n 11 • m«ioe» prêtent
des légions du bas Rhin , se flattant de les associer i^'^^l ■'•' à sa révolte , parce qu'elles refusaient de reconoattre Vespasien : en effet elles se soulevèrent contre les officiers qui les commandaient , tuèrent les uns, mirent les autres dans les fers, et prêtèrent serment aux Gaulois,
Les légions du haut Rhin ayant suivi cet exemple, Les cauiou m Classicus crut avoir jeté les fondemens de l'em- H$ie$.oiimet, pire des Gaules. Cependant on demandait où serait le siège de cet empire , et cette question divisait déjà les peuples qui avaient pris les airmes. D'ailleurs tous n'étaient pas encore entrés dans cette
Conduite de Domitien.
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ligue 9 et plusieurs attendaient Tévénement pour se déclarer, lorsque, sur le bruit que Mucianus envoyait des troupes dans lès Gaules , toutes les villes , à l'exception de Trêves et de Langres , abandonnèrent Classicus. Les légions arrivèrent peu après , et Cérialis termina cette guerre.
Domitien , second fils de Yespasien , était alors à Rome. A peine venait-il d'être créé César par le sénat , et il abusait déjà de l'autorité. Il eût pris le commandement des troupes qui partaient pour les Gaules , si Mucianus ne s'y fut opposé. Il n'osa lui résister ouvertement : mais il écrivit à Cérialis pour l'engager, à lui livrer l'armée. On n'a point su quel pouvait être son dessein. Quand il sut que son père, qu'il avait irrité par sa conduite, devait bientôt arriver, il cessa de se mêlçr du gouvernement, et il affecta de s'appliquer à différentes études.
v..p.sîenest Titus-Flavius-Sabinus-Vcspasianus, né à Riéti ûv^ÛT^^t?o2 de parens obscurs , employa la flatterie pour plaire gé en mieux. ^ CaliguU. Sous Claudc , il s'éleva par le crédit de Narcisse. Sous Néron, il gouverna l'Afrique avec intégrité ; il en revint ruiné , et il fut peu délicat surJes moyens.de rétablir sa fortune. Simple particulier , il eut une réputation au moins équivoque : il montra des vertus sur le trône. Il est le premier que la puissance souveraine ait changé en mieux. s.gfoéfoiiu. Il abolit la coutume où étaient ses prédécesseurs de faire fouiller les personnes qui venaient
leur £siire la cour. Il pardonna généralement à tous ceux qui avaient porté les armes contre lui. Sans crainte et sans soupçons , il fut accessible à tous les citoyens , et il n'écarta que les délateurs. Sur ^ ce qu'on voulait lui rendre suspect Métius Pompotianus, il le fit consul, disant : BijamcU^ildemnt empereur y Use souyiendra que je lui ai fait du bien. Il donna une dot à une fille que Vitellius avait laissée , et il la maria convenablement.
SVmple dans ses moeurs, il vivait familière- se» ment avec ses amis. Il allait manger chez eux , et ils venaient manger chez lui. Il avait auprès de Riéti une petite maison dans laquelle il était né , et où il allait passer tous les étés. Il n'imagina point de l'agrandir, ni de l'embellir. Les jours solennels il buvait dans une petite tasse d'argent que sa mère lui avait laissée. Il ne dissimulait point la médiocrité de sa naissance , et il se moquait des flatteurs qui lui cherchaient des aïeux. Le roi des Parthes lui ayant écrit ^j^rsace, roi des rois, à Flavius Fespasianus^ il lui répondit : Flavius Vespasianus^ à Arsace^roi de rois.
Il raillait volontiers : mais il souffrait qu'on le satoUrtnM. raillât. Il voulait qu'on lui parlât avec liberté ; il ne s'ofifensait même pas de l'indépendance qu'affectaient quel(|ues philosophes. Démétrius le cynique dédaignait de le saluer, et ne cessait de crier contre la monarchie. Cet homme ^ disait
3o HISTOIRE
Vespasien, voudrait que je le fisse mourir; mcUé je le laisse aboyer.
Le préteur HalvidUus Priscus lui refusait le pré-* nom d'empereur, et ne faisait aucune mention de lui dans les édits qu'il publiait. Vespasien au-^ rait pu en être d'autant plus offensé, qu'Helvidius jouissait d'une grande considération. Il ne l'exila néanmoins que lorsqu'il eut été poussé à bout par les outrages qu'il en reçut publiquement. L'innocence trouvait en- lui une sauve-garde : s'il se commit des injustices, ce fat à son insu; il donnait des larmes aux punitions les plus justes. Il réprime la Occuoé à rétablû* l'ordre , il licencia une partie
licence des sol- *
^**'- des troupes de Vitellius; il réprima l'autre, et il
maintint dans la disdpline les légions qui avaient
^ n réforme le combattu pouT lui. Il s'appliqua surtoid: à la réforme du luxe et des moeurs , et il y contribua par son exemple.
