Il mourut l'année suivante
San en^in L'empîre d'Attila finit avec lui. Ses fils ratifiait avec lu. ,.11
burent, parce qu ils le partagèrent , et plus encore
parce qu'ils ne succédèrent pas à la réputation de leur père. Les peuples, auparavant soumis, secouèrent le joug. Les Huns, presque toujours vaincus, se dispersèrent. Une partie se retira vers , le Pont-Euxin, un grand nombre se confondit avec les autres JBarbares, quelques -ims se donnèrent aux empereurs d'Orient. Enfin, quinze ou ^ vingt ans après la mort d'Attila, cettfe nation fot comme éteinte. Son nom ne reparaît plus dans l'histoire.
c«q»'omdoii Le grand talent d'Attila était sans doute de
MsscrdacaBar*
^^' subjuguer les imaginations faibles. Fier, intré-
pide, hardi dans ses projets, il paraissait inspffe du dieu des combats. On croyait même qu'il com battait avec une épée que ce dieu lui avait donnée, et on lui rendait une espèce de culte. Les ro»s qu'il traînait à sa suite attendaient ses ordres «ans oser l'envisager , et tous ses sotclats tremblaient devant lui. Cependant il n'est pas sûi^qu'il ait été un grand capitaine. Une paraîr^as avoir eu d'autres idées de conquêtes que celles que se font tous les Barbares. C'était assez pour lui de piU^t", de ravager, de* se faire redouter. Il n'imagin»
ANCIENNE. 4o5
jamais de former aucun établissement solide. Sa domination passagère 6it Feffet de la faiblesse de ses ennemis'plutât que de ses talens militaires.
Sans foi avec les peuples auxquels il faisait la guerre, il se piquait de rendre justice à ceux qui lui étaient soumis. Il ne souffrait pas qu'on l66 opprimât, et il punissait les violences qui lj||9r étaient faites. Avec un extérieur simple , il affectait de se mettre au-dessus des rois par son mépris pour le faste.. C'est sur une chaise de bois que les ambassadeurs de Théodose le trouvèrent assis; et, dans le repas qu'il leur donna, il les fit servir en vai§selle d'or et d'argent, pendant qu'on le servait lui-même en vaisselle de bois. On aurait dit qu'en tlépouillant les Romains il voulait plutôt les appauvrir que s'enrichir lui-même. En efifet , on ne voit pas le besoin que les Huns pouvaient avoir d'or et d'argent; et on aurait jugé, à leur genre de vie , qu'ils devaient au moins être exempts d'avarice. Mais la contagion des vices est si rapide, queles Barbares devenaient avides des richesses avant d'en connaître l'usage.
•• CHAPITRE Vil
Jitfqa'à la raine de l'empire d'Occident.
près la mort de Théodose le Jeune, il semble que l'Orient devait appartenir à Valentinien : car les lieux empires se réunissaient^ lorsque l'undes deux empereurs ne laissait après lui personne avec le titre de César ou d'Auguste. Heureusement pour l'Orient, il eut été impossible à Valentinien de faire valoir ses préteq|;ion9. Il n'y songea même pas, et on disposa de cet empire
^ sans le consulter.
Je fonde uniquement ses droits sur ce qu'il était empereur d'Occident , et non sur ce qu'il avait épousé Eudoxie, fille de Théodose. Car l'empire ne se réglait pas comme les autres •successions; une fille n'en héritait pas, et par coi^séquentelle ne pouvait pisis le porter à soif mari.
Pttïtîimeib- Pulchérie vivait encore. Il est évident que le
|»4M ijf rrmpire 1 r • 11 ï T *M. nnC
ftîirdf n"' "** ^^^^ ^ Auguste n était en elle qu une dignité sans 4ii/ pouvoir, et non un titre qui donnât des droits : mais alors on ne faisait pas ces distinctions. U semble qu'elle ait cru que l'empire rie lui appartenait pas, puisqu'elle n'osa pas s'en saisir; et il semble aussi qu'elle ait cru qu'il lui appartenait, pu isqu'elle en disposa. Elle s'imagina, parce qu'elle
AUGiEKNE. 4^
était Auguste , que celqi qulelle épouserftit serait Auguste comme elle; et, quoique son entreprise fiit sans exemple, elle ne trouva point de contra* diction. Elle épousa donc Marcien, et elle lui donna l'empire. Elle y mit, dit-on, pour condition, qu'il respecterait sa virginité. Elle avait cinquante - deux ans, et Marcien en avait cinquante-huit. C'était un soldat de fortune, qui avait été attaché au général Aspar, fils d'Ardabure.
