CHAPITRE V
Jnsqu^aux temps où Atdla commence à menacer Tempire.
Aaiumios L'empitc de Constantiilople offre peu d'événe
gonvenie l'em- , •
pirt d'Orient, meiis depuis la mort d'Arcadius jusqu'à celle d'Honorius. Il fiit d'abotd gouverné par Anthémius, préfet du prétoire, ministre éclairé, sage et vertueux, qui réprima Ips abus , et qui fit respecter la puissance de son maître.
Paichërie se II Commençait à rétablir l'ordre et la trancniil-
taisit des rênes ' . -^
dn^gouTerne- jj^^ ^j^g |^g pÎTOvinces , lorsquc Pulchérie, sœur de Théodose, obtint le titre d'Auguste , parut à la tête des affaires , et prit son frère en quelque sorte sous sa tutelle. Elle se chargea surtout de son éducation.
Cette princesse, plus âgée que Théodose de deux ans, en avait quinze; et, quoiqu'elle gouvernât l'état , on ne, dit point par qui elle, était gouvernée. On lui donne des talens- au-dessus de son âge, au-dessus de son sexe. On. ne parle pli|s d'Anthémius. Il Êiudrait cependant, pour l'honneur de Pulchérie , qu'on nous^ eût appris la mort de ce ministre : quoi qu'il en soit , le règne de Théodose prouvera que cette priucesse*a eu peu de talens ou peu d'influence.
CoûideTh^o- Théodose avait de la douceur, de la piété, du
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goût pour les arts et pour les sciences, et même ^o» >« J«»ne
V *■ A ' pour les sciea«
assez d'intelligéûce pour y faire quelques progrès. "*' Curieux de s'instruire, il donnait beaucoup de temps à l'étude : il paraissait ne vouloir rien ignorer de ce qu'il est possible de savoir. Avec ces qualités, qui se montraient en lui dès son enfance , il ^ ^ il se conduira néanmoins comme un prince faible et ignorant.
Il y a deux sortes de curiosité. L'une nous feit s«coriositéne
*' pouvait ni se
dédaigner tout ce qui nous est étranger, pour g,"'»"'"'^* nous porter aux choses qu'il est de notre devoir de connaître. Elle ne se lasse point : elle ne quitte pas un^objet qu'elle ne l'ait approfondi; et si elle trouve des obstacles , elle n'en fait que plus d'efforts. Cette curioaitiJ, qui est le caractère des âmes fortes , peut seule donner des connaissances vraies, solides et utiles.
Il y a une autre curiosité, qui se trouve quelquefois dans ime âme lâche , lente et paresseuse. Tout la dégoûte : elle ne s'entretient qu'en changeant d'objet continuellement et sans discernement. Elle effleure tout; elle ne saisit rieii : si elle s'arrête quelquefois, c'est sur des choses frivoles qui ne demandent aucun effort de la part de l'esprit. Alors elle se laisse tomber avec tout le poids de son inertie ; elle s'appesantit , et elle fatigue, par des questions puériles, ceux à qui elle croit demander des lumières.
Telle était la airiosité de Théodose : ceux qui n te croy«îf
îîiTeigen^r*" ^^^^ ^^^ élogc Ic disciit iiistruit dans tous les arts et dans toutes les sciences. Il était peintre, il était sculpteur, il avait étudié la botanique, il savait là médecine, il se piquait de se connaître en pierres précieuses , il se croyait théologien.
n.appiiqaait H était ccpcndant peu instruit en tous genres,
iurtout à U . . . ,
twoiogie. mais si iious cu luffcons par ses connaissances en theo-
sans succès. J O F
logie. Il avait fait sa principale étude de cette science, et on admirait, surtout dans cette partie, •les progrès de son esprit.
Sa piété dégénérait en faiblesse , parce que c'était la piété d'une âme faible. Il priait sans cesse, il visitait continueilement les églises, il les enrichissait , il faisait un monastère de son palais, il savait l'Écriture par coeur, ilge/i avait recherché et lu tous les commentaires, il n'ignorait aucune des questions qui troublaient l'Église , il connaissait parfaitement toutes les pratiques religieuses; enfin il entretenait , dit-on, les évêques , comme s'il eût vieilli dans le sacerdoce : voilà ce qu'on louait en lui. Un fait suJËQra pour nous faire juger de ses lumières.
Fait <{ai le Uu moiuc à qui il avait refusé une grâce, eut l'insolence de lui dire qu'il le retranchait de la communion des fidèles. A ce mot , ^ l'empereur crut voir tomber «ur lui toutes les foudres àe l'Église. Non-seulement il eut la simplicité de se croire excommunié , il crut encore devoir s abstenir de toute nourriture, jusqu'à ce que l'èx-
prouve.
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communication eût été levée par celui même qui l'avait portée. En vain un évêque, en qui il avait confiance, l'assura que tout le monde n'avait pas le droit de séparer ainsi de l'Église; il ne put être rassuré que lorsque le moine même lui eut donné l'absolution. S'il y a souvent des princes aussi igno- . rans que celui-là, le sacerdoce.n'aura pas de peine à usurper l'empire* Aussi l'usurpéra-t-il.
Théodose, dit Tillemont, aVait tout ce qu'il Jit^^nS fallait pour devenir saint dans une vie particur "*' lière; et, selon l'expression de saint Augustin, il pouvait être déifié en demeurant dans la solitude. Il avait donc de la piété : mais sa piété était celle d'un moine, et cependant il avait d'autres devoirs à remplir. Gonsidérgns-le comme souverain. /
Autant sa curiosité paresseuse le portait sqr son fnepiie mille choses inutiles, autant elle l'éloîgnait des affaires de l'empire. Incapable d'application, il laissait faire, il approuvait sans examiner, il signait sans lire. îl avait plus de vingt ans lorsqu'on lui fit signer un, acte, par lequel il abandonnait sa femme pour être esclave. Pulchérie lui avait elle-même tendu ce piège. Il parut honteux de sa négligence, et il ne se corrigea pas. II' eut trouvé trop de fatigue à veiller sur la conduite de ses ministres : il avait plutôt £ait -d'abandonner sa confiance à qui la voulait, et de laisser faire.
De tous ceux qui entourent un prince faible, n abandonne