‹ Œuvres complétes de Condillac (volume 5)Chapitre 46 sur 54 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Jusqu'à la mort d'Attila.

Guerres en . Nous avons VU dcs hérésics en Orient. En Occi* 435. *dent, où l'on était plus barbare, on subtilisait moins; et nous n'y verrons que des guerres.

Pour obtenir Ifi paix de Genseric , Valentinien lui avait abandonné une partie de l'Afrique, et lui restait assez d'ennemis. Il était alors en guerre avec Théodoric roi des Goths établis dans l'Aquitaine; avec les Bourguignons auxquels Aéti^s ^ même obligé de céder de nouvelles terres; et atec les Suèves, qui étaient maîtres de la plus grande partie de l'Espagne. Pendant que ces guerres oc-

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cupaient les troupes, le gouvernement, tous les jours plus faible, livrait les côtes aux pirateries des Barbares, et l'intérieur ées provinces aux troupes de brigands qui les ravageaient.

Dans de désordre , il semblait que, pour assu- u» B«gt«aef. rer ses biens. et sa liberté, chacun eût recouvré le droit de sa propre défense, et que ce fût une nécessité de piller, pour n'être pas pillé soi-même. Tout le monde arma. Les paysans, rassemblés par troupes, sous le nom de Bagaudes, se soulevèrent, principalement dans les Gaules; et ils commirent toutes sortes de violences , pour se soustraire aux vexations des riches et aux rapines des magistrats.

Ces troubles ouvraient l'empire aux ennemis. Genserie armé

* contr» Yaltnti-

Genseric en profita. Il rompit la paix, prit Car- """"'• thage , et fit une descente* en Sicile. Aëtius était 439. alors occupé dans les Gaules, et Littorius, autre général de l'empereur, avait été défait et pris par Théodoric. Valentinien permit à ses sujets de s'armer pour leur défense, et leur donna tout ce qu'ils pourraient prendre sur les Vandales. Il ne faisait que montrer sa faiblesse.

L'Orient arma. L'eunuque Chrysaphius, qui se EtTWodce proposait la conquête de l'Afrique, épuisa l'em pire pour équiper plus de mille vaisseaux. La 441 flotte aborde en Sicile. Elle est à charge, sans être utile. Genseric amuse les généraux par de feintes négociations. L'armée dépérit; et Tbéodose est

arme sans succès contre les \andales.

4oO HISTeiRE

bientôt obligé de la rappeler pour défendre ses

provinces, attaquées par les Perses, les Sarrazins,

les Isaures et les Huns. Genseric. alors fit la paix,

et resta maître de toute l'Afi'ique.

AtuiaetBMa Attila et Bléda, après avoir répandu la terreur

"•'*• dans la Tartarie jusqu'à la Chine , étaient revenus

Ua. en Europe. Ils menaçaient l'IUyrie, et ils oÉfraient

de vendre encore la paix à Théodose. Pour cette

fois le conseil de l'empereur osa montrer de k

fermeté. Ce fut la ruine de l'IUyrie , de la Moesie

' et de la Thrace; et il fallut finir par acheter la

paix. Elle coûta six mille livres pesant d'or, et

deux mille qu'on s'engageait à payer chaque

année.

Fi«rtfd'Attiu, En faisant ces traités honteux^ leà empereurs

humiliation de , ' *■ ^

voulaient ne donner aux rois barbares que le titre ■de généraux de l'empire, et ils appelaient gages les tributs qu'ils étaient forcés de payer. Attila ne rejetait ni n'acceptait ce titre. Ce n'est pas pour des choses d'étiquette qu'un Barbare fait la guerre. Mais il prétendait avoir parmi ses esclaves des rois qui valaient les généraux des çmpereurs, et les empereurs mêmes. Mon maALre et le vôtre^ disaient à Théodose les ambassadeurs de *ce conquérant; et Théodose feisait de magnifiques présens à ces ambassadeurs. Lorsque Attila voulait enrichir quelquea*uns de ses esclaves , il les envoyait en ambassade à Constantinople.

Empire d'Ai. ^Attila fit mourir son frère; et régna seul sur

Th^odose.

tila.

▲NCIENfCE. 4^1

les Hùns. Il avait subjugué/toutes les nations de la Germanie et de la Scy thie , et on prétend qu'il étendit son empire jusqu'à l'Océan oriental. C'està-dire que la terreur de son nom se répandit dans le nord de l'Europe et de l'Asie , et pénétra bien au delà des lieux où* il porta ses armes. Les hordes qui erraient dans la Tartarie ont pu reconnaître sa domination, soit par crainte, soit pour se rendre elles-mêmes plus redoutables ; mais il ne régnait pas sur elles comme on règne sur des peuples policés. L'opinion faisait sa puissance plutôt que la force; et, quoiqu'il fit trembler les Romains, son vaste empire devait tomber avec plus de rapidité qu'il ne s'était élevé.