Dès la seconde année de ce rèene , on tint à ^^ co»"> ^ Chalcédoine le quatrième conbile œcuçi^que, 451. où l'empereur et l'impératrice assistèrenbet montrèrent leur zèle pour la foi catholique. Ce concile condamna l'hérésie d'Eutichès, fit plusieurs canons siu* la discipline , et donna le seccmd rang au si^e de Constantinople , quoique jusqu'alors Alexandrie et Antioche eussent eu la prééminence. Le pape saint Léon refusa son consentement à ce dernier décret. C'est depuis ce concile qu'on a donné le titre de patriarchels aux é véques de^Rome, de Constantinople, d'Alexandrie, d' Antioche et de Jérusalem. «
Sous les empereurs, les persécutions venaient cona«te «o. souvent a la suite des décisions d un concile. Mar- «»■. cien Sut plus sage. // appuya dm toute son autorité et par un grand nombre d^édUs^ dit Tillemont, les décrets du concile de Chalcédoine. Mais ce fut sans y mêler aucune violence qui pût rendre la vérité odieuse. Car il n* ordonna jamais qu'on fbr^
^ùS HlSTOIK£
çét personne à avouer et à signer quoi que ce fût rmiigré lui, ne voulant point /aire entrer les hom mes dans le chemin de- la vérité par des menaces et des violences.
Je rapporte les expressions de Tillemont, parce que, s'il loue la modération de Marcien, il a plus applaudi encore auï lois viotentes de Théodose te Grand. Ceux qui, comme lui, font des compiiations , sont exposés à se contredire , parce qu'ik pensent d'ordinaire d'après différens écrivains, et rarement d'après eux-mêmes*.
tiçn* a* Quoique Marcien fut monté sur le trône dam des temps orageux, son règne fut tranquille. Les Bail>ares , après la mort d'Attila , furent trop occupés de leurs dissensions pour former des entreprises sur les provinces romaines. Les Perses ne purent rompre la paix, parce qu'ils étaient euxmêmes attaqués par les Huns, qu'on nommait Cidarites. Les Sarrazins, les Blemmies et d'autres peuples du Midi, firent à la vérité des invasions; mais ils furent bientôt repoussés et contenus. »«n de M*t Marcien donna l'exemple de l'économie, ce qui 43?^ suffisait pour réprimer bien des abus, au niouis à la cour : il en réprima par sa vigilance dans les provinces. Il aMftit peu de lumières, mais^il fut
' Je ne prétends pas diminuer le mérite de Fouvragc de ce sayant. Au contraire, je déclare que j y ai puisé le fond de tout ce que je dis sur l'histoire ecclésiastique des premiers siècles.
AirCEBiriVE. 4^9
juste. Il mourut dans la septième année de son règne.
Deux ans auparavant , Valentinien avait été as- . Monde v.-
'■ Icntimen à qui
sassiné lorsqu'il venait lui-même de poignarder ^«ximtsBccè- Aétius, que l'eunuque Héraclius lui avait rendu suspect. Ce prince lâche, qui vivait dans la débauche, avait déshonoré la femme de Maxime, personnage puissant qui, pour assurer sa vengeance, trama la perte d'Aëtius , et se saisit de l'empire. ' Sous le règne de "VSalentinien, le pape samt Loid«v.ien-
^ ' r r tinien, favorable
Léon oblânt une loi qui soumettait à la juridic- "SaiDt-sîëge. tion du Saint-Siège tous les évéqucs de l'empire. Elle leur défendait de rieninnover sans y être autorisés par le pape , et elle leur ordonnait de co«* paraître à son tribunal toutes les fois qu'ils seraient cités. Cette prérogative faisait du pgpe un monarque qui pouvait abuser de sa puissance , et il en naîtra bien des abus.
En vertu d'une loi d'Honorius , les évêques Abrotation
* .d'un* loi qui "
étaient devenus juges sans appel en matière civile, Î!iJî**j„*g;,^'eB et tout plaideur était autorisé à porter sa cause devant eux. Environ quarante ans après, Valentinien abrogea cette loi. On en voyait déjà les inconvéniens.
Maxime ne résna que trois mois. Il fut massacré Masime eat a Rome par le peuple , à l'approche de Genseric, oînirilf.* ^ qu'Eudoxie, veuve de Valentinien, avait appelé. Le roi des Vandalis pilla cette ville petodant qua-
4lO HISTOIIUE
torze jours. Il emmena avec lui un grand nombre de captifs, entre autres , Eudoxie et ses deux filles, et il refiisa ces princesses à Marcien.
