric, et lui donna le commandement dans la Grèce et dans l'iUyrie orientale. Ces deux provinces faisaient partie de- l'empire d'Orient, depuis le partage que Gratien avait fait avec Théodose.

Toujours jaloux de Stilicon , Eutrope tenta de Eutrope«cite le faire assassmer. Il sollicita les généraux d Ho- « occiaem. norius à se soulever ; et il réussit à faire prendre les armes à Gildon, qui commandait en Afriquei, et à qui sa révolte coûta la vie. •

11 gouvernait l'Orient, et son ambition n'était nesifau pas satisfaite. Il voulait réunir en lui les titres à "" V99. la puissance. Il ne voyait pas qu'il les avilirait sans se décorer; et son maître, trop faible ,^ le fit consul. L'Orient en fût indigné, et l'Occident refusa de le reconnaître : pour avoir voulu trop s'élever, Eutrope hâta sa perte. ,

Un Goth , qui commandait en Phrygie, le comte Tr^mc de g.ï-

.1 . .1 1 m y .rf^ •• "' j • nas contre Eu -

Tribigilde, se soulevé ; .et Gaipas, qu on ne savait «^ope. pas être çFintélligence avec lui, e^t chargé de le réduire. Celui-ci part. Arrivé en Phry^e, il exagère les fDrces du rebelle, il en fait craindre les

progrès, et il Qonçeille de traiter avec lui; ajoutant que Tribigilde c'a pris les armes que pour se soutenir contre Eutrope, et qi>^il est prêt à les quitter si on veut lui sacrifier cet eunuque. E«trope«u - Eudoxie, femme d'Arcadius, ialouse de eou-

Utt tranchée. ' i^ ^ ^ ,

verner, et d'ailleurs irritée contre Eutrope, qui avait menacé de la chasser du palais , se joignit à ses ennemis, et obtint de l'empereur un ordre de l'arrêter. Cet eupuque eut la tête tranchée l'année même de son consulat. Il fit voir combien les favoris les plus puissant doivent peu compter sur un prince faible.

Gaînuter^ Eudoxie prit les rêués du gouvernement, et on put tout se permettre sous cette femme gouvernée elle-même par des eunuques. En effet Gainas, qui se révolte, force l'empereur à lui 11- • vrer les victimes qu'il demande : il le force à venir à Chalcédôine ppur traiter avec lui; il le force à lui conserver le titre de gépéral; il obtient même les ornemens du consulat, et il entre dans Constantinople comme en triomphe.

uperdUTie Daus ce siècle, il semble qu'il n'y avait plus

dam un combat a «/ x

contre lesHoDs. q^jç jç ^^\^ jg \^ rcligiou qui pût donner du courage. Les Goths étaient ariens, et ils n'avaient point d'église. Gainas en demande une. Saint Jean Chrisostoilie-, évêque de Cp^stantinople , la refose, également inflexible aux n^eiiace^ de Gainas et aux instances de l'empereur. On prend les annes. " Les Goths sont massacrés^ et leur chef, forcé a

se retirer au delà du Danube , y trouve les Huns , qui étaient toujours les ennemis des Goths, et perd la vie en combattant contre eux. . ^.

L'Orient, jusqu'à la mort d'Arcadius, n'offre vonenniof-

■■• , fre que des trou.

plus que des troubles, produits d'un côté par le **'"* zèle , er de l'autre par là persécution. Saint Jean Chrisostome voulait réformer les mœdrs , et Eudoxie persécutait ce saint évéque, le plus yertueux et le plus éloquent de Son siècle.

Bendant que* ces désordres se passaient en Aiarie en lu- Orient, l'Occident était plus que jamais exposé 4,0. aux irruptions des Barbares. Àlaric, souverain en . * quelque sorte dans llllyrie , où il comitfendait , et , proclamé roi par ses troupes , ravageait les provinces qu'arrose le Pô, etf menaçait Rome. On n'avait point d'armée à lui opposer. Stilicon entame Une négociation, fait jses préparatifs, et tombe tout à coup sur les Goths. La bîftaille * fut sanglante et indécise. Mais, les enfans d'Aiaric ayant ét^é faits prisonniers, il fut obligé d'accepter la paÎK aux conditions qu'on lui offrit, et il se retira.

