VI
ce qui peut contribuer au bonheur ou au mal-r heur (les peuples; c'est-à-tlire les gouvernemens, les mœurs, les opinions, les abus, les arts, les sciences, les révolutions, leurs causes, les progrès (le grandeur, et la décadence des empires, considérée dans son principe, dans son accélération et dans son dernier terme. Elle embrasse, en un mot, toutes les choses qui ont concouru à former les sociétés civiles, à les perfectionner, à les défendre, à les corrompre, à les détruire.
Telle est en général la manière dont j'ai cru devoir envisager l'histoire. Lorsque nous n'avons besoin de connaître les faits qu afin de pouvoir suivre le fil des événemens, je me contente de les indiquer; mais je les développe avec toutes les circonstances qui se sont transmises jusqu'à nous, lorsque ce sont des germes où se préparent des révolutions qui doivent éclore avec le temps. Pour traiter ainsi l'histoire , je la divise en une multitude de périodes qui sont plus ou moins longues , et qui chacune se terminent à une révolution. Par-là chaque morceau d'histoire est un. Le dernier terme, auquel tout se rapporte, décide sur le choix des faits; et je prépare le développement d'une période entière , par l'exposition que je fais, avant de la commencer. Un coup d'œil, propre à faire connaître les acteurs et le lieu de la scène , est un préliminaire que je crois nécessaire; et je le donne toutes les fois que je le puis.
Mais il serait trop long d'entrer dans les détails que ce siijet demande. Je remarquerai seulement que , m'étant fait une loi d'apprendre au prince où je veux le conduire, et comment je le conduis, j'indique , à chaque époque principale , l'objet que je crois devoir me proposer.
Par l'exposé que je viens de faire, on voit que le prince se portait à l'élude de Thistoire avec un esprit exercé. Il connaissait les fascultés de son âme ; il avait observé les sociétés dans leur origine : son goût s'était formé par la lecture ; et les découvertes des philosophes avaient achevé de développer sa raison. Si La Grammaire ^ U Art d'Ecrire, V Art de Raisonner, et VArt de Penser ^ avaient varié ses études, il retrouvait dans toute la même méthode et les mêmes principes, puisque tous ces arts se confondent dans un seul. Il se familiarisait par conséquent avec les connaissances qu'il avait acquises, et il lui devenait facile d'en acquérir encore.
^9^ uMOTIF