‹ Œuvres complètes de CondillacChapitre 43 sur 131 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Idée générale des cercles de la sphère, et de leur usage. Cercles dont L'axc du iTionde est une ligne qui va d'un

nous avons déjà *-' A

parlé. p^lg ^ l'autre, et sur laquelle les cieux parais-

sent se mouvoir; il traverse perpendiculairement le plan de l'équateur, qui partage l'univers en deux.

Le zodiaque est une bande circulaire, large de i6 degrés, qui partage également la terre et les cieux , et qui fait , avec l'équateur, un angle de 23 degrés et demi.

Au milieu de cette bande est l'écliptique, que le soleil parcourt d'occident en orient dans l'espace d'une année.

Le méridien coupe l'équateur à angles droits ; l'horizon est oblique ou parallèle suivant la position des lieux, et les deux tropiques marquent les limites , au delà desquelles le soleil ne doit pas s'écarter. Voilà les cercles dont nous avons déjà parlé.

Imaginez une ligne qui traverse perpendiculairement le plan de l'écliptique; elle en sera l'axe; et vous vous en représenterez les pôles aux deux extrémités.

crîïenrd^'cerl Pcudant quc Ic plan de l'écliptique fait sa révo-

des polaires.

Axe de l'écliptique.

lution , ses pôles décrivent des cercles qu'on nomme polaires : celui qui est tracé au nord est le cercle arctique; et celui qui est tracé au midi est le cercle antarctique. Vous les voyez marqués sur le globe à ^3 degrés et demi des pôles.

Sous ces cercles, le plus long jour est de vingtquatre heures; et au delà, en s'éloignant de l'équateur, les jours vont toujours en augmentant.

Voilà maintenant la terre divisée en plusieurs bandes qu'on nomme zones. L'espace compris entre les deux tropiques est la zone torride; les zones tempérées s'étendent des tropiques aux cercles polaires, et les zones glaciales , des cercles polaires aux pôles. ,

JjC jour étant sous Téquateur de i ûl heures , et sous les cercles polaires de 24 , on a considéré l'espace où le plus long jour est de 1 2 et demi , celui où il est de 1 3 , celui où il est de 1 3 et demi ; et on a divisé l'espace contenu entre ces deux cercles en 24 bandes qu'on nomme climats. On a pareillement divisé en d'autres climats l'espace contenu depuis les cercles polaires jusqu'aux pôles. Ce sont les climats où les jours augmentent beaucoup plus sensiblement.

Tous les méridiens sont considérés comme des cercles de longitude, parce que les différentes longitudes se mesurent d'un méridien à un autre. Par la même raisonles parallèles sont regardés comme des ceixles de latitude ; mais il a fallu d'autres

Les climats.

li I 2 DE L ABT

cercles pour mesurer la longitude et la latitude des astres. L'écliptique est, par rapport à ces nouveaux ceVcles, ce qu'est l'équateur par rapport à ceux que je vous ai expliqués. Représentez-vous donc de grands cercles de longitude, qui coupent l'écliptique à angles droits , et qui passent par ses pôles, et des cercles de latitude parallèles à l'écliptique, et qui par conséquent coupent aussi à angles droits les cercles de longitude.

Le premier de ces cercles de longitude passe au point des équinoxes par le bélier; et c'est de là que l'on compte la longitude des astres d'occident en orient, comme on compte la latitude depuis l'écliptique au pôle de ce cercle. iKm*aerciiu*i[ Vous pouvez considérer le mouvement appa- ?lvoSm atur"^ rent des cieux par rapport aux révolutions diurnes,

ne:, et parrap- .

port aux ré- gf p^r rapDort aux révolutions annuelles. Dans le

volutions an- J 11

n»e>i«- premier cas , le soleil paraît décrire des parallèles

à l'équateur; mais dans le second, il parait décrire des espèces de spirales; car à chaque révolution diurne cet astre revient à un point différent de celui d'où il était parti , et trace l'écliptique dans le cours d'une année. Or c'est par rapport au plan de ce grand cercle qu'on juge des mouvemens annuels des planètes, des comètes, et de la position de tous les astres.

Inclinaison La terrc, transportée d'occident en orient, paraît

de l'axe de la ' , , *^.

»"«., conserver son axe toujours parallèle à lui-même;

cependant il a un petit mouvement. Cet axe, tou-

DE RAISONNER. 2l5

jours incliné de 66 degrés, 3i minutes, au plan de l'écliptique , se meut d'orient en occident, et ses pôles décrivent des cercles autour des pôles de l'écliptique. Par-là toute la sphère des étoiles fixes paraît tourner, d'occident en orient, autour d'un axe mené par les pôles de l'écliptique ; et toutes les étoiles décrivent, par leur mouvement apparent, des cercles parallèles à l'écliptique.

Par le mouvement de cet axe, la section com- Laprécession

' des équinoxes»

mune au plan de l'équateur et à celui de l'écliptique tourne ; et les premiers points du bélier et de la balance, qui sont toujours opposés, parcourent, d'orient en occident, toute l'écliptique dans l'espace de 2 5,920 ans.

Ce mouvement des premiers points du bélier et de la balance est ce qu'on nomme précession des équinoxes : il est cause que le soleil revient au point de l'écliptique d'où il est parti, avant d'avoir achevé sa révolution entière, et par conséquent l'année est plus petite que le temps périodique de la révolution de cet astre.

On voit par-là qu'aujourd'hui le soleil ne se ^

trouve pas, à l'équinoxe du printemps, au même point où il étoit il y a 2, 3, ou 4,000 ans; et qu'il ne se trouvera au même point où il est aujourd'hui , que dans environ 26,000 ans : c'est ce que l'on nomme la grande année.

Les astronomes grecs qui ont donné des noms aux constellations, ont regardé l'étoile du bélier

2l4 DE l'art

comme le premier point du zodiaque , parce qu'en effet le soleil répondait à cette étoile, lorsqu'il était dans l'équinoxe du printemps. Mais chaque constellation a depuis avancé de près d'un signe : le bélier est tout entier dans le signe du taureau , le taureau dans celui des gémeaux, etc.

De là il arrive que, parmi les astronomes nw)dernes, les uns comptent les mouvemens célestes depuis le point actuel de l'équinoxe; les autres depuis l'étoile du bélier : mais ces derniers ajoutent à leurs calculs la différence qu'il y a entre le lieu de cette étoile , et celui où se fait l'équinoxe ; et ils appellent cette différence la précession des équinoxes ^ parce que l'équinoxe arrive avant que le soleil ait achevé sa révolution annuelle.

Ce mouvement des pôles de l'équateur n'a pas d'abord été aperçu : au contraire, on supposa immobiles les étoiles polaires , parce qu'on ne voyait pas sensiblement qu'elles changeassent de situation. Quand on eut remarqué leur mouvement , il fut question d'appuyer les pôles du monde sur des points fixes. On remarqua donc que les étoiles, faisant chaque jour une révolution , décrivaient un cercle autour d'un centre; et dès qu'on eut ce centre , on eut les pôles immobiles du monde. Alors au lieu de diriger la méridienne aux étoiles polaires , on la dirigea à ce point , autour duquel ces étoiles sont alternativement à leur plus grande et à leur plus petite élévation.

DE RAISONNER. ai5

C'est ainsi qu'on traça plus exactement tous les cercles de la sphère.

Page 1