Maximien avait établi son siégoà Milan, afin Hononnaéia. d'être plus à. portée de défendre les frontières. *b»^«««*' ^* Honorius, qu'Alaric venait d'effrayer, établit le sien à Ravenne, afin d'être plus à portée de s'çnfriir : il pouvait de là passer en Épire. Là lâcheté de ce prince livrait donc l'Italie aux Barbares.

Aussi les Goths reparurent bientôt : plus de DëftitedeRa-

-*- dagaûe.

374 UISTOIIUÈ'

^o^- deux cent mille hommes , conduits par Radagaise , sç jettent sur cette province, pénètrent jusqu'en Tosca^ie, et mettent le siège devant Florence. JR^adagaise était idolâtre, -et il en paraissait plus formidable aux païens , qui croyaient que la protection de ses dieux lui assurait le succès de son entreprise. Leur aveuglement était même si grand, qu'ils se réjouissaient de cette invasion. Ils se flattaient que le moment était arrivé où ils «allaient relever les temples et rétablir l'ancien culte. Les Barbares, ignorans dans l'art militaire,

.n'étaient propres qu'à ravager un pays ouvert; et 3^^ s'ils tentaient une entreprise avec courage, ordinair^pient ils l'exécutaient avec peu de précaution. Stilicon lève à la hâte une armée, composée principalement de Huns, d'Alains^t de Goths, surprend Radagaisç et le défait entièrement. Ce chef, qu^fîit pris , perdit la vie. Oh fit une quantité étonnante de prisonniers, et ceux qui échappèrent au fer du vainqueur se dispersèr^t dans les montagnes, où ils périrent presque tous.tPour perpétuer le souvenir de cette victoire , le sénat éleva un arc de triomphe, qui fut le dernier.

* Cette victoire en effet était le dernier effort

d'un empire qui ne pouvait plus se soutenir. Ho-

norius va perdre toutes les provinces transalpines.

BiruVèTdfnî Uh déluge de Barbares inonde tout à coup les

Gaules, et se répand sans obstacle jusqu'aux Py-

* * rénées. Ce sont des Vandales, des Suèves, des

AUCUEIfNE. 375

Alains, des Huns, des Sarmates; et bientôt après les Francs et les Bourguignons suivent le chemin qui leur est ouvert.

Les troupes romaines qui étaient en Bretà£:ne coaniatin

* * O maître des Gaa-

ne pouvaient plus attendre de secours, et cepen- ^^ne%\^^Snû dant elles étaient exposées aux invasions des Pietés ^" ^7.""' et des Ecossais^ peuples féroces qui habitaient le nord de l'île. Elle§ songèrent à leur défense. Après avoir nommé Auguste Marc^ qu'elles tuèrent, et Gratien, qu'elles tuèrent encore, leur ^ choix s'arrêta sur un soldat , qui prit le nom de Ck)nstantin. Ce nouvel Auguste passa dans les Gaules, dont il s'assura. Son fils Constant, qui de moine venait d'être fait César , lui soumit l'Espagne , et Honorius fut forcé de le reconnaître.

Alaric menaçait alors l'Italie : il paraît qu'il ^AUiicm«o.ct avait foit des préparatifs pour une entreprise à laquelle Stilicon l'avait invité ^ et qu'on avait été obligé d'abandonner ; et il demandait en dédom-? magement une somme qu'on ne pouvait pas lui donner, et qu'on lui promit.

Sur ces entrefûtes on apprit la mort d'Arca- aj^^^'îî^^j: dius, qui laissait l'empire à Théodose, son fils, '"*"' enfant de sept ans : on prétend que Stilicon son- 4o8. geait à la tutelle de ce jeune prince, lorsqu'il périt par la perfidie d'Olimpius , doat il avait fait la fortune.

Olimpius l'accusait d'aspirer à l'empire, et d'avoir appelé les Barbares dans les Gaules. Cepen-

fiant le faible Honorius balançait à lui livrer sa victime. Alors, profitant de l'absence d ^ Stilicon, il soulève l'armée contre les amis de ce ministre, et il les fait égorger. L'empereur ne balance plus; il avait trop craint le ressentiment de son général Il le fit donc arrêter, et on lui trancha la tète. Tf «!• n,iii. L'empire perdaitun défenseur. Cependant cette *v.u«» .Mù révolution lui enlevait des soldats, et les armait IZ tuin; iH>ntre lui. Trente mille Barbares, qui avaient servi « aous Sluicon , et dont les femmes et les entans

uvaient été massacrés dans le soulèvement, se réfu)*ioi^nt auprès d'Alaric, lui offrirent leurs servitx^s^ et lui demandèrent vengeance.