ATitu.,q« im Un Gaulois , général de Maxime, Avitus, se sai-
succède , est de- . i u • » • l
Sîîie'î'ëïéchi **' "^ * empu^e; et , après avour régné un peu plus de puisâoct. ^f^^ ^^ ^ jj tombe entre les mains de Ricimer, qui s'était soulevé , et qui le £ait sacrer évéque de Plaisance. Nous avons déjà vu Constantin dans les Gaules être ordonné prêtre, lorsqu'il fot fait prisonnier par Constantius. Ce sont là les moyens que les Barbares imaginaient pour rendre un homme incapable de l'empire. Dans la«uite,ils feront moines les princes qu'ils déposeront.
(kddiS*"*" ^ général Ricimer, Sucve d'origine, n'osant om ne pouvant prendre la pourpre, voulait au moins en disposer, et il laissa l'empire sans chef pendant dix mois.
u<nien Orient. Eu Orieut , on voyait à peu près les mêmes cidenL scènes. Le général Aspar y^disposait du trôn€ et
4S7. n'y pouvait monter. Il le donna, après la mort de Marcîen , à Léon qu'il comptait gouverner, lors* que fiiciraer le donnait à Majorien qu'il conçtait gouverner également.
Majorien avait servi sous Aëtius. Il paraissa** capable de retarder la chute de l'empire. H s occupa des moyens de rétablir l'ordre et de soulager les peuples. Il vainquit les Vailles* qui ayaieni fait une descente dans la Campanie , et il fo^ Théodorie' II, roi des Goths , ^quitter les anncs.
&icmi«iieTCMikit[Msd'unpn»ceqmgatiTer- M> ^«gtg^wt naitpar linHooéme. Il le fit assas^cr, et lui donna ' ^* *"**^ pour successeur Dibios Sév^ns qui fut tel qu^il 4s». le voulait. Égidius , tout à la fois général des armées romaines dans les Gaules, et dief des Francs qui avaient chassé Clûld^c, fils de Màrovée et pare de Clovis^, prit inutilement les armes pour venger la mort de Majorten.
Aspar n'ét^ pas aussi maître en Orient que l^«'«^ Ricimer en Occident. Mais Léon n'avait que des vices. Son avidité insatiable ruinait les provinces, et armait son bras contre les citoyens dont il voulait la dépouille. Les Qrecs néanmoins lui ont donné le surnom de Grand , parce qu'il parut vouloir protéger la religion. Ils le louaient surtout de préâSrer les afifaires de l'Église à celles de l'état. Il me sembler pourtant que dans un temps où tout pitéparait la ruine de l'empire, il était de l'intérêt de la religion même qu'un souverain ne donnât pas moins de soins aux afifaires de l'état qu'à celles de l'Église.
Anthémius , petit-fils de ce sage ministre qui Aath«mioi, avait gouverné sous Théodose le Jeune, comman- jj^JJJ^'^*^*^^ dait les troupes , et venait de se distinguer dans ^. une guerre contre les Goths de Pannonie , lorsque , par le mort de Sévère , l'empire d'Occident se trouva sans chef, et que Ricimer, qui n'osait prendre aucun titre , gouvernait en tyran depuis plusieurs mois. Léon donna pour empereur ce
irrita
il/^
4 1 a HISTOIRE
général aux Romains , qui lui avaient envoyé une % députation à cet effet ; et Ricimer, forcé d'y consentir, rechercha l'alliance d'Anthémius, qui lui donna sa fille en mariage.
Lkm «m. Alors l'empereur d'Orient crut devoir prendre cr«G«Merie."* la défcuse de l'empire d'Occident, et il déclara la •w, giiri 1 1' aux Vandales. Il en donna la conduite à trois généraux , Basilisque , son beau-frère , Héra- i cHus et Marcellin. Ce dernier eut ordre d'attaquer la Sardaigne, dont il se rendit maître sans beaucoup de peine. Héraclius ayant ramassé les troupes de rÉgypte, de laThébaïdeet de la Cirénaïque, fondit tout à coup par mer sur la Tripolitaine, battit les Vandales, prit Tripoli, et marcha par terre à Carthage. Basilisque parut alors avec une Hotte formidable, et la perte de Genseric 'paraissait assurée. Mais le Vai^dale fei^it de vouloir traiter de la paix : il obtint une suspension d'armes; et pendant qu'on négociait , il surprit Ir flotte et la brûla. Ainsi finit cette entreprise. Basilisque, accusé d'avoir trahi l'état, fut exilé. ,r En recevant l'empire, Léon avait promis de déclarer César un des fils d'Aspar, et il n'en avait rien fait. Aspar néanmoins semblait devoir être ménagé, ïl avait un corps de troupes à lui, et plusieurs généraux lui étaient attachés. Pour se faire un appui contre ce sujet tip>p puissant, l'empereur rechercha l'alliance des I^aures, peuple brigand qui a%'Rit souvent ravagé l'Asie; et il appela un àt
ANCIENNE. • 4l5
leurs che& àsa cour, Zenon, homme sans vertus, sans talens, qu'il prit pour gendre, qu'il fit consul, et auquel il donna le commandement des ar* mées. Alors la jalousie d'Aspar ayant éclaté , Léon , qui feint de vouloir l'apaiser, tient enfin la parôle qu'il lui avait donnée. Mais bientôt après il le fait assassiner avec* ses deux fils, Ardabure et Patricius. Celui-ci néanmoins ne fut que blessé.
