‹ Œuvres complètes de CondillacChapitre 63 sur 131 · LA FACULTÉ DE PENSER · texte numérisé non relu

LA FACULTÉ DE PENSER

Ces deux facultés, la volonté et l'entendement, se confondent dans une faculté plus générale, qu'on nomme \di faculté de penser. Avoir des sen-

sations , donner son attention , comparer , etc. , c'est penser. Eprouver un besoin, désirer, vouloir, c'est encore penser. Enfin, le mot pensée peut se dire, en général, de toutes les opérations de l'âme , et de chacune en particulier , comme le mot mouvement s applique à toutes les actions du corps.

Le mot penser vient de pensare, qui signifie peser. On a voulu dire que, comme on pèse des corps, pour savoir dans quel rapport le poids* de l'un est au poids de l'autre, l'âme pèse en quéÙ que sorte les idées, lorsque nous les comparons pour savoir dans quels rapports elles sont entré elles. ■ -^'■- • •^'- ^^- '^'->^^''' M,-.- ..,ih^

Pal-'là vous voyez que le mot penser a eu deux acceptions. Dans la première, qui est celle de peser, il s'est dit du corps , et il était pris au propre : dans la seconde, qui est celle que nous lui donnons aujourd'hui , il a été transporté à l'âme, et il se prend au figuré, ou, comme on dit encore , métaphoriquement. Les Latins exprimaient la pensée par une autre métaphore. Ils se servaient d'un mot qui signifie rassembler , mettre ensemble, parce qu'en effet les opérations de Tentendenient et de la volonté demandent que l'âm e rassemblent des idées, -v *■" '^> / ^' *? .^i

Cet article est un peu plus difficile qiie té premier , j'en conviens. Cependant J€ me borne à faire observer à un enfant ce qu'il fait continuelle-

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