H..mc4«. t.» Le roi goth traverse l'Italie sans obstacle, et *>^ vient jusqu'à Rome, qu'il assiège. Olimpius, qui sVtait saisi du ministère, n'avait pris aucune mesure pour l'arrêter : il était même hors d'état de d.onner aucun secours aux Romains; et il venait de répondre avec un mépris outrageant, lorscju'Alaric avait fait demander la somme qu'on lui devait.

Elle opituie. Romc, bicntôt réduite à la dernière extrémité, n'eut pas assez d'or pour se racheter. Elle livra ce qu'il y avait de plus précieux dans les temples des idoles; et, parce que cela ne suffisait pas» elle s'engagea par un traité que l'empereur ratifia^ et donna pour otages les enfans des principaux citoyens. Alaric se retira dans la Toscane, ou » attendit l'exécution du traité.

On lui manqua de parole, et il reprit les armes. ^Aiamr*prend Son. armée était grossie des treupes d'Ataulfe , son 409. beau-frère, et de quarante mille esclaves qui s'étaient enfuis de Rome. ■

Olimpius venait d'être disgracié, et avait eu Honoras fait

1 c7 ' des lois pour et

pour successeur Jovius, préfet du prétoire, un îéû^îes e*t us traître sans talens. Sous le premier de ces ministres, Honorius avait porté des k)is sanglantes contre les hérétiques et contre les païens; sous le second, il leur accorda aux uns et aux aiitres une entière liberté de conscience.

Pendant que, remué uniquement par les intri- ^/•'j^^^^J'^^^^J gués de sa cour, il ne fait que des démarches ou J*^»"»!»"^^*fausses ou contradictoires, Alaric force les Romains à le méconnaître, et leur donne pour empereur Attale, préfet de la ville, fantôme qu'il revêt Qt qu'il dépouille tour à toiur de la pourpre suivant ses intérêts.

Sous prétexte de secourir Honorius, Cons- Le» vandale»

A 1 11 T 1 RVtablissenl en

tantin se proposait la conquête de 1 Italie, lorsque Espagne. Géronce , qui commandait pour lui en Espagne , se souleva ; ce fut à cette occasion que les Vandales, les.Suèves et les Alains passèrent les Pyrénées. Jls profitèrent de cette guerre civile pour s'établir, en Espagne. Ils mirent d'abord tout à feu et à sang. Revenus plus humains, lorsqu'il» furent possesseurs tranquilles , ils gouvernèrent les peuples avec douceur ; mais cette révolution fit aux églises de. cette province une plaie qui

378 ~ UISTOUUS

saigna long-temps : elle répandit l'arianisme, elle corrompit la discipline, et elle fit oublier toutes les lois ecclésiastiques.

mi«îew«îri« ^^ Barbares continuaient toujours de ravager m."^. " *" les Gaules ; et Constantin, qui portait son ambition au delà , n'y avait pas encore assuré sa puissance. Giaque peuple était obligé de penser à sa sûreté. C'est dans cette conjoncture que les Armoriques, qui habitaient les côtes entre la Seine et la Loire, secouèrent le joug des Romains, et commencèrent à se gouverner en répuljlique. Honorius venait alors de renoncer à toute souveraineté sur la Bretagne, et les peuples de cette île recouvraient leur liberté.

Rome est prise . Alaric traitait avec la cour de Ravenne, lors- Mortdec«co»- que^Sarus, capitaine goth, qui était au service d'Honorius, l'attaqua brusquement. Cett» trahison le ramena sous les murs de Rome, et il livra cette ville au pillage. Cependant, parce qu'il professait l'arianisme, il ordonna de respecter les lieux saints : il défendit surtout de faire aucune insulte à ceux qui se réfugieraient dans les églises de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Ces asiles sauvèrent un grand nombre de citoyens; mais le fer et le feu firent çncore de grands ravages. Ce conquérant mourut la même année^ lorsqu'il méditait la conquête de l'Afrique.

par Moi quërant,

4io,

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