Il complète et Pendant sa censure, dans laqudle il ^A pour
parce l'ordre de s
îuf'derchevtl c<>llègue Titus, son fils, il compléta l'ordre des *""• sénateurs et celui des chevaliers, exterminés en
partie par la tyrannie ou par les guerres civiles ^ et il en exclut les membres indignes, qui s'y étaient introduits à la faveur des troubles. Le dénombrement qu'il a fait a été le dernier.
iiri'apasten» Sous cc règue, le sénat aurait pu reprendre
iloiqaèleséoat , . .
Jjemîe^/\uiî«. ^^^ prcmicT lustre, si Rome avait *encore eu des citoyens dont l'âme eut été capable de quelque élévation. Vespasien communiquait les affairés a»
ANCIENIÎS. ii
sénat. Il y était assidu; il lui écrivait, lorsqu'il ne pouvait pas s'y rendre , et ses fils portaient eux-mêmes ses lettres.
L'avarice est le seul vice qu'on lui ait reproché : son âvari«?. en effet, il rétal>lit plusieurs impôts abolis sous Galba; il en ajouta de nouveaux et de plus onéreux. Il vendait les dignités aux candidats, et * Fabsolution aux coupables; on prétend même qu'il élevait aux emplois des hommes avides, afinàeles pressurer lorsqu'ils se seraient enrichis. U ne cherchait pas même à cacher son avarice : soment il eu faisait un sujet de plaisanterie. Une ,
nUe lui avait décerné une statue colossale d'un gnmd prix; il dit aux députés, en leur moiUrant le creux de sa mam : f^oilà la base.
L'épuisement où il trouva lé trésor pubhc, et onneupeat 1 usage qu u misait de ses revenus, pourraient le jiistifier, s'il était possible de justifier un souverain qui foule ses peuples. Car enfin tout l'état sooffie, lorsque les impots sont portés à l'excès; et la générosité du prince ne répare jamais que la moindre partie des maux que fait son avairice. Yespasien entretenait les grands chemins. Il usace «m'ii
^, .ii«i 1/» faisait de lesréw
en faisait de nouveaux, u élevait des édifices pu- ^*°"*blics , il réparait ceux que le temps avait endom* mages. Il faisait rebâtir les villes incendiées ou renversées par des tremblemens de terre ; il soulageait les peuples qui avaient éprouvé des <cala« mités ; enfin il soutenait par ses largesses les fa-*
3i HISTOIRE
mUles illustres qui avaient besoin de secours, ie ne parle pas des gratifications qu'il accordait aux poètes , au;x rhéteurs ; je voudrais qu'il n'eût jamais été sourd aux cris du peuple , et qu'il eût acheté moins chèrement les suffrages des gens de lettres»
uutuietem. Il triompha des Jui& la seconde année de son
pie de la Paix. , f'
règne, et le temple de Janus fut fermé pour la sixième fois. Il bâtit celui de la Paix, dans lequel il déposa les dépouilles les plus précieuses du temple de Jérusalem ; il destina cet édifice aux assemblées des «gens de lettres qu'il protégeait, et on y conserva leurs ouvrages.
Fonetions de Titus fut alors associé à la puissance tribuni-
Titus auprès de .
Yespasien. cicune, et, selou quelques-uns, à Tempire. Il est au moins certain qu'il faisait auprès de son père les. fonctions de secrétaire et de ministre ; il prit même le commandement des gardes prétoriennes, ce qui ne donna pas peu de lustre, à cette place, occupée jusqu'alors par de simples cheva- Kers.
Pay* r^dviu Ycspasicn a réduit en provinces romaines TA-
ïaJîiîT."*** ^ chaïe , la Ly cie , Rhodes , By sance et Samos , qu'on regardait comme des pays libres; la Thrace^ la Glicie et la Comagène, auparavant gouvernées par des rois.
conspiraUoii. Daus la dixième année de son règne , on découvrit une conspiration, dont Alienus Cécina et Éprius Marcellus étaienUes chefs. Le premier ftit
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assassiné par ordre de Titiis , et* l'autre , condamné par le sénat, se donna la mort.
Quelques jours après, l'empereur tomba ma- Mortd«ve»lade , et se retira dans sa petite maison de Riéti. // me semble^ dit-il, que je deifiens dieu. Quoique sa maladie empirât, il continua de donner ses soins au gouvernement, disant qu'un empereur doit 79; mourir debout. En effet, ce fut ainsi qu'il mourut, dans la soixante-dixième année de son âge.