OBJET DE CET OUVRAGE
JVIessieurs de Port-Royal ont les premiers porté ^J^^Ji^'îa?"la lumière dans les livres élémentaires. Cette lu- u^tlt oWn-
mière, il est vrai, était faible encore : mais enfin c'est avec eux que nous avons commencé à voir; et nous leur avons d'autant plus d'obligation, que, depuis des siècles , les préjugés grossiers fermaient les yeux à tout le monde.
D'excellens esprits se sont depuis appliqués à frayer la route qui leur était ouverte. M. du Marsais, qui a recherché en philosophe les principes du langage , a exposé ses vues avec autant de simplicité que de clarté. M. Duclos a enrichi de remarques la Grammaire générale et raisonnée^ et a donné, en quelque sorte, une nouvelle vie à cet ouvrage, en le rendant plus commun et plus utile.
Il était temps d'avoir une grammaire. M. du Marsais , qui pouvait ne laisser rien à désirer à cet égard , en avait promis une , et n'en a donné que quelques articles dans \ Encyclopédie. D'autres ont travaillé en ce genre avec succès, et ont montré
taires.
C'est dans l'analise de la pensée qu'il faut
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beaucoup de sagacité. Cependant j'avoue que je ne trouve point, dans leurs ouvrages, cette simplicité qui fait le principal mérite des livres élémentaires.
Je regarde la grammaire comme la première
ch«c1iër" 'les partie de l'art de penser. Pour découvrir les prin-
langage. cipcs du laugagc , il faut donc observer comment
nous pensons : il faut chercher ces principes dans
Tanalise même de la pensée. ^
Or Tanalise de la pensée est toute faite dans le discours. Elle Test avec plus ou moins de précision , suivant que les langues sont plus ou moins parfaites, et que ceux qui les parlent ont l'esprit plus ou moins juste. C'est ce qui me fait considérer les langues comme autant de méthodes analitiques. Je me propose donc de chercher quels sont les signes et quelles sont les règles de cette méthode; et je divise cet ouvrage en deux parties.
dii^scoTs^pte- Dans la première , que j'intitule de rAnalise
miere partie de,,, ,. ,. ,
cette grammaire. cLu cliscours , uous çhcrcherons les signes que les langues nous fournissent pour analiser la pensée. Ce sera une grammaire générale qui nous découvrira les élémens du langage et les règles communes à toutes les langues.
da^isctuîT.Z' Dans la seconde, intitulée des Élémens du dis-
conde partie. . ,
cours y nous observons les élémens que la première partie nous aura donnés; et nous découvrirons les règles que notre langue nous prescrit pour
porter dans l'analise de nos pensées , la plus grande clarté et la plus grande précision.
Persuadé que les arts seraient plus faciles , s'il Poumuoi on
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Cette tous
était possible de les enseigner avec des mots fa- feTt^Sslech
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miliers a tout le monde, je pense que les termes a pu se passer. techniques ne sont utiles qu'autant qu'ils sont absolument nécessaires. C'est pourquoi j'ai banni tous ceux dont j'ai pu me passer, préférant une périphrase lorsqu'une idée ne doit pas revenir souvent. J'ai encore retranché de cette grammaire des détails que les étrangers pourraient y désirer; mais je n'écris que pour les Français, à qui l'usage les apprend ^
^ Est-il nécessaire d'avertir que ce commencement n'a été fait que pour le lecteur.