CHAPITRE III
Yitelliiis.
Le sénat se conduisait avec les légions de Ger- uunt^tnvà
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manie comme il avait tait avec les gardes preto- gionsquidëvM. Tiennes : il leur rendit grâces , et cependant ces légions dévastaient les campagnes, pillaient les rilles et profanaient les temples. Les généraux ne 69. . pouvaient pas les réprimer, ou ne le voulaient pais. Valens surtout fermait les yeux sur les rapines des soldats , parce qu'il était lui-même d'une avidité insatiable.
Vitellius était encore dans les Gaules, et déjà iBfem^r.oce
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on le proclamait a Rome : il venait lentement, ^iteiuus. Son intempérance retardait sa marche ; toujours plongé dans le vin, il semblait arriver pour se baigner dans le sang. A Bédriac, à la vue des cadavres qui infectaient l'air, il dit : Un ennemi mort sent toujours bon.
A son approche , les sénateurs et les chevaliers , ^^^ ,„i^^^ y soit crainte , soit adulation , s'empressèrent d'aller au-devant de lui. Aucua citoyen connu n'osa l'attendre. La populace accourut surtout, et avec elle les farceurs, les histrions et tout ce que Rome avait de plus corrompu ; c'est avec ce cortège qu'il
aa HISTOIRE
se montra dans la capitale, où la licence ruina
son armée. Toujours ivres , à son exemple , les
soldats commettaient toutes sortes de violences,
^ et tournaient leurs armes les uns contre les autres.
stt iroopM II dispersa les troupes qui avaient servi sous Othon, cassa les gardes prétoriennes, qu'il redou^ tait , et il retint en Italie les légions qu'il avait amenées de Germanie. Il ne les fit pas camper : il les répandit dans les villes, où elles s'amollirent promptement. Sans discipline, elles vivaient dans la débauche^
wcina Va- Toutc la puissaucc fut entre les mains de GéfrMchi,7*ru' cina et de Valens, qui se méprisaient mutuelle^
g«Dt »a faveur. • • i t • i
ment, et qui, jaloux de se surpasser en richesses et en faste, ne pouvaient cacher la haine qu'ils se portaient. Forcés l'un et l'autre à ménager un affranchi qui partageait la faveur, ils partagèrent avec lui les dépouilles dé l'empire. Il y avait à peine quatre mois que Vitellius régnait, et déjà cet affranchi égalait en rapines ceux qui avaient le plus abusé du crédit sous les règnes précédens. ves •s>«n ro- ^^^ à ce^ trois homipes , le àttfpide empeslTpt^îSïufs*. reur s'abrutissait de plus en plus, sans crainte comme sans prévoyance : et cependant il n'était pas encore arrivé à Rome lorsque l'Orient donnait un nouveau maître à l'empire. Vespasien, que l'Asie venait de proclamer, s'était transporté en Egypte, d'où il menaçait d'affamer l'Italie; et Muciaûus, qui l'avait engagé à prendre les armes.
marchait à Bysance, se proposant, suivant les circonstance, de pénétrer par l'Illyrie, ou de se porter à Dyrachium. La saison ne lui avait pas permis de tenter le trajet par mer.
A cette nouvelle, que Vitellius £eifi[nait de ne Amonius Pri-
•■• *-' mus, qui arm«
pas croire, lés légions dlUjrrie, de Pannonie et ShreIi"iuiTe"* de Dalmatie se déclarèrent pour Vespasien. Deux consulaires vieux et riches, qui commandaient dans ces provinces, ne prirent aucune part à leur soulèvement. Ce fut le chef d'une simple légion , Antonius Primus , qui se mit à la tête des troupes , et qai les conduisit en Italie. Cependant il n'avait point reçu d'ordres; au contraire Vespasien voulait qu'on attendît Mucianus. Primus, d'abord flétri et chassé du sénat, avait recouvré la dignité de sénateur pendant les derniers troubles. Éloquent, audacieux, ravisseur, dissipateur, il avait les vices et les talens qui font d'un dief de parti un homme tout à la fois utile et dangereux.
Vitellius enfin ne pouvait plus se cacher le EiaJdcr»rniëe
, . . • Ti • 1 .T'i de "Vilellhis.
danger qm le menaçait. Il arma : mais les Gcermains, énervés par les^ débauches, n'avaient plus les mêmes forces, ni ^ même courage. Ils marchsàent lentement, sans ordre, sans disdpline. La chaleur, la poussière , le poids des armes , tout les incoimnodait^
Cette armée avait pour général Céciua, qui , ja- Eiie en dé. loux du orédit de Yalens, était parti dsuis le desswi de trahir Vitellius. Il est vrai qu'il ne sut
pas conduire cette entreprise avec assez d^adresse. Ses soldats le mirent dans les fers , et choisirent deux autres généraux ; mais cette révolution ayant jeté le désordre dans l'armée , Primus, qui en profita , eut l'avantage dans plusieurs combats , et se rendit maîtrede Crémone, qu'il livra au pillage. Cette ville fut consumée par les flammes.
leas!"'* ^' ^*" Valens, qui était parti de Rome, aurait pu joindre l'armée avant la défection de Gécina. Mais, aussi intempérant que Vîtellius, il mar^ chait avec la même lenteur; et il n'était encore qu'en Étrurie„ lorsqu'il apprit le sac d,e Crémone. Quelques jours après, s'étant embarqué pour la Gaule narbonnaise , d'où il comptait revenir avec de nouvelles forces , il tomba entre les mains des ennemis, et il perdit la vie.
Combat Mar. La mort dc Valens acheva de ruiner le parti de
rivëe de Primas , ^ •
èRome. Vitellius. Abandonné de toutes ses armées, ce prince se vit réduit aux seules troupes qu'il avait gardées auprès de lui; et Primus vint à Rome presque sans obstacles , ravageant l'Italie comme un pays de conquêtes. Il se livra, au dehors et au dedans des murs, plusieurs combats dans lesquels il périt cinquante mille hommes; et, ce qu'il y eut de plus étonnant, c'est que le peuple applaudissait, comme au Cirque, aux combattans <ies deux partis.
Mon de \i- Vitellius, trouvé dans la loge d'un esclave, où il avait cru se cacher, fut exposé aux insultes du
ANGIENKE.
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peuple, qui le mit en pièce : il a survécu huit mois à Othon«