CHAPITRE IV
Vespasien.
La guerre paraissait finie, et cependant la paix Lic«iic«des«>i. ne conunençait pas encore. Maîtres de Rome, les ""^ soldats ne croyaient plus devoir obéir à un général qui n'avait eu le commandement que parce qu'ils le lui avaient donné; et Primus , qui s'enrichissait des dépouilles de Vitellius, autorisait la licence par son exemple , bien loin de penser à la réprimer. Le sang coulait donc jusque dans les temples.
Mucianus arriva : comme il n'osait blâmer ou- Mo«»nufforc6
Primas k le re-
vertement la conduite de Primus, il le combla *'"'• d'éloges en plein sénat, et lui offrit des récompenses. Il accorda des grâces à plusieurs personnes à sa, considération; et, lorsqu'il eut assez flatté sa vanité , il lui enleva toutes ses forces, en éloignant sous dififérens prétextes les légions qui lui étaient le plus attachées. Primus fut réduit à se retirer auprès de l'empereur, qui le reçut bien , mais pas aussi bien qu'il l'espérait. Les lettres de Mucianus l'avaient desservi , et il se nuisait encore plus lui*
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même par la hauteur avec laquelle il faisait valoir ses services. Alors Mucianus gouverna plutôt comme collègue que comme ministre de Vespasien, et il se rendit si odieux, qu'on lui sut à peine gré d'avoir rétabli l'ordre. Il immola plusieurs citoyens à ses soupçons.
souiè^ement La dcrnièrc euerre civile parut aux Germains
GaXîi?*''^" ^* ^^^ Gaulois une occasion de secouer le joug. Les Bataves levèrent les premiers l'étendard , portés à la révolte par Glaudius Givilis , qui descendait des rois du pays. Ghargé de chaînes sous Néron , sous Vitellius menacé de perdre la vie , Qvilis avait ses injures à venger. Il représenta aux principaux de sa nation que les Romains n'avaient laissé que de vieux soldats sur le haut et le bas Rhin ; que leurs meilleures troupes se ruinaient en Italie, et que les Germains et les Gaulois étaient au moment de se soulever.
Il avait été invité à s'opposer aux secours que Vitellius entreprendrait de faire venir de Germanie. Primus lui avait écrit lui-même à ce sujet, Givilis, saisissant le prétexte qui lui était offert, feignit d'armer pour Vespasien : il arma contre l'empire.
Révolte é.$ Il eut d'abord des succès qiri attirèrent succes-
manie conire j^ivemcut dsLïi^ SOU parti Ics Germains et les Gaulois, et qui semèrent l'esprit de sédition dans les légions romaines. Les soldats, soulevés à plusieurs reprises contre Hordéonius Flaccus, qu'ils regar^
logions de Germanie ce ^curs chefs
daient comme la cause de leurs revers , finirent par l'égorger; et sous Vocula, qu'ils choisirent pour général , ils continuèrent d'être indociles et séditieux.
Sur ces entrefaites, le capitole ayant été brûlé, u$ Dmidef les Gaulois jugèrent que les dieux se déclaraient ^'r^^ •»* ^•'"' pour eux. Autrefois , disaient-ils , nous avons pris Rome; mais nous n'avons j)as détruit le temple de Inciter, et l'empire romain a subsisté. Aujourd'hm la destruction de ce temple est une pireuve que les dieux, courroucés contre Rome , veulent que J'empire passe aux nations transalpines ; et , comme les Druides prédisaient eux-mêmes cette l^volution, il ne paraissait pas qu'on en pût douter. Les premiers événeinens contribuèrent mêipe ^ donner de la confiance aux Gaulois.
Classicus , leur chef, vint camper à deux milles u* i^giomro.