‹ Œuvres complétes de Condillac (volume 5)Chapitre 48 sur 54 · CHAPITRE VTII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VTII

Conclusion de lliistoire romaine.

Dans cette condusion , je me propose, Monsei- objet de cette

conclnsïon.

gneur, de Êdre un tableau des différentes formes que les circpnstances ont fait prendre au gouvernement. Nous mettrons ces choses jdans un nouveau jour, e^*\es^ i*enfermant dans un espace plus resserré.

Les Romains n'ont jamais eu la liberté de se ut Romains

A . . brigands souf

faire des lois. Ils se sont élevés, et ils sont tombés ^°»»ï«par la force des circonstances. Leur situation ne leur permettait pas de subsi^er par le commerce ; les arts étaient^eu con||ps en Italie; et d'ailleurs ^ui ramasse pâtres et de vs^abonds était peu fait

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pour les cultivei;^ Il fallut enlever des femmes et envahir des terres; et, pour défendre ce qu'ils avaient pillé, ils furent dans la nécessité de piller encore. Sous Romulus, ils étaient donc, et ils ne pouvaient être que brigands.

soos Nom. . Ainsi Rome naissante devait périr ou s^affran- ^^néH^is ail dir : telle était sa constitution. Elle parut d'abord «•perstiticus. eu Changer sous Numa. Les victou'es, qui rendaient les Romains redoutables, furent des circonstances favorables aux vues, pacifiques de ce prince. On dit qu'il«tdoucit par ses lois les mœurs du peuple, et ce sera avec raison s'il est vrai que les mœurs puissent devenir plus douces, lorsque l'esprit ne s'éclaire pas sur les devoirs de l'humanité. Rour rendre les Romains fidèles à leurs engagemens , il fit une divinité de la foi ; il en fit une autre d'une pierre, pour empêcher chaque citoyen d'usurper sur les champs de ses voisins. En un mot il ne tes contint que par la crainte de quelque dieu , et il ne leur donna aucune idée de justice, ou plutôt il ne les contint pas : car on ne voit pas que les Romains aient été fidèles à leurs engagemens, ni qu'ils aient cessé d'usurper les \\ns sur les autres. Ils continuèrent donc d'être brigands, et ils furent seulement plus superstitieux.

Nama m leur Numa uc Icur parla plus d'une autre vie. Il ne

parle pas o une *■ *■

«fflireTie. gç ^^^ ^^^ ^j^ pciuc dc^ur ex||iquer ce qu'ils devaient craindre , s'ils déplaisaient auj dieux. II

éuit bien sûr que ces imaginations grossières craindraient quelque chose, et c'était assez.

Il liiissa les dieux auxquels on croyait, et il en ,,f;jr^*7îJ7.îf ima^na d'autres auxquels on ne pouvait man- |rS«V*^*"* quer d§ croire. Il ne raisonna ni sur leur nature , ni sur leur origine. Il ne les représenta pas jaloux de fouiller dans le cœur pour punir jusqu'aux pensées. Ils paraissaient, ainsi que le législateur, ne juger que des actions extérieures.

Toute la religion ne consistait qu'en cérémo- l« reusion mes. On était fort exact à n y rien changer. Elles «««"»"• se faisaient avec magnificeiilce, et la plus grande partie du culte rendu aux dieux était des fêtes pour le peuple. L'appareil des cérémonies remuait l'imagination : l'exactitude à les observer les faisait respecter; et les spectacles, qui les accompagnaient, attiraient le concours de tous les citoyens. Voilà comment les Romains se préparaient à ne s'occuper que de jeux, lorsque la guerre, qui se ferait au loin, ne laisserait dans Rome qu'une populace désœuvrée.

L'unique doeme qui se soit introduit parmi Dogme qui

, 11- V ^ • il, s'introduit.^

eux, c est que les dieux s intéressaient à 1 agrandissement de Rome. Il en résultait deux choses : l'une, que le seul moyen de leur plaire était de servir la patrie; et l'autre, que l'utilité de la république était la seule règle de conduite. Par - là tout tendait à l'agrandissement des Romains, et Von peut ajouter que tous les moyens d'y con-

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