On n'en jufi[eait pas ainsi à Gonstantinople. Th^odoMreut

** ^ *^ *■ faire «Musincr

Th^odose, qui désespérait de vaincre Attila, tenta ^"»'*de le faire assassiner. Ce fut Chrysîaphius son mi- 449nistre qui lui en donna le conseil; et ce lâche eunuque l'assiu^a du succès de cette^perfidie. Mais tout fut découvert au roi des Huns , qui demanda que Chrysaphius lui fut livré , et qui traita Théodose comme un esclave perfide envers son maître. L'empereur fut obligé de prodiguer ses trésors pour conserver son ministre. Pendant qu'il ruinait ainsi l'empire, c'est alors que, fauteur de l'hé- Mort i% «• résie d'Eutichès, il troublait FÉglise. Il mourut 45o. Tannée suivante, dans la quarante-troisième année de son règne.

Il y avait plusieui^ années qu'Honoria, sœur Denud**

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^^ ▼•• de Valentinien 9 princesse que son frère avait chassée dn pakis à cause de ses débauches, incitait Attila k porter les armes^ en Italie, et lui of&ak sa main. Le roi des Huns n'ayatt paru ûdre aucune attention aux sollicitations de cette femme, lorsqu'après la mort de Théodose il la (kmanà en mariage à Yalentinien avec la moitié de Fempire. Il supposait sans doute qu'elle y avait des dhxHts. On lui i^épondit qu'elle n'y en avait pokt. ., — I ênùi Marcien , vieux soldat qui avait succédé à Théo- 4si. dose, refusait de payer le tribut. Il répondait qu'il n'avait que du fer pour les ennemis. L'Orient, sous ce notrveau prince, paraissait donc pouvoir se défendre. L'Occident offrait une conquête plus facile. C'est ce que Genseric représentait au roi des Huns, et il l'invitait à conquérir ies Gaules. Il voulait surtout l'armer contre Théodoric, dont il était l'ennemi.

Attila s'engage dans cette guerre. Pour ca assurer le succès, il négocie tout à la fois avecTWodoric et avec Valentinien : il feint de recherdwr paiement l'alliance de l'un et de l'autre; et il tente de persuader aux Romains qu'il arme contre les Goths, et aux Goths qu'il arme contre les Romains, prêt à tomber sur celui d^ deux peufJes qui se laissera surprendre. Il ne trompa personne: Aëtius ouvrit les yeux à Théodoric.

Sa promptitude parut d'abord le s»vir mieuï que sa politique. A la têtt de cinq cent milk

AKGIENim. 4o3

hommes, il avait déjà ravagé presque toute la partie des Gaules qu'arrosent le Rhin , la Moselle , la Marne et la Seine ; et il assiégeait Orléans , lorsqu'Aëtius arrivait à Arles où il n'avait encore rassemblé que peu de tronpes. Le roi des Visigoths, Mérouée, roi des Francs, les Bourguignons, et d'autres peuples viennent grossir l'armée de ce général. Il fait une marche forcée. Il surprend les Huns, il en £sdt un grand carnage, il les pour^ suit jusque dans la Champagne où il remporte une victoire complète. Vlvs de cent soixante mille hommes restèrent sur le champ (|e bataille. Tfaéodoric fiit du nombre des morts.

Le Nord ne produisait que des soldats. Quelle >uii..nii.que fut doûc la perte d'Attila , il lui était facile 451. de la réparer; et, dès l'année suivante, il porta Tefifroi en Italie. Il prit d'assaut Aquilée qu'il ruina entièrement; il dév^ta la Vénétie et la Ligurie; et il parut menacer Rome. C'est à cette oc^ casion que les habitans de la Vénétie, cherchant un asile dans le^ îles du Golfe , jetèrent les fondémens de la réggublique de Venise.

Attila, malgré ses jsuccès, ne savait encore s'il deyait marcher à Rome. Il avait à défendre ses états contTErt'empereur d'Orient, qui lui déclarait la guerre : son aftnée dépérissait pajr les maladies : et Aëtius, à qui Marcien avait envoyé des secours , venait de remporter quelques avantages. Il oraignait sans doute ce général. Telle était sa

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position , lorsque le pape saint Léon , envoyé par

Valentinien, vint lui demander la paix; ill'ac-

sa iMrt. corda. Mais les Romains se soumirent à un tribut

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