En apprenant la mort d'Aspar, Ricimer crut Ricimer ;irme voir le sort qui le menaçait. Il leva l'étendard de ""*"»• la révolte, et il vint assiéger Rome où Anthémius s'était renfermé.
Iléon envoie Olibrius au secours de l'empereur Mond'Amh^d Ocadent. Ce traître se réunit à Ricimer : il se *»"«!, *i^'' *««
snccèdc, et de
£siit proclamer Auguste , Rome est prise, livrée au ^^''"ï?;. pillage, et Anthémius est égorgée. Ricimer mou* rut de maladie quelques jours après, et Olibrius ne régna pas trois mois.
Glicérius prit la pourpre, et ne la porta qu'un Giic^rînspwnd
* * la pourpre, et
an. La cour de Constantinoplene le reconnut pas; Jj^pjjf- '""" et Julius Tîépos, envoya par Léon, et proclamé à Ravenne, le surprit, le força d'abdiquer, et le fit ordonner évêque de Salonne en Dalmatie.
Sur ces entrefaites Léon était mort, et avait wortdeUon. laissé l'empir^à son ^tit-fils Léon , fils de Zenon. ' *^^*
Sous ce règne , il y eut un grand chambellan un moin«
^ ' «^ ^ . ; . chambellan et
qui se fit mbine , et qui continua néanmoins d'être J^,,"***" '^°"" grand chambellan et d'en faire les fonctions. Il y eutaussi un moine consul, qu'on reconduirait so-
i<^Mi«lleiiient à son monastère, ou il reprenait *$iiM habit dç moine. Ces choses sont d'autant plos «étranges, que Léon avait £ait une loi quidéfen- ^lait aux moines de sortir de leurs couvem et de se répandre dans les villes. On voit coml^ieii là Barbares brouillaient toutes les idées.
i,^ï4.2,>«^ Sous le jeune Léon, âg4 de cinq ans, Zenon eut la r^ence, et se trouva maître ue lemput quelques mois après par la mort de son fils. Il le perdit l'année suivante, et s'en&iit en Isaurie.Ce prince, aussi odieux que méprisable, fut déposé par les soldats. , «
fiasilisque, qui avait été exilé sous Léon P', fat alors proclamé. Il donna les titres de César et d'Auguste à son fils Marc. Il souleva les catholiques , parce qu'il se déclara pour l'hérésie d'Eutychès ; et il fit un grand carnage des Isaures qui étaient à Constantinople. Zenon, à qui cette conduite forma un parti, recouvra l'empire deux ans après s'être enfui. Il relégua Basitisque en Cappadoce , où il le laissa mourir de &im, et Marc fat fait lecteur dans une église. Pendant ces troidi)ks, l'empire d'Occident finissait.
ii^«»tcii«s. Népos n'avait régné qu'un an. Oreste, son
lui sacmS'e/ ' général, auparavant secrétaire d'iAttila, l'avait ^^5 chassie, et avait donné l'empire à son projMPe fils, Romulus AugjListus, qu'on nommait Au^tule ^ cause de sa jeunesse, ou par mépris*
oao«cr«rèfne . PouT faÛTC ccsser ces révolutions, les Barbues
AJICIENNE. 4 1 ^
qui remplissaient Tempire, et qui par conséquent f^/Ji**,;y" ' em étaient les maîtres, n'avaient qu'à déclarer 476. qu'ils ne voulaient plus d'empereur. C'est ce qui arriva. Odoacre assiégea Pavie,où Oreste s'était renfermé, prit cette ville d'assaut , fit trancher la tête à ce général , laissa vivre Augustule qu'il ne craignait pas, subjuga l'Italie , et régna avec le titre de roi. C'est ainsi que finit l'empire d'Occident , dans la cinq cent septième année depub la bataille d'Actium, et dans la douze cent vingt*neuvième depuis la«fondation d%Rome.