CHAPITRE XL
Des formes composées avec les auxiliaires , être ou avoir.
Le verbe être Ou dît 76 SUIS aimé , fétols aimé, je fus aimé.
entre dans les •' ' ^ 7 J %/ ?
iéerqureTprï f tti été aùïié , ctc . Ainsi, pour traduire le verbe pas-
inent l'état du . - .a • f '^ m i a iî
sujet, et le verbe SU aman , ctrc aime, il sumt de connaître, dun
avoîrentredans ' ' '
î^se'es"iureî- côté , Ic participc aimé ; et de l'autre , la conju-
priment l'ac- • i i -« » i
tion. gaison du verbe etî^e. Alors , pour exprimer une
même idée , nous employons , comme nous l'avons remarqué , les élémens auxquels , en latin, on substituait une idée plus abrégée.
Or je suis aimé exprime l'état du sujet , etfai aimé en exprime raction. Nous pouvons donc poser pour règle générale, que le verbe être
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entre dans les formes composées qui expriment l'action.
Cette règle souffre une exception : car quoi- çç^^^'^p'J"" ^ qu'on dise, f ai aimé cette personne, on ne dira pas ,7(6 m'ai aimé ; il faut direye me suis aimé.
Il y a donc ici une distinction à faire : ou l'action a pour objet le sujet même qui agit, et alors il faut dire avec le verbe être, il s'est vu, il s'est tué y il s'est reconnu ; ou l'objet est différent de celui qui agit, et alors il faut dire avec le verbe af^oir, il Va vu , il Va tué , il Va reconnu ; c'est ainsi qu'on doit toujours parler.
On se sert encore du verbe être toutes les fois que le terme du verbe est le sujet de la proposition. Ainsi, quoiqu'on dise j^ ai /ait des dif- Jîcultés a cet écrivain , on àSx^ je me svis fait des difficultés.
A ces exceptions près, qui sont elles-mêmes confirmatio»
^ de cette règle.
une règle sans exception , la règle que nous avons d'abord établie , doit être observée dans tous les cas; c'est-à-dire que le participe doit se construire avec le verbe avoir, toutes les fois qu'il exprime une action ; et avec le verbe être, toutes les fois qu'il exprime un état.
On dit, il A monté ce cheval, il a descendu les degrés , parce que monté et descendu expriment une action, et on ne peut s'y tromper , puisque cette action a un objet , ce cheval, les degrés. Mais on dit, i/EST monté, il est descendu, parce qu'a-
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lors OU considère moins l'action de monter, que. l'état où l'on est après avoir monté.
Je dirai la procession a passé soiis mes fenêtres, parce que je 3onge à l'action de la procession qui passait. Mais que quelqu'un me demande s'il vient à temps pour la voir, je répondrai elle est passée. C'est que je ne pense plus qu'à l'état.
En lui mot , on ne peut pas choisir indifFéremment entre les deux auxiliaires , quoique les participes puissent se construire également avec' l'un et avec l'autre. Il faut toujours considérer si on veut exprimer un état , ou si on veut exprimer une action ; et c'est d'après cette règle qu'on doit choisir entre il est accouru , il a accouru ; il es4 disparu , il a disparu ; il est apparu , il a apparu ; sa jTevre est cessée , sa fièvre a cessé ; il nous est échappé , il nous a échappé , etc.
Tous les exemples confirment cette règle. On dit , il EST sor^ti , en parlant de quelqu'un qui n'est pas chez lui ; et il a sorti , en parlant de quelqu'un qui est rentré. De même on dit , il est demeuré a Paris , de quelqu'un qui y est encore ; et // A demeuré a Paris , de quelqu'un quiy a été et qui n'y est plus.
Formes corn- Tout cc ouc uous vcuous dc dirc cst vrai des
posées où l'on ^
mSÏ%eSë participes qui expriment également un état ou une action , et nous n'avons parlé que de ceuxlà. Mais quand le participe est de nature à n'exprimer qu'un état, il se construit toujours avec
avoir.
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le verbe a<^oir: on dit, il a langui, il a dormir il a vieilli. Cette dernière règle, Monseigneur, me paraît sans exception : si elle en a , l'usage vous en instruira.