‹ Œuvres complètes de CondillacChapitre 33 sur 131 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De la pesanteur des corps sur différentes planètes. C'est une chose bien étonnante qu'on soit par- on est par-

■•■ * venu à délermi-

venu à peser en quelque sorte les corps célestes. [Ij^Jl^s^cor^str

Mais croiriez-vous qu on détermine a peu près le nètes.

poids qu'auraient, sur la surface de Saturne et

celle de Jupiter, les corps que nous pesons sur

notre globe ? Pouviez-vous prévoir que nous nous

élèverions à ces connaissances , lorsque vous avez

vu avec quelle ignorance nous avons commencé ?

Mais lorsque nous observons et que nous raison- #

nous, transportés , pour ainsi dire , d'une planète

dans l'autre, nous prenons la balance et nous

pesons.

Ces recherches demandent sans doute bien des calculs. Je n'entreprendrai pas de vous faire entrer dans tous ces détails : vous n'avez pas encore la main assez sûre pour tenir la balance ; et c'est beaucoup de vous faire voir dans l'éloignement Newton pesant l'univers et ses parties.

Le poids d'un corps sur une planète n'est que l'ef- Le poids dun

^ ^ ■*■ corps est plus

fet de laforce attractive qui agit delà planète sur le f""d'tne pïîcorps , et réciproquement du corps sur la planète, autre distance.

Cette force est dans chaque particule ; elle est donc composée d'autant de forces particulières qu'il entre de parties dans chaque masse. C'est

l56 DE L*ART

donc une conséquence, qu'à distances égales, l'attraction soit toujours en proportion avec la quantité de matière.

Il suit de là que le poids des mêmes corps est plus grand à la surface d'une planète qu'à toute autre distance; qu'il l'est plus qu'au-dessous de la surface même, quoique alors les corps soient plus Fig. 45. près du centre. A , par exemple , si nous n'avions égard qu'au centre , devrait être d'autant plus attiré qu'il en serait plus près : mais vous voyez que la matière qui s'étend au-dessus , en diminue nécessairement le poids, à proportion qu'étant en plus grande quantité elle attire davantage. et le^diamSre "^^ ^^^ plauètcs sout égalcs cu masse et en vo-

d'une planète i i a . /^ l .

ëtant connus, lumc , les mcmcs corps pèseront également sur

on peut juger

coV^'tsur! leurs surfaces.

Si , étant inégales en masse , elles sont égales en volume , les mêmes corps , placés à la surface , pèseront plus sur l'une et moins sur l'autre, et cela en raison de la quantité de matière qu'elles renferment.

Si nous les supposons inégales en volume, mais égales en masses , les corps transportés des plus petites sur les plus grandes , pèseront en raison inverse du carré des distances.

Enfin , dans le cas où elle seront tout à la fois inégales en masse et en volume, les corps pèseront en raison directe de la quantité de matière, et en raison inverse du carré des distances.

Vous comprenez donc comment la masse et le diamètre des planètes étant connus, on peut juger du poids qu'aurait sur chacune un corps qui pèse ici une livre.

Sur Jupiter, la plus grande de toutes les pla- snr la sur-

r ' l "O • A fagg Jg Jupiter

nètes, les poids augmentent; mais ce n'est pas aôubreXpoiâ*

- , ^ . . . qu'il aurait sur

dans la même proportion que Jupiter surpasse la notregioïc terre en quantité de matière ; car si les corps qui sont à la surface sont attirés par une plus grande masse , ils sont au moins attirés par le centre dont , ils sont plus éloignés. Ainsi sur la surface de Jupiter, qui a deux cents fois autant de matière que la terre, on trouve que le poids d'un corps n'est que le double de ce qu'il est sur la surface de notre

globe. -5 / >^

De même sur la surface de la lune , les corps

pèsent plus à proportion que sur la surface de la terre : il est vrai que cette planète a quarante fois moins de matière ; mais aussi les points de sa surface sontmoins éloignés du centre , puisque son diamètre est à celui de la terre comme loo est

C'est ainsi que , d'après la masse et le diamètre

d'une planète , on juge du poids des corps à sa surface. Mais il est à propos de vous avertir que dans ces choses il n'est pas possible de saisir la vérité dans une précision exacte ; il faut se contenter d'en approcher , et vous conviendrez que c'est beaucoup.

i58 DE l'art

-nu